Projet «Route des Pêches» : Kulturforum propose une nouvelle maquette en lien avec la protection de l’écosystème



L’atelier «La Route des Pêches a besoin de Toi» initié par l’association Kulturforum Sud-Nord a pris fin samedi 2 juillet 2016 à Togbin après 10 jours de réflexion sur le futur de la «Route des Pêches» dans le but d’attirer l’attention des décideurs et les amener à éviter un développement touristique anarchique qui détruirait les atouts naturels qui font l’originalité de ce site et seraient objets d’attraction des touristes.

Les participants à l’atelier présentant la maquette.
Une vingtaine de professionnels des arts, du tourisme, de la biodiversité, de droit… ont effectué du 24 juin au 2 juillet 2016 un séjour de recherche dans les différentes localités que traverse le projet «Route des pêches». Aussi, ont-t-ils évalué ce projet en termes de conséquences néfastes sur le futur de cette zone. C’était l’atelier «La Route des Pêches a besoin de Toi». Une initiative de l’association Kulturforum Sud-Nord qui a été sanctionnée par une maquette reflétant la vision commune des participants à l’atelier sur ce projet. «Ce fut une plateforme d’échanges de dix jours concernant le futur de la route des pêches, pour lancer un appel à la prudence des citoyens, des  politiciens» apprend Stephan Köhler, Président de Kulturforum dont le combat à travers cette plateforme d’échange est « d’éviter le développement anarchique des infrastructures pour le tourisme, qui détruit l’objectif premier du touriste qui est: profiter de la nature et rencontrer des riverains heureux». Autrement dit, c’est un combat pour la protection des atouts naturels du site. A ses dires, en matière de création de destination balnéaire, le Bénin ne peut faire la différence et attirer des touristes si ne n’est pas par le patrimoine naturel. « Si les gens quittent l’extérieur pour ici, c’est pour voir ce que nous avons de traditionnel et non pour voir les buildings qu’ils ont des plus beaux chez eux.» défend François Cossa, conseiller local à Togbin, à l’instar de tous les participants à cet atelier. «La Route des Pêches et sa lagune entre Cotonou et Ouidah sont un écosystème unique dans le monde ; les villages des riverains représentent une socio culture précieuse.» apprécie Stephan Köhler. Dans le même sens, Sévérin Tchibozo, expert en biodiversité, confie, «C’est très important qu’on fasse attention à cette biodiversité et bien la conserver. La mangrove de Togbin est un site déjà inscrit dans le patrimoine mondial et international. Donc on doit faire attention à tout ça dans la réalisation du ‘’projet route des pêches’’. C’est un projet ambitieux qui va créer des emplois nouveaux mais il faut qu’on pense aussi à l’architecture locale, au mode de vie des habitants de Togbin, sinon nous allons perdre beaucoup de choses. Il y a aussi nos valeurs ancestrales qui sont très importantes et qu’il faut conserver. C’est d’ailleurs ce qui intéresse les touristes».
Ladite maquette exprime cette vision sera exposée à plusieurs endroit et sur le blog www.beninbeach.org pour recueillir l’avis d’autres citoyens afin de poursuivre les recherches. «Un atelier de dix jours ne peut pas être exhaustif et ne représente que le commencement d’une discussion démocratique concernant l’avenir de cette zone chère a tous» informe le président de Kulturforum.

‘’Revman d’Kartyé’’, le cri de cœur des populations de Togbin

       Un instant du spectacle ‘’Revman d’Kartyé’’
Outre l’exposition de la maquette, la clôture de l’atelier «La Route des Pêches a besoin de Toi» a été marquée aussi par la présentation d’une performance artistique par les comédiens de l’Ecole international de théâtre du Bénin (Eitb) et un groupe du rythme traditionnel ‘’Toba’’, tous des habitants du village. Intitulée ‘’Revman d’Kartyé’’, cette création produite sous la direction de Christel Gbaguidi raconte les merveilles naturelles de Togbin et puis l’histoire et le quotidien de son peuple. Ce peuple dont l’avenir est sombre vu certains aspects du projet officiel «Route des pêches». «Le projet en lui-même n’est pas négatif. C’est un très bon projet de développement. Mais on est obligé de penser loin, de penser à long terme. Il y a des points sur lesquels nous devons nous poser des questions. Il s’agit particulièrement du devenir des habitants de ce village » affirme Christel Gbaguidi. C’est une création de sensibilisation et de plaidoyer pour sauver les richesses naturelles de Togbin qu’il faut promouvoir.

Blaise Ahouansè