Gospel : Mano Mel, le chantre Luli



Dans l’Eglise du Christianisme Céleste, il a obtenu lui, l’onction d’être un cuisinier de l’Eternel et d’œuvrer à ce que tous les peuples où qu’ils soient dans le monde entier aient accès au partage de la grâce LULI reçue en 1947 par le Prophète Samuel Biléou Joseph OSCHOFFA. Emmanuel HOUEGOUNOU à l’Etat civil, puisque c’est de lui il s’agit, assure la mission sous le nom Mano Mel. Parcours et vocation d’un chantre de DIEU.
 
Le Chantre Luli
Au quartier kpankpan dans le 3ème arrondissement de Cotonou et un peu avant les feux tricolores à la descente du pont de Topka, vit la famille du feu François HOUEGOUNOU, auteur de la paroisse céleste Akpakpa Zoungbomey, la première de Cotonou fondée en 1951. C’est aussi la famille d’où est né pour l’Eglise du Christianisme Céleste (E.C.C) un chantre de DIEU qui nous reçoit en cette matinée du Vendredi 25 novembre 2016 dans sa boutique de vente de disques et d’instruments de musique qui se dresse devant cette maison HOUEGOUNOU en face de la voie bitumée. Emmanuel HOUEGOUNOU à l’état civil, il se surnomme Mano Mel. A y comprendre, main de Melchisédech, roi de Salem ou encore main de bénédiction. Ce surnom révélé après prière résume déjà la mission qu’assure cet homme au teint noir et géant de taille au sein de l’Eglise. «Ce que j’ai reçu comme talent, c’est de chanter, louer Dieu, le magnifier, chanter ses merveilles à travers des chants que le Saint Esprit m’inspire. C’est aussi de revenir un peu sur l’histoire de la bible, sur l’histoire et l’actualité de l’Eglise et celle du prophète OSCHOFFA pour éduquer le peuple à avoir foi en DIEU ; les exhorter à s’accrocher à l’œuvre de DIEU. Depuis que j’ai pris conscience de ce nom, il agit puissamment dans le ministère de louange que DIEU m’a confié.» nous indique Mano Mel pour nous introduire dans son univers d’artiste, titre qu’il a finalement accepté de porter.

Un enfant de huit ans devenu vocaliste chez les séniors

Tout a commencé avec lui entre 1974 et 1976 sur la paroisse Akpakpa Zoungbomey. A trois ans déjà, le petit garçon ‘’Manou’’ suivait sa mère pour se rendre à la chorale céleste, reconnue comme une école de musique qui a formé la majorité des meilleurs musiciens dont dispose le Bénin. Introduit dans la chorale junior, Emmanuel n’y fera que quelques années. Très agité à l’époque par son talent, il sera repêché à l’âge de 8 ans pour rejoindre la chorale séniore où l’admission se fait normalement à partir de 15 ans au minimum. Lui, à cet âge dans la chorale des grands, il a commencé par tenir le lead-vocal avec l’aide de ses maîtres de chœur qu’il n’aime pas trop citer nommément au profit de ses maîtres suprêmes. «Mon premier maître c’est le seigneur JESUS-CHRIST ; le second c’est Papa OSCHOFFA et le 3ème c’est le SAINT-ESPRIT» affirme-t-il. Toutefois, il reconnait que c’est sous les corrections et même des châtiments corporels des maîtres de chœur qu’il a su réveiller le talent divin qu’il a reçu à la naissance. «J’ai été frappé, j’ai été puni. Au bout de chicotte, ils m’ont donné un bon cadran de la bonne musique. C’est ça qui m’a permis de prendre conscience de l’œuvre et d’être là où je suis aujourd’hui» témoigne Mano Mel. C’est l’une des raisons de son regret au sujet de l’interdiction désormais des châtiments corporels dans les chorales célestes. A propos, il déclare : «Ce qui me fait mal, c’est que nous les chrétiens célestes qui avons reçu un enseignement brute des saintes écritures à travers Papa OSCHOFFA puissions aller à ces déviations. Papa OSCHOFFA était aussi choriste trompettiste dans la première chorale de la Paroisse Mère encadrée par Papa YANSUNNU Nathaniel. Papa OSCHOFFA, le prophète par qui Dieu a instauré son Eglise, le gardien même du Temple, quand il joue mal, son grand frère, son collaborateur direct Papa YANSUNNU le frappait. Papa OSCHOFFA prenait des coups de parle-moi-toi ; Papa OSCHOFFA recevait des châtiments corporels pour mal exécution de notes de musique. Maître YANSUNNU Lévi est là, le Pasteur David AGBAOSSI, tout premier vocaliste de la Paroisse Mère aussi, pour en témoigner. Aujourd’hui, on nous interdit de frapper les choristes. C’est une décision pastorale, elle est souveraine, je ne peux jamais aller contre mais chacun portera sa croix. Les conséquences n’incombent plus aux encadreurs de chorale. Ça fait qu’aujourd’hui les choristes n’ont plus d’égard pour personne et le respect des principes doctrinales ne s’observe plus alors que la chorale c’est l’armé, c’est la soumission totale. Que le Seigneur nous aide dans la tâche qu’il nous a confiée.»

D’une simple vocation à une carrière divine
En sa qualité de vocaliste, Emmanuel HOUEGOUNOU faisait beaucoup de compositions surtout pour marquer les grands instants sur sa paroisse. «J’avais des inspirations quand il y a des fêtes ou grands événements dans l’Eglise dont pentecôte, rameau, noël, pâques, fête des moissons, appel de fonds, fête de chorale, port de grade, etc. A chaque événement je compose» raconte l’artiste. Tout ceci, c’était à la grande joie des fidèles de la paroisse et des sponsors qui avec en tête Jacques HOUESSOU, l’ont poussé et soutenu à la production de son premier album de huit titres sorti sous le sceau de la chorale St trinité d’Akpakpa Zougbomey. C’était en 1997 avec le morceau phare «Akpoé olon ton». C’est une chanson composée en 1990 par l’artiste et qui est reprise systématique par nombre de chorale lors de la fête annuelle de pentecôte. Ce sera déjà le début d’une carrière d’artiste pour Emmanuel HOUEGOUNOU. Mais en réalité, ce n’est qu’en 2003 que le premier album sous le nom Mano Mel verra le jour. C’est «Dotu dégo», une compilation de huit titres. Quatre ans après, c’est le tour de l’album Luli dans le cadre de la commémoration des 60 ans de l’Eglise du Christianisme Céleste. En 2009, Mano Mel offre à ses fans, un Dvd de 8 titres encore sélectionnés dans ses anciennes compositions. Puis suivront jusque-là des singles.

LULI, la clé du succès

Dans son parcours, l’année de commémoration des 60 ans de l’E.C.C fut un carrefour pour Mano Mel. L’auteur compositeur chanteur informe de ce que le titre Luli sorti en cette année demeure un mystère dans sa carrière. Une chanson en a cappella qu’il a banalisée entre temps est devenue le déclic pour son succès, à l’en croire. Et quand il en témoigne, c’est certes avec beaucoup de joie mais en même temps beaucoup de crainte de DIEU : «Le DIEU d’OSCHOFFA m’a étonné et il continue de m’étonner. De tous les chants que le Saint-Esprit me donne, ce chant était en a capella. D’abord je n’ai jamais réalisé qu’un tel chant pourrait m’apporter quelque chose. Je l’ai oublié. Il a fallu que DIEU me punisse sur le second album avant que je ne me réalise. Et c’est l’artiste Janvier DENANGAN qui, après avoir écouté le second album, me téléphone la nuit depuis l’Allemagne pour me dire ceci : ‘’Il semble que tu as offensé DIEU sur cet album. La manière dont l’album devait être arrangé, il semble que DIEU a mis quelque chose là-dessus et ça n’a pas eu l’ampleur que ça devrait avoir. Fais une rétrospective. Est-ce que DIEU ne t’a pas donné un chant que tu n’as pas exploité ?’’. Je me suis mis a fouillé et un jour dans mes discussions avec l’Esprit-Saint, la chose me dit ‘’Luli. Voilà le chant par lequel je vais te rehausser’’. En même temps j’ai eu une autre dimension du chant. Et c’est depuis l’enregistrement au studio que cette chanson a commencé par avoir des échos favorables. De toutes mes compositions, c’est celle qui a traversé le monde entier et qui a connu plus de succès.»

Tout donc pour LULI, l’or aux enfants

Mano Mel reçoit par là la confirmation à nouveau de toute la grandeur et de la particularité de sa mission de chantre surtout au sein de l’Eglise Céleste. Toutes ses compositions sont destinées à honorer Papa OSCHOFFA, l’E.C.C et la voix de LULI. L’électronicien de formation est devenu alors un chantre vulgarisateur de la voix de LULI. «LULI, c’est vraiment la grâce que nous avons reçue, essayons pour que notre vie soit vraiment une grâce. C’est une voix que nous devons vraiment honorer, vénérer, magnifier. Nous devons expliquer au monde que la voix de LULI c’est la voix de délivrance, c’est la voix de libération de l’Afrique, c’est à travers cette voix que le monde actuel a reçu une grâce de l’Eternel et la terre béninoise est une terre bénie. En cela, chacun de nous est béni et tous les chrétiens célestes d’office sont bénis. C’est en cela que je remercie DIEU d’OSCHOFFA qui a missionné le Prophète à travers la voix de LULI» défend Mano Mel très convaincu. A l’entendre, il consacre désormais toute sa vie à suivre cette voix qui selon lui peut opérer une révolution dans la vie de tout le monde. D’ailleurs il voit en la chanson Luli, une révolution spirituelle. Il s’explique : «La chanson Luli m’a été donnée sous forme de Zoulou. Je ne savais pas que ce que DIEU voulait par là c’était une révolution spirituelle parce que quand on voit l’histoire des Zoulous, c’est des gens qui ont révolutionné leur territoire en menant des luttes contre l’envahisseur. Donc si DIEU a bien voulu me donner un chant Luli à travers ce rythme c’est qu’aujourd’hui, nous devons révolutionner la spiritualité, les Africains sont denses spirituellement plus que les blancs qui nous ont amené la bible. OSCHOFFA, n’est pas n’importe qui. Selon moi, Papa OSCHOFFA c’est JESUS-CHRIST. Je sais qu’à travers lui, tout ce que je demanderai me sera accordé. Parce qu’il a dit avant de partir, ‘‘Il arrivera le moment où je ne serai plus sur terre mais celui qui voit ma photo et le fixe avec foi aura gain de cause’’. Quand je vois la photo d’OSCHOFFA, je lui parle, le Seigneur m’exhausse automatiquement. L’Eglise Céleste c’est comme de l’or qu’on a remis aux enfants.»

Mano Mel sur les traces du Prophète

L’ambition de Mano Mel, c’est d’amener tous les peuples du monde à se convaincre de l’importance de LULI afin de bénéficier de la grâce. Il prie même d’avoir une équipe qui va s’adonner au quotidien à la louange car dit-il, la grâce LULI est une grâce que nous devons partager jusqu’aux extrémités de la terre. «Tous les jours, nous aurons une heure de prière, une heure pour répéter et après nous nous mettrons à la louange et à l’évangélisation un peu partout dans le monde. Ça ne s’arrêtera pas au Bénin. Nous irons chanter et apporter la parole du DIEU d’OSCOFFA à tous les peuples afin que le monde soit affranchi » rêve l’actuel maître de la chorale St Trinité d’Akpakpa Zoungbomey. Au-delà, sa passion c’est aussi d’aider les paroisses à avoir les moyens pour soigner la maison de DIEU à travers la construction du temple et l’acquisition des instruments. Et déjà le chantre est persuadé qu’avec Papa OSCHOFFA il ne manquera pas de moyens pour cette mission noble à laquelle il convie d’autres chantres à se consacrer également. A ceux-là, il recommande ceci : «Mon conseil à tout ceux qui veulent embrasser la carrière de chantre au sein de l’Eglise du Christianisme Céleste, c’est de revenir à la base et d’aller à l’essentiel.» Il explicite: «Quand vous êtes chantre du Christianisme Céleste, la première des choses, vous devez connaître par cœur tous les cantiques. C’est par là il faut commencer parce que la bible que DIEU a donné à papa OSCHOFFA, c’est les cantiques. Nous avons la chance nous choristes, d’avoir en notre possession cette bible. Nous devons savoir tout ce qui est dedans.» Ne pas suivre cette voie, amène à des compositions sans âme. «Quand vous rentrez dans les cantiques et vous vous y promenez, vous voyez que l’Esprit Saint vous prend et vous utilise pour d’autres compositions. Et DIEU prend plaisir à déguster votre plat. Un chantre c’est un cuisinier de l’Eternel car DIEU ne mangue que la louange. Il n’y a que la louange qui LE fait déplacer de son TRONE. Revenons à l’essentiel et DIEU sera avec nous.» prône Mano Mel.

Blaise Ahouansè