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Fête du vodoun: « 10 janvier, ça a été dénaturé», dixit Dada Daagbo Hounon Houna II


La fête du vodoun, le 10 janvier au Bénin, est sortie de son caractère initial. Sa majesté Daagbo Hounon Houna II, chef spirituel suprême du vodoun, a expliqué pourquoi, lors de l’acte 26 des rencontres mensuelles d’échanges et de réflexion sur les enjeux de culture et de développement, «Forum culturel du Bénin».

Sa majesté Daagbo Hounon Houna II sur le forum culturel
«Développement du tourisme culturel au Bénin: Quelle place pour le vodoun ?». Le thème du «Forum culturel du Bénin» samedi 4 janvier 2020 au centre culturel Artisttik Africa à Cotonou a amené les participants à s’interroger aussi sur la fête du vodoun qui devrait constituer un cadre important pour le tourisme. La question était de savoir si l’événement tel que organisé désormais est ce qui devrait être. A propos, sa majesté Daagbo Hounon Houna II, mieux placé pour répondre, affirme : «10 janvier, ça a été dénaturé». Ceci, sous le poids de la politisation à outrance de l’événement et de revendications de certains dignitaires de culte vodoun, à l’en croire.

« C’était une peau de banane »

D’après l’histoire que rappelle le chef spirituel suprême du vodoun, ce qu’est devenue la fête du vodoun était l’organisation de rituels depuis 1728 dans un cercle restreint pour implorer des divinités pour le retour saint et sauf des frères dahoméens embarqués pour l’esclavage. «Nos frères qu’on a amenés, que ces rituels fassent qu’ils reviennent », était la prière, selon lui. Dès 1988, la pratique a été rendue publique, et ce, dans un format bien défini. « C’était sous forme de pèlerinage où jusqu’au nord, tout le monde descend à Ouidah », précise Dada Daagbo Hounon Houna II. Mais « la politisation à outrance » lui a ôté ce caractère.
C’est d’abord Grand-Popo qui devrait commencer par accueillir l’événement de façon rotative avec Ouidah. Ce ne fut pas à l’unanimité. En 1999 où cette rotation devrait commencer, certains n’ont pas effectué le déplacement de Grand-popo. «Ils ont senti que c’était une peau de banane. Ils sont restés », informe sa majesté. Plus loin, la fête ne sera pas tournante seulement entre ces deux villes. Et là, ce n’était pas seulement une œuvre politique. Des dignitaires d’autres localités, défendant qu’ils ont aussi le « vodoun chez eux », ont revendiqué l’organisation de cette fête. Mais selon le chef spirituel suprême du vodoun, il est possible de refaire du 10 janvier, un pèlerinage sur Ouidah. Les démarches seraient en cours à ce propos.  

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