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Note de lecture : Yèmi ou le miracle de l’amour de Adélaïde Fassinou (Roman de jeunesse -version revue et corrigée-, Bénin, Star Editions, 2014, 147)


Romancière, nouvelliste et poète, avec une abondante production à son actif, Adélaïde Fassinou refait surface avec une version entièrement revue et corrigée de son œuvre, Yèmi ou le miracle de l’amour, un roman de jeunesse, qui a été publié pour la première fois aux Editions du Flamboyant au Bénin, en l’an 2000, et pour une deuxième fois, à Star Editions, en 2014, quelques mois avant son roman Le Journal d’Esclamonde, publié par Les Editions Plurielles en Janvier 2015, Bénin.

Lecture et analyse

Ce roman dont les actions se déroulent à la fois dans le village de Sêtin et dans la ville de Cotonou, parle d’une gamine villageoise de onze ans, se prénommant Yèmi, aux prises avec sa destinée. Issue de parents très pauvres et vivant dans des conditions les plus misérables, Yèmi doit désormais son salut de jeune fille éduquée, et, plus tard, de femme accomplie à la famille Koumi. Le destin a voulu  que Yèmi quitte la misère du village pour une famille adoptive à Cotonou, où elle sera traitée comme une domestique. Mais arrivée dans la nouvelle famille, elle rencontre Josaphat, un jeune garçon de son âge, presque, avec qui elle partage désormais tout. Les conditions de vie et l’éducation de la maison d’accueil  transforment Yèmi. Elle est  nourrie et  traitée par sa  patronne comme la fille de la maison, et non comme une enfant placée. Elle découvre les merveilles de la ville, la joie et le bonheur d’y vivre ; et parvient à établir la différence entre la ville et le village, le dénuement et l’abondance. Avec la complicité de Josaphat, Yèmi est inscrite à  l’école comme tous les enfants de sa maison. Elle obtient son certificat d’études primaires et nourrit de grandes ambitions, comme celle d’aller jusqu’au baccalauréat.
Ce roman de jeunesse d’Adélaïde Fassinou pose avec acuité le problème de « vidomègon », situe les responsabilités des familles d’accueil et montre clairement combien leurs actions sont déterminantes dans l’avenir des enfants placés. Le cas  d’espèce est unique et présente l’héroïne dans une situation particulière. Yémi  est accueillie dans une famille où tous les membres l’ont acceptée et soignée comme l’enfant de la famille. Elle bénéficie des mêmes grâces et jouit des mêmes droits que les garçons de la famille Koumi. Et comme tout acte posé avec amour porte toujours de bons fruits, Yèmi a réussi à réaliser ses rêves grâce à l’amour véritable de la famille Koumi.
Josaphat, le benjamin de la maison a pu convaincre ses parents de ce que Yèmi doit être élevée dans les mêmes conditions que lui. Ainsi, l’école, la fête de Noël, les cadeaux, les jeux, l’ambiance de convivialité qui règne dans la maison, ont redonné le sourire, la bonne humeur et la joie de vivre à Yémi. Elle était si épanouie et si comblée qu’elle  avait presque oublié qu’elle revenait d’un village perdu quelque part, où elle devra retourner tôt ou tard. La belle preuve en est que, c’est difficilement qu’elle a accepté d’aller voir ses géniteurs au village, lorsque ses parents adoptifs lui en ont fait la proposition pendant les vacances, après l’obtention de son certificat. Qui veut vivre dans la misère éternellement ?
C’est ce que devrait être une maison d’accueil pour toute « vidomègon ». Une famille n’a pas le droit de sacrifier un enfant d’autrui pour le bonheur de ses membres. On ne doit sous aucun prétexte  soumettre les « vidomègons » à des corvées du lever au coucher du soleil, à des humiliations et à de la maltraitance. L’exemple de la famille Koumi est à suivre partout, en l’occurrence, celui de Josaphat, ce petit garçon intelligent et plein d’amour, qui a beaucoup influencé ses parents, pour que Yèmi puisse bénéficier d’une meilleure éducation. Les enfants grâce à l’instruction reçue à l’école, doivent aider leurs parents, en les   conseillant à bien traiter les enfants d’autrui, qui leur prêtent main forte dans les travaux domestiques. Ils doivent être préoccupés par le bien-être et le devenir de ces derniers. Le bonheur de la nation et le leur propre en dépendent.
C’est en cela que,  Adélaïde Fassinou, l’écrivain qui se bat énormément pour la formation et l’éducation des jeunes a fait œuvre utile en publiant ce roman. Un ouvrage réédité dans une version revue et corrigée, dont le thème central et les thèmes secondaires (l’amour du terroir, la scolarisation des filles… etc) représentent une source d’éducation sociale pour nos apprenants. Le livre sensibilise beaucoup la conscience collective sur l’un des phénomènes très sensibles de la société béninoise. Dans une langue digeste, et à travers les propos d’un enfant Josaphat, l’auteur a montré comment une famille d’accueil a sauvé une vie par la magie de l’amour.

En conclusion

Vu l’impact positif de changement de comportement que la lecture de cette œuvre peut avoir sur les enfants, il serait très intéressant, qu’elle soit proposée aux élèves de nos collèges, pour qu’ils aient eux-aussi la lumière et l’opportunité d’agir comme leur camarade Josaphat. Que ce roman soit lu et relu, pour que des « vidomègons » ne soient plus dans nos maisons, des enfants battus, maltraités, humiliés, taillables et corvéables à merci. Tous les enfants du Bénin scolarisés doivent lire Yèmi ou le miracle de l’amour, pour que l’enfant devienne très tôt le père de l’Homme, par la vertu miraculeuse de la lecture de cet ouvrage.


Cotonou, le 28 mai 2015
Par Robert Asde

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