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Lancement samedi 10h à l’Ifb de l’album du groupe ‘’Wood Sound’’ : «Avec le Kpahlè, nous faisons tout rythme voulu…, vous apprécierez la nouveauté»


Bona à l'oeuvre
Le groupe béninois de musique Wood Sound présente samedi 13 juin prochain à partir de 10 heures sous la paillote de l’Institut français de Cotonou, son premier album, «Zandé», de 10 titres World music à la source rythmique béninois. Rencontré dans la matinée d’hier, à l’institut, Bonaventure Didolanvi, fondateur du groupe, nous parle du premier bébé phonographique de ce groupe-projet né de ses inspirations. Jeune artiste musicien béninois plus connu sous le nom Bona et fils de la vedette Félix Didolanvi dit Pêcheur, Bona a grandi dans une cour familiale inondée par la musique traditionnelle béninoise. A travers Wood sound, il nourrit un rêve patriotique pour son pays. Le jeune homme n’hésite pas à renoncer aux nombreuses opportunités d’installation en Europe que lui offre son talent artistique. Même s’il faut d’abord affronter des moments de galère, il préfère travailler au pays et concrétiser son rêve d’un groupe célèbre porte- flambeau de la musique et de la culture béninoise en général dans le monde entier. Il a foi d’y parvenir, certes à petits pas mais assurément. Interview 

Vous êtes fondateur du groupe de musique Wood sound. Comment est-il né ?

Ce sont les expériences que j’ai faites qui m’ont poussé à avoir cette idée de projet qui a tourné dans ma tête pendant plusieurs années avant que je ne le mette en place. J’ai écouté, j’ai observé et je me suis demandé qu’est-ce qu’il faut apporter comme nouveau, puisqu’au Bénin, on a trop de rythmes traditionnels, et donc trop de percussions. Vu le peu que je connais, je me suis dit autant choisir une avec qui je peux faire tout ce que j’ai envie de faire. C’est ça qui m’a poussé à choisir une percussion qu’on appelle « Kpahlè ». Une percussion typique de Porto-Novo. Ce qui fait l’originalité de mon projet, c’est que c’est avec cette même percussion que j’arrive à faire tous les rythmes que je veux. Je peux jouer du funk avec, du high life, du zinli, du massè, du rnb, etc. Heureusement, les gens apprécient beaucoup. Ce qui m’encourage plus et me donne le courage de persévérer, d’aller plus loin.

Depuis quand le groupe a vu le jour ?

On est resté dans l’ombre au moins pendant deux ans et demi pour préparer. Le groupe a eu la lumière il y a un peu plus de deux ans. Deux ans que les gens l’ont connu.

Qui sont ceux- là qui se retrouvent autour de toi aujourd’hui ? Est-ce des amis d’enfance qui ont grandi aussi comme toi dans la percussion béninoise?

Il y a certains qui n’ont pas commencé avec moi. Au début, j’avais voulu prendre les pros. Mais cela n’a pas été facile de gérer parce que nous avons un problème ici à Cotonou et au Bénin en général. On n’a pas encore compris qu’il faut rester ensemble pour faire des projets, travailler et évoluer. Donc c’est vrai que j’ai commencé avec des têtes connues, mais après,  c’est devenu compliqué. J’ai réfléchi et je me suis dit, autant aller prendre des jeunes ; avec le temps ils vont grandir. Donc je suis allé pêcher de tous jeunes qui sont là aujourd’hui.  

Etes-vous fier aujourd’hui de leur rendement ?

Je suis fier d’eux. On est à l’aise, on travaille quand on veut. Je sens qu’ils sont prêts et engagés pour le projet. Eux, ils ont compris qu’il faut préparer pour manger.

Samedi, le groupe a un événement majeur de sa vie, qu’est le lancement de son album. Que peut-on déjà retenir de l’œuvre avant sa présentation après demain à l’Ifb.

L’album est intitulé « Zandé », c'est-à-dire, un temps. Dans la vie il y a un temps pour chaque chose en langue goun. C’est un album de 10 titres.

Qu’apporte Wood Sound de nouveau sur le marché du disque à travers cet album ?

C’est vrai que je suis dans la world music mais celle que nous faisons est un peu spéciale. Spéciale parce qu’on joue beaucoup les ‘’percus ‘’ comme le dit le concept même, Wood sound, le son du bois. Quand Wood sound est sur scène, vous sentez qu’on utilise vraiment le bois ; on joue beaucoup le bois. Le public aura le temps d’apprécier cet album. Le bois raisonne vraiment.

Comment va se passer le lancement ?

Ce n’est pas un lancement-vente à l’américaine qu’on a l’habitude de voir. C’est pour ça, on l’a nommé show case. C’est juste un petit moment qu’on va passer ensemble avec la presse et le public pour présenter le disque, présenter quelques morceaux en live et lancer l’album sur le marché. C’est juste pour ouvrir une porte.

Avant que ne s’ouvre cette prochaine porte, dites-nous quel a été le parcours du groupe jusqu’ici ?

On est resté beaucoup plus au Bénin puisque l’album nous a pris beaucoup de temps. On est en préparation depuis trois ans. On s’y est consacré à fond parce que les gens nous le réclamaient. Nous avons des propositions mais il y a l’album qui bloquait. Maintenant, on croise les bras pour que cette fois-ci l’album nous ouvre toutes les portes possibles. Sinon qu’on est resté surtout au Bénin où on a fait pas mal de festivals dont couleurs jazz, Fitheb, Ayidowhèdo, ... Il faut aussi dire que j’ai renoncé à des opportunités juste pour pouvoir me consacrer au projet et le concrétiser. C’est cela qui fait défaut au Bénin. On n’est pas encore convaincu de ce qu’il faut accepter une galère aujourd’hui, travailler dur pour vivre mieux demain. Et surtout, rester ensemble. A propos, je loue et remercie l’aîné Patrick Rufino. C’est grâce à lui j’ai compris. Et j’y crois fermement.

Propos recueillis par Blaise Ahouansè

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