Le Père Raymond Goudjo accueilli au CODE : son livre « Pèlerins d'espérance dans le silence et la contemplation » décrypté
Le Centre d’Observations du Discours pour l’Éducation, Le CODE, à Houèdo dans la commune d’Abomey-Calavi, a accueilli le père Raymond Goudjo le vendredi 1er mai 2026 autour de son tout récent livre « Pèlerins d'espérance dans le silence et la contemplation ».
Quel trésor se cache dans « Pèlerins d'espérance dans le silence et la contemplation » de l'abbé Raymond Bernard Goudjo ? C’est à cette découverte que Le CODE a convié son public dans l’après-midi du vendredi 1er mai 2026. Un public composé d’hommes de foi, de responsables de l’Église catholique, d’enseignants-chercheurs en lettres et sciences du langage, dont le linguiste et ancien recteur de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), le professeur Maxime da Cruz, ainsi que d’étudiants.
Les participants ont eu droit non seulement à une présentation de l’auteur et de son ouvrage, mais aussi à une opportunité d’échanges directs avec celui que Dr Robert Asdé a qualifié, à juste titre, de « haut fonctionnaire de la foi ».
Un parcours riche au service de la foi et du social
Dr Robert Asdé a rappellé que le père Raymond Bernard Goudjo est né en 1962 au Burkina Faso et ordonné en 1997. Formé au grand séminaire Saint-Gall de Ouidah puis à la faculté de théologie de Trèves en Allemagne, où il a obtenu en 1996, un doctorat en doctrine sociale de l’Église, il s’est illustré par un parcours académique et pastoral remarquable.
Celui-ci est notamment marqué par la fondation de l’Institut des artisans de justice et de paix (IAJP) et de son centre de recherche « Le Chant d’Oiseau » à Cotonou, ainsi que par plusieurs responsabilités ecclésiales, dont secrétaire de la commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest et membre de l’assemblée spéciale pour l’Afrique au synode des évêques, sur nomination du pape Benoît XVI.
Ancien recteur du Grand Séminaire Mgr Louis Parisot de Tchanvédji jusqu’en 2018, il exerce depuis 2019 des responsabilités au sein de Caritas, avant d’être nommé directeur national de Caritas Bénin, fonction qu’il occupe actuellement.
Auteur prolifique et polyglotte, le père Goudjo compte plus de 25 ouvrages consacrés notamment à la gouvernance, à la foi et aux enjeux sociaux, ainsi qu’une quarantaine de publications dirigées. « Pèlerins d'espérance dans le silence et la contemplation », publié en décembre 2025 aux éditions Légende, s’inscrit dans cette dynamique de réflexion spirituelle et sociale.
Une œuvre théologique entre réflexion et esthétique littéraire
Présentant l’ouvrage, Dr Moïse Mangbondé en a souligné la richesse intellectuelle, littéraire et spirituelle. Selon lui, avec son intitulé « Pèlerin d’espérance dans le silence et la contemplation », le livre se distingue par un titre à la fois métaphorique et didactique, traduisant un double questionnement sur l’identité du pèlerin et le chemin vers l’espérance. « Le titre soulève un fait et le procédé… », a-t-il relevé. « Cet ouvrage est une mise en chemin pour ceux qui le liront », a-t-il rapporté des écrits de la préfacière.
À travers une analyse des éléments péritextuels - couverture, préface et avant-propos-, le présentateur a mis en évidence la cohérence entre l’imaginaire du pèlerin, le message spirituel et l’invitation à une démarche intérieure.
Selon lui, il s’agit d’un essai théologique dans lequel l’auteur développe, dans une démarche réflexive et argumentée, un modèle de cheminement centré sur le silence et la contemplation. Le présentateur a également relevé la richesse stylistique de l’œuvre, marquée par de nombreux procédés intertextuels, notamment des références bibliques et des citations d’auteurs.
« L’œuvre allie rigueur analytique et qualité stylistique. […] C’est un essai théologique écrit avec un grand soin littéraire. […] L’objectif n’est pas seulement de transmettre un message, mais aussi de capter, d’attirer pour transformer », a souligné Dr Moïse Mangbondé, qualifiant le livre d’ouvrage « cultivé ».
Le message profond de l’auteur
Face à ce décryptage qu’il considère comme une lecture approfondie et professionnelle, le père Raymond Goudjo a exprimé sa satisfaction. Il est revenu sur la genèse du livre, né dans le contexte de l’appel du pape François à vivre le jubilé comme un « pèlerin d’espérance », puis d’une sollicitation urgente des moniales de Parakou pour une retraite spirituelle.
Selon l’auteur, le message central repose sur une lecture de la doctrine sociale de l’Église à travers la tridimension de l’homme. S’appuyant sur les figures bibliques d’Abraham, de Moïse et d’Élie, il développe une réflexion sur l’espérance comme ouverture à un avenir possible. « L’espérance, c’est qu’un avenir meilleur est possible. Mais cet avenir ne pourra être tracé comme nous le pensons. Quand viendra-t-il ? Nous ne le savons pas. Nous avons à travailler, à faire nos calculs, mais nous laissons toujours l’espace à Dieu. Il n’est pas nécessaire de courir après des révolutions violentes ; il y a un travail d’espérance et d’éducation intérieure », a-t-il expliqué.
Le père Goudjo a insisté également sur la notion de silence. « Le silence n’est pas l’absence de bruit. Le silence n'est pas le non fonction d'une société ou d'un groupe ou d'une personne. C’est une recherche d’harmonie, une construction. C’est dans ce silence que l’on apprend à écouter. Nous développons trop de discours, mais nous ne prenons pas le temps d’intériorité, d’écouter en profondeur ».
Quant à la contemplation, il la définit comme une attitude spirituelle d’accueil de Dieu en soi. « La contemplation, c’est laisser le silencieux par excellence habiter en nous, habiter le temple que nous sommes ». Pour lui, cette démarche invite les sociétés à dépasser le tumulte pour construire un avenir durable. « Une société n’a pas toujours besoin de faire du bruit. Elle doit intérioriser les événements pour construire l’avenir. L’avenir d’un peuple ne s’arrête pas aujourd’hui ».
Témoignages et impressions
Au-delà du voyage entre les 157 pages de cet ouvrage d'espérance, la rencontre a été marquée par des témoignages sur l’auteur et son message. Pour plusieurs intervenants, il s’agissait d’un moment de découverte d’un homme de Dieu engagé, profondément attaché aux questions sociales et spirituelles.
Le directeur du CODE, le professeur Pascal Okri Tossou, a vu dans cette rencontre un moment symbolique de consécration. « Que ce CODE où vous avez mis pied devienne terre d’espérance », a-t-il souhaité, invitant notamment les jeunes à s’inspirer du parcours de cet auteur.
Pour sa part, le professeur Maxime Cruz a exprimé sa satisfaction de la qualité des échanges et surtout de la richesse de l’intervention de l’auteur. « Il avait tellement de choses à dire. Nous avons eu du plaisir à l’écouter. Je suis heureux d’être le témoin de ce moment de partage », a-t-il confié.
De son côté, Prudentienne Gbaguidi, directrice de la librairie Savoir d’Afrique, a insisté sur l’utilité pratique de ce livre. Selon elle, cet ouvrage constitue un véritable compagnon de réflexion et de méditation au quotidien. Elle a notamment invité le public à le lire et à s’en inspirer.
Dans l’ensemble, les interventions traduisent l’accueil favorable réservé à l’ouvrage, perçu comme une contribution importante à la réflexion spirituelle et à la construction d’une société qui apprend, à travers le silence, à mieux fonctionner et à mieux vivre.
Blaise Ahouansè





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