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25ème Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK): Hommage à Mansour Sora Wade

( L’histoire du cinéma africain s'écrit à travers ses idoles )

Mansour Sora Wade. Cinéaste réalisateur producteur sénégalais. Il était à l’honneur à l’ouverture de la 25ème édition du Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK) au Maroc le samedi 21 juin 2025 dans la salle de projection du complexe culturel Mohamed VI. L’auteur, entre autres, de “Le prix du pardon” a été célébré pour son talent mais aussi pour le model et le patrimoine cinématographique et audiovisuel qu’il constitue pour le cinéma africain.


C'est un hommage bien mérité à un cinéaste poète et conteur hors pair, selon l’ex délégué général du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), Ardiouma Soma qui l’a connu depuis la fin des années 80. Défenseur de l’histoire de l’Afrique qui selon lui mérite d’être racontée avec dignité et profondeur, Mansour Sora Wade compte dans sa filmographie plus d'une trentaine de productions, tout genre confondu, - reportage, documentaire, fiction court-métrage et long métrage” nourries par les traditions, les récits et la spiritualité de son pays. « Ce que je cherche à transmettre, c’est cette mémoire vivante que les anciens ont laissée”, confie le réalisateur. Il fait savoir que son chemin dans le cinéma a été celui de la sensibilité. « J'ai tenté de faire parler le silence ; de filmer les souris, de donner un sens à ce qu'on a oublié », affirme-t-il. 

« Grâce à son talent, Mansour excelle dans l’art de la combinaison judicieuse des images, des sons, des ambiances lumineuses, des ambiances sonores avec un rythme de montage original pour créer des émotions, exprimer des idées et faire passer des messages », témoigne Ardiouma Soma. Ses réalisations lui ont valu de nombreux prix dans les festivals internationaux. Son premier long métrage, “le prix du pardon” produit en 2001 a remporté une dizaine de prix dont Tanit d’or au festival de Carthage en 2003. Ardiouma Soma témoigne que Mansour Sora Wade est un grand défenseur des festivals de film en Afrique et fait preuve d'une disponibilité et d’un soutien inconditionnels aux festivals sur le continent pour accompagner toutes les initiatives visant à valoriser les cinémas d'Afrique et de la Diaspora. Il lui souhaite longue vie et une santé de diamant parce que le cinéma africain a toujours et encore besoin de lui.

Un hommage, un acte de consolidation de la mémoire

A travers cet hommage, Michel Ouedraogo, une personnalité du cinéma africain et aussi ancien délégué général du Fespaco (2007-2014) voit un acte d’humanisme, de professionnalisme mais aussi d’écriture de l’histoire du cinéma africain. « C'est ça aussi l’humanisme. C'est ça aussi le professionnalisme. C'est ça aussi construire l'histoire du cinéma africain. Il ne faut pas attendre que ces idoles du cinéma africain disparaissent pour qu'il y ait seulement des hommages à titre posthume ; il faut le faire pendant qu'ils sont vivants », affirme-t-il. C’est pour lui, une preuve de la vivacité du cinéma africain. « L'hommage qui est fait au cinéma mauritanien et au réalisateur sénégalais, ce sont des preuves que la dynamique du cinéma a une histoire. Cette histoire, il faut la consolider, il faut l'écrire. Ce sont ces hommages qui écrivent l'histoire du cinéma africain avec tous ses réalisateurs. C'est important et je souhaite que tous les festivals africains puissent, à chaque fois que possible, honorer les cinéastes, les comédiens parce que cela est très important pour que nous puissions ensemble écrire une vraie histoire du cinéma africain », soutient Michel Ouedraogo.

Pour le lauréat, cet hommage est un honneur profond. Il invite les jeunes cinéastes africains à être fiers de leur histoire et permettre à l’Afrique de se raconter elle-même. « Soyez fiers, soyez vous-mêmes et racontez ce que vous ressentez. Le cinéma est un miroir et l'Afrique mérite son propre miroir », conseille-t-il. Pour sa part, il poursuit son engagement. « Je n'ai pas fini de rêver. D'autres histoires me hantent. D'autres films viendront », promet Mansour Sora Wade.

Blaise Ahouansè ( Depuis Khouribga au Maroc)

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