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Nouvelle création de « Tout gran théâtr djogbé » : « Kabiila », le peuple meurt, vive le Chef de l’Etat !


« Kabiila » est une nouvelle et belle création de « Tout gran théâtr djogbé » qui a été présentée le 31 janvier 2015 au Centre culturel Artisttik Africa à Cotonou. C’est une caricature des chefs d’Etat Africains et des faits politiques écrite et mise en scène par Didier Sèdoha Nasségandé qui, se rend compte-t-on, a été bien inspiré.


Il s’accroche au pouvoir…
Carlos Zinsou, Humbert Boko et Donatien Sodegla au Centre culturel Artisttik Africa de Cotonou, racontent une vie d’Etat. Cette vie vue de face mais surtout telle qu’elle se passe dans les coulisses au pays du Président Kabiila incarné par Carlos. Humbert et Donatien sont respectivement son général et son médecin. C’est le spectacle « Kabiila ». Kabiila, à ne pas confondre avec le président des Kinois. «La confusion est véritablement possible, mais ce n’est pas lui notre objectif. On caricature tous les chefs d’Etat, tous les problèmes politiques » nous a précisé Didier Sèdoha Nasségandé, l’auteur de la pièce. Il est facile de reconnaître à travers « Kabiila » –la pièce- ce qu’est le pouvoir politique en Afrique et les faits saillants de l’actualité sur le continent. Le sexe et la vacherie au sommet de l’Etat, le régionalisme au détriment de la compétence, comment la vie de millions de peuple est mise en danger au profit des intérêts d’un seul individu. Aussi, comment les maux comme guerre, terrorisme, attentat, Ebola, cancer et autres sont des fonds de commerce pour des politiques en coulisses. Dans les coulisses, ce sont même des mots pour booster l’économie du politique. «Ce sont des politiques d’Etat», dirait l’autre. « Quand ça ne marche pas, la communauté internationale viendra en aide ; on se remplit les poches.» Alors c’est un système «bonheur du Président dans le malheur du peuple». Président pour qui tout chemin, même portant atteinte à la vie de ses administrés, est bon pour se remplir les poches et se maintenir au pouvoir. Au pays de Kabiila, le Chef d’Etat signe des arrêtés, des conventions même des partenariats sans avoir lu le contenu et analysé les impacts qu’ils soient positifs ou négatifs sur sa population. Juste les 10 ou n% qu’il gagne en posant sa signature, l’intéresse plus.
           … même mourant
« Kabiila » passe en revue des faits qui témoignent malheureusement du caractère utopique d’espérer encore un monde de sécurité, de paix, de bonne gouvernance,  de stabilité politique et sociale. «Tout gran théâtr djogbé » ne s’est pas trompé pas dans cette réplique «Le monde ne sera plus jamais comme avant ». Il n’y aura que des mouvements. «Sinon, pour que ça change, il faut que les mauvais, c'est-à-dire, nos chefs de ce type meurent tous. Ce qui est compliqué. Ils ne peuvent jamais tous mourir» se désole le metteur en scène. En réalité, au-delà de l’individu qu’est le Chef d’Etat, c’est tout un système qui ne peut pas être effacé du coup. Toutefois, le peuple a intérêt à se battre pour que ça change.

Blaise Ahouansè

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