Le livre «Le vrai visage de mon pays» paru aux
éditions l’Harmattan à Paris sous la plume de Nathanaël Koty, et lancé Samedi 8
juillet 2017 au Palais des congrès de Cotonou, apparaît comme un miroir de la société
béninoise, une anthropologie pour sensibiliser notamment la jeunesse béninoise à
une prise de conscience et au courage, pour travailler en faveur du développement
de son pays.
Chef-poste au poste de péage et de pesage d’Ahozon
sur la route de Ouidah au Bénin depuis 2008, Nathanaël Koty a vu pas mal de
choses se dérouler sous ses yeux ; il a vécu des scènes qui traduisent bien la mentalité
des Béninois. Et il décide de les relater dans «Le vrai visage de mon pays». Un livre paru en cette année 2017 aux
éditions l’Harmattan à Paris, et lancé le Samedi 8 juillet 2017 au Palais des
congrès de Cotonou. C’était à la faveur d’une cérémonie qui, au-delà d’un simple
lancement de livre, célébrait un génie et l’entrée brillante d’un administrateur
général et gestionnaire de projets et développement local dans l’arène des
écrivains.
«Quand vous vous attardez sur le titre, vous avez
l’impression que l’auteur est parti pour dénoncer ; une œuvre de
révélation, de dénonciation. Et quand vous arrivez au sous-titre ‘’Ma vie au poste de péage’’, il vous
envoie dans l’autobiographie. […] Mais la suite du titraille ‘’Récit hallucinant sur le site d’Ahozon au
Bénin’’, nous permet de dire que nous sommes totalement dans une œuvre
littéraire.», indique le critique littéraire Apollinaire Agbazahou. Il ajoute:
«Nous allons le remercier, parce que la plupart du temps les œuvres de fiction
sortent de l’imaginaire pur. Mais avec Koty nous avons eu droit à une réalité
passée dans la littérature ; ce qui est très rare.».
La réalité ici c’est les expériences d’un
professionnel, jeune cadre, sur ce site de péage et de pesage qui au-delà d’un
simple lieu de passage, est aussi un espace de vie d’où l’auteur a observé en
miniature le Bénin. «Un poste de péage au Bénin est un lieu où passent des gens
de toute classe et de tout rang. Chacun
d’eux aimant affirmer son identité, laisser une trace de vie.», mentionne
l’auteur qui dit ne pas pouvoir s’empêcher de relater tout ce qu’il y a vu. « Certaines
expériences que lui-même a intitulées « les faits au-delà du réelle »
–des faits qui relèveraient de l’occultisme-, rentrent dans la métaphysique et rappellent
le livre de Gaston Zossou ‘’La guerre des
choses dans l’ombre’’ », confie Apollinaire Agbazahou pour qui ce
livre ne fait que tendre aux Béninois leur miroir.
Une arme pour la jeunesse béninoise
D’après la présentation faite par le critique, «Le vrai visage de mon pays» est
notamment une adresse à la jeunesse. «C’est comme une manière d’avertir les jeunes que
ce n’est pas facile d’être responsable». « Il faut que la jeunesse béninoise
prenne conscience de tout ça et sache que travailler dans une entreprise n’est
pas facile ; il faut s’armer de courage, s’armer de prière. […] Il faut qu’elle
apprenne de toutes les situations, des multiples facettes des Béninois…», dira l’auteur. Mais ces connaissances,
souligne-t-il, ne doivent pas anesthésier les jeunes, au contraire elles doivent
leur permettre de tirer le meilleur des capacités du « Béninois »,
pour avancer. «C’est un livre d’anthropologie pour le développement de soi et
donc par ricochet de développement de la nation» défend-t-il. Pour sa part, le
critique dans sa peau d’enseignant soutient qu’il ne serait pas superflu de
penser à se battre pour introduire cet ouvrage au programme des établissements
secondaires, surtout en ces temps d’urgence de l’éducation civique à cause des
déviances et des dérapages qu’on observe chez certains jeunes.
Une œuvre qui « satisfait » les littéraires
Cette première sortie littéraire de Nathanaël Koty est
pour lui une réussite. La mobilisation des hommes de lettres béninois autour de
l’œuvre et leurs divers témoignages en disent long. D’une part, le livre est
préfacé par le célèbre écrivain Florent Couao-Zotti, comme un signe de
validation et de son acceptation dans la littérature béninoise. D’autre part,
les critiques de l’inspecteur de l’enseignement secondaire Apollinaire
Agbazahou au sujet, sont fortes. «Quand vous parcourez le livre, vous constatez
qu’il est un écrivain totalement atypique avec une œuvre bien buissonnière,
c’est-à-dire, une œuvre qui échappe à toute classification. C’est pour cela qu’il
faut saluer son mérite, son génie, dans la mesure où on ne peut pas dire que
nous sommes en présence d’un genre littéraire donné. Mais l’écriture est si
belle, si convaincante, si fluide et appétissante, que les littéraires face à
ce chef-d’œuvre sont totalement satisfaits ». Ils l’acceptent dira le critique,
«dans le landernau très respecté des écrivains béninois».
Blaise Ahouansè
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