La sortie vendredi 30 juin 2017 de la chanteuse béninoise Ramou
sur la scène de l’Institut français du Bénin à Cotonou, fut un beau spectacle fait
de surprises qui ont fait pleurer l’artiste, en même temps qu’elles l’ont
inspirées à émerveiller le public de part ses phrasés.
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| Ramou à l'institut français du Bénin à Cotonou |
Ramou sert de la bonne musique et du plaisir au public, mais en
retour, sous le coup de la réaction qu’a suscité son talent, elle-même coule des
larmes. Ainsi se résument 97 minutes de concert offert vendredi 30 juin dernier
par la jeune chanteuse béninoise à Cotonou. C’était sous la paillotte de
l’Institut français du Bénin, sous la direction artistique du maestro Méchak
Adjaho. C’est un concert synthèse du parcours solo entamé depuis 2010 par
l’artiste avec son premier album, «Irènikan» (c’est toi seul), suivi en 2016
par un second disque, «Laamu» (espoir).
Déjà en morceau d’ouverture de scène, Ramou ramène le public à
ses premières compositions. Elle va même plus loin, lorsque le refrain de ce
premier morceau est un extrait d’un cantique de l’Eglise du christianisme
céleste. Ceci rappelle bien ses bases de formation, notamment de vocaliste. La
voix est désormais son meilleur atout sur scène. Entre ce morceau et le second,
il n’y a pas de silence. Ramou sert «Ifè» pour dire son amour au public qui a
effectué le déplacement de l’Ifb ce vendredi soir pour la soutenir. Jusque là,
ce n’est qu’une entrée douce sur scène. Puis la musique monte en intensité à
partir du troisième morceau, «Okpè», à travers lequel l’artiste rend grâce à
Dieu.
Ramou
et le Wood sound
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| Ramou avec le groupe Wood sound |
Poursuivant le tracé du parcours, Ramou entame le second album
avec le titre éponyme du disque, Laamu. Ceci, dans une autre création exécutée
avec le groupe Wood sound, conduit par Bonaventure Didolanvi. Avec ce groupe, l’arrangement
rythmique du morceau tiré du répertoire du Nord-Bénin, notamment du village de
Matéri terre natale de l’artiste, est reproduit sur trois tam-tams du Sud-Bénin,
communément appelés Kpaounwhlè. A ceux-ci s’ajoutent deux paires de Tumba. Et
ce morceau transforma la scène de l’Ifb en un festival de tambours qui
résonnent dans un jeu de questions-réponses, et en harmonie avec le son produit
par trois guitares, soutenues par la voix de l’artiste. Le résultat époustoufle
un public qui avait pourtant du mal à applaudir, l’amenant avec une énergie
presque divine à faire pleuvoir des ovations accompagnées de quelques billets
de banque.
King
Mensah fait pleurer Ramou
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| Le duo King Mensah-Ramou |
Dans cette chaleur musicale, la vedette de la soirée entame son
5è morceau. C’est «Iyololo». Une chanson d’invite à l’entraide. A ce message ajouté
au niveau de création musicale exposé par la jeune chanteuse, King Mensah n’a
pas pu se contenir. Tombé amoureux de la voix suave de Ramou, cet immense artiste
qui se réclame de nationalité togolaise, béninoise et ghanéenne, monte sur scène
à la grande surprise du public et de Ramou. Celle-ci coule des larmes,
émue ! Mais elle a très tôt su transformer ses gouttes en une source
d’inspiration, et le duo improvisé entre les deux artistes offre un autre
spectacle… une festivité de voix qui emporte le public pour d’autres surprises.
Le
maestro en démonstration avec son élève
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| Ramou avec son professeur Méchack Adjaho |
Après King, c’est le tour du maestro Méchack Adjaho. Professeur
de voix de l’artiste, il intervient avec son instrument fétiche, la flûte, puis
aux claviers. Ces deux moments confirment encore tout le bien qui est dit de
Ramou : connaissant la qualité des mélodies de Méchack Adjaho, il faut
être un vocaliste professionnel pour chanter sur ses lignes. Et Ramou s’en est sortie
aisément. Entre temps, la fréquence du concert a baissé le temps de trois
titres. Elle a repris de plus belle avec l’intervention du professeur, suivie des
deux derniers morceaux de la série de 13, bouclée avec des musiciens très
inspirés ce soir dans l’interprétation du mélange Afro-beat et acoustique aux
griffes de Ramou.
Blaise
Ahouansè




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