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Primé au FIFIDHO 2026 à Niamey : Jocelyn Kotso Nathaniels reçoit sa Croix d’Agadez à Cotonou

Le journaliste et réalisateur béninois Jocelyn Kotso Nathaniels a officiellement reçu, jeudi 7 mai 2026 à Cotonou, la Croix d’Agadez remporté grâce à son film documentaire “La fille de Toyoyomè” lors du Festival international du film sur le droit de l’homme (FIFIDHO), tenu en avril dernier à Niamey, au Niger. 3è prix de la catégorie court métrage, la distinction lui a été transmise par le délégué général des Rencontres cinématographiques et numériques de Cotonou (ReCiCo), Dimitri Sètondji Fadonougbo, à l’issue d’une réunion du comité restreint des ReCiCo organisée à EASY HOTEL, à Fidjrossè.


Le film a séduit le jury par l’originalité de son récit et la portée sociale de son message. Ce documentaire-portrait de 26 minutes plonge le spectateur dans le quotidien de Sylvia, une adolescente vivant dans un village lacustre. Pour se rendre à l’école, la jeune fille traverse parfois le lac à la nage, confiant ses cahiers et sa tenue scolaire à des camarades se déplaçant en pirogue.

Malgré les difficultés liées à la précarité, aux conditions de vie et aux problèmes d’accès à l’eau potable, Sylvia nourrit le rêve de devenir sage-femme afin de contribuer à l’amélioration des conditions sanitaires dans son milieu.


Un film pour interpeller l’opinion publique


À travers cette œuvre, Jocelyn Kotso Nathaniels dit avoir voulu attirer l’attention sur la réalité souvent méconnue des enfants vivant dans les zones lacustres.

« J'ai voulu interpeller l'opinion publique en lui faisant savoir que la précarité n'est pas seulement perceptible chez des enfants vivant sur la terre ferme. Certains sont logés à la même enseigne que ceux qui vivent sur l'eau du lac », a-t-il expliqué.

Le réalisateur précise toutefois que la traversée à la nage ne constitue pas le quotidien systématique de Sylvia. Selon lui, la jeune fille confie parfois ses cahiers, livres ou sa tenue scolaire à des camarades afin de les protéger de l’eau avant de se sécher au soleil à son arrivée à l’école.

Premier essai cinématographique de ce journaliste autodidacte, “La fille de Toyoyomè” explore également les réalités culturelles des communautés lacustres. Le film met notamment en lumière le dualisme religieux de Sylvia, à la fois membre de la chorale de l’Église du christianisme céleste et attachée aux croyances cultuelles traditionnelles de son milieu.

Le documentaire aborde aussi les questions d’environnement, d’accès à l’éducation, de santé communautaire et de résilience féminine dans les villages lacustres du Bénin.


Une œuvre saluée pour sa portée sociale


Les premiers commentaires autour du film soulignent la richesse des thématiques abordées. Plusieurs observateurs évoquent notamment l’autonomisation de la femme, la précarité du quotidien, les problèmes environnementaux et sanitaires ainsi que le droit à l’éducation pour tous les enfants béninois.

À travers le parcours de Sylvia, le film apparaît également comme un appel à une prise de conscience collective face aux défis auxquels restent confrontées certaines communautés vivant dans les zones lacustres.

Avant cette incursion remarquée dans le 7e art, Jocelyn Kotso Nathaniels a consacré plusieurs décennies à la presse béninoise, collaborant notamment avec divers journaux et magazines culturels et sportifs, dont Afrique Football, Tam-Tam Express, L’Opinion, Préférence Magazine et le magazine Amina. “La fille de Toyoyomè” constitue son premier film documentaire.


Blaise Ahouansè

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