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« Au-delà des mots » au Code : Gaston Zossou transmet aux jeunes la force de croire en eux et d’agir

Le Centre d’observations du discours pour l’éducation (Code), à Ouèdo Adjagbo, en collaboration avec les Editions Savanes du continent, a accueilli, dans l’après-midi du samedi 19 septembre 2026, l’écrivain béninois Gaston Zossou. Face à un public composé en majorité de jeunes élèves, curieux de découvrir ses œuvres, de comprendre ses choix d’écriture et de mieux le connaître, l’auteur s’est prêté à un exercice à cœur ouvert, allant au-delà de ses publications pour partager une conviction qui traverse son parcours : la foi en soi, à laquelle doivent s’ajouter la décision et l’action.


Au nom de l’Afrique, La Guerre des choses dans l’ombre, Ces gens-là sont des bêtes sauvages, Crabe de métal pur, Un os dans la gorge des dieux, Les Enfants du sable, La Femme au portefeuille… La bibliothèque au cœur de la rencontre littéraire de ce samedi 19 septembre 2026 au Code, à Ouèdo Adjagbo, est riche et dense. Gaston Zossou constitue, à lui seul, un patrimoine littéraire. Très tôt, le rendez-vous « Au-delà des mots » donne l’allure d’un moment particulièrement attendu pour découvrir surtout l’homme derrière cette œuvre.

Des extraits sont lus, des pages sont mises en scène et certains passages sont discutés à travers plusieurs questions. Pourquoi ce personnage ? Pourquoi cet angle ? Pourquoi ce style ? Pourquoi tel niveau de langue ? Comment une expérience vécue ou observée devient-elle une matière littéraire ?

Gaston Zossou répond, raconte, explique ses choix et revient sur son parcours. Derrière ses réponses, les participants découvrent surtout un homme venu transmettre une force intérieure. Une idée revient avec insistance : la confiance en soi. « Je suis venu rien que pour vous dire de croire en vous. Il faut croire en soi. Il faut se prendre au sérieux », lance-t-il aux élèves.

Pour l’écrivain, cette confiance doit s’accompagner d’ambition, de travail et de discipline. Il invite notamment les jeunes à ne pas vivre « sans but », mais plutôt à viser « les grands buts ». Il les encourage à se fixer de grands objectifs, à pouvoir se dire « je le ferai » et, surtout, à passer à l’action.

La même logique apparaît dans son rapport à l’écriture. Lire, stocker des connaissances, méditer, réfléchir et écrire régulièrement sont, selon lui, autant de moyens de construire cette assurance et de développer sa capacité à s’exprimer. Pour y arriver, il recommande de ne surtout pas attendre un moment supposé idéal, mais de décider à l’instant. « Commencez dès maintenant à écrire, même dix lignes par jour », conseille l’auteur.

De la page à la scène


Entre deux séquences de la rencontre, les mots de Gaston Zossou ont quitté les pages pour investir la scène. Dans une parenthèse artistique, Jec et Robert Asde — qui retrouve ainsi ses premières passions de scène — ont proposé une représentation théâtrale inspirée de Crabe de métal pur.

Les deux comédiens ont plongé le public dans une société où se mêlent difficultés sociales, rapports de force, croyances, peur et surnaturel. Voix, déplacements, échanges, rythme et présence scénique ont contribué à donner chair aux personnages et aux situations. Leur jeu a installé la tension du récit et permis d’en restituer l’atmosphère.

Derrière la tension dramatique, c’est surtout un message de persévérance qui ressort. En revenant avec les jeunes sur ce passage de l’œuvre, Gaston Zossou a insisté sur la nécessité de ne jamais abandonner. « Il ne faut jamais lâcher prise », a-t-il martelé.

Sa propre expérience lui sert d’illustration. De l’enseignement à l’agriculture, puis à de hautes responsabilités publiques, il raconte comment il a souvent commencé par croire à une possibilité avant de travailler à sa réalisation. « Quand je parle, c’est que j’y crois », explique-t-il encore, faisant de la conviction une force intérieure qui doit précéder l’action.

Des parcours qui prolongent le message

Cette intervention de Gaston Zossou face aux élèves à Ouèdo Adjagbo est appuyée par les témoignages de plusieurs participants adultes. L’ex-directeur des examens et concours, Roger Koudoadinou, président de l’Association des professeurs de français du Bénin, a témoigné de l’influence de ces mêmes enseignements de Gaston Zossou sur son propre parcours. Il raconte notamment comment l’écrivain l’a poussé à croire qu’il pouvait atteindre certains objectifs qu’il se fixait. Pour lui, il s’agit de continuer à « arroser » chez les jeunes la conviction et le désir d’aller au bout de leurs ambitions.

Le professeur Julien Gbaguidi, doyen de la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), va jusqu’à qualifier Gaston Zossou de « suprême grand coach », saluant son énergie et son pouvoir de motivation.

Le message semble avoir trouvé un écho particulier auprès des jeunes. Plusieurs de leurs questions ont porté directement sur la manière de commencer à écrire, de trouver un titre, de surmonter le manque d’inspiration ou de maintenir le rythme. Une élève a notamment confié avoir déjà commencé à écrire des poèmes et des paragraphes et a demandé comment aller jusqu’à l’édition.

La rencontre s’est achevée par la mise à disposition de quarante livres au profit des élèves par l’auteur, avec une organisation de leur répartition entre les établissements participants.

Blaise Ahouansè

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