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Vue
partielle des participants et experts au Rephart 2015
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La
5ème édition de la Résidence panafricaine de création
et de formation en photographie d’art au féminin (Rephart) a été clôturée à
Abomey samedi 24 janvier dernier après une semaine d’activités de formation et de
création comme de coutume mais aussi un séminaire sur des questions de droit
pour le décollage de la photographie d’art en Afrique subsaharienne.
Autour du thème «Décollage de la photographie d’art en Afrique
subsaharienne», les experts réunis dans la ville d’Abomey au Bénin, se
sont adonnés au décryptage
du cadre législatif et juridique de la photographie d’art et des droits
d’auteur du Bénin et autres pays d’Afrique au sud du Sahara. Car, a constaté, l’association
Beauté du Royaume, les photographes, encore moins les sujets photographiés, ne
sont pas conscients de leur droit. Entre autres intervenants à ce séminaire,
Samuel Ahokpa, secrétaire général du Conseil économique et social (Ces) au
Bénin et spécialiste des droits d’auteurs, Yèkini Djoubérou, photographe ancien
conseiller au Ces, Dieudonné Sokpo, directeur des affaires juristes et
culturels au Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins (Bubedra),
Ousseynou Wade, directeur des arts au Sénégal et Yacouba Konaté, critique d’art
universitaire en Côte d’Ivoire, directeur du Marché des arts du spectacle
africain (Masa).
Le
professeur Yacouba Konaté a souligné que la dérégulation dans le domaine de la
photographie est due à la forte expansion du numérique. Grâce à l’internet, une
déprofessionnalisation s’accentue avec l’envahissement du secteur par des
appareils photographiques numériques amateurs cédés à un coût très accessible.
Du coup, les professionnels de la photographie se retrouvent face à une menace
réelle de leur métier. Alors, certains comprennent que la porte de sortie est
de s’orienter vers la photographie d’art. D’où la naissance de la photographie
d’art contemporain qui s’apparente plutôt à la photographie moderne.
Au
regard du danger qui menace le métier, le professeur recommande que le secteur
soit doté de véritables instruments juridiques. Par exemple, illustre-t-il, une
photographie utilisée pour une annonce nécrologique sur les médias doit
rapporter des redevances à son auteur. Toutefois, il fait remarquer qu’une
œuvre cesse d’être artistique quand elle est reproduite ou est reproductible.
Pour ce faire, la photo d’art ne doit plus être juste la reproduction de
quelqu’un. En photographie d’art, on ne cherche pas à faire jolie, on cherche à
montrer une idée.
Rephart forme à la professionnalisation
Outre
le séminaire, Rephart a connu ses activités traditionnelles, du 18 au 24 janvier. Ainsi, au démarrage, il y a eu un atelier
sur l’appropriation des notions éthiques et
déontologiques en photojournalisme animé par le journaliste Fortuné Sossa, de
même que des séances théoriques et pratiques en photographie d’art animées par
Reha Bilir et son épouse Sadiye Yilmaz venus de la Turquie. Ceci, avec la
participation de femmes photographes venues des diverses localités du sud et du
centre Bénin, d’experts photographes et de spécialistes en art et culture en
provenance de la Turquie, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Bénin. Tous
autour de la chef orchestre, princesse Esther Bigo, présidente de l’association
Beauté du Royaume et organisatrice du festival.
Avec
Reha Bilir, il a été question des notions sur les techniques pour mieux réussir
une photographie d’art. Il a abordé des éléments comme l’harmonie des couleurs,
le contraste, les lignes qui peuvent être des courbes, rectangles, triangles,
irrégulières ou encore en S, X, Y…). Il a insisté également sur le rythme,
l’intégrité, la symétrie, le mouvement et la vitesse, la réflexion, la
silhouette, les perspectives, entre autres. Au cours des séances pratiques sur
le terrain, des apprenantes, des photographes professionnelles, ont bénéficié
aussi de l’expertise de Sile Durust venue également de la Turquie.

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