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Performance «La charrette de la mort» à Cotonou : Attention ! C’est le silence qui tue



La 4ème édition du festival Migration de l’Atelier nomade et de l’Ecole internationale de théâtre du Bénin (Eitb), pour le compte du Bénin, a démarré sur les chapeaux de roue mardi 20 janvier 2015 avec «La charrette de la mort».


Dine Alougbine dans sa création «La charrette de la mort»
Drame ce soir du mardi 20 janvier 2015 dans les environs de l’Institut français du Bénin à Cotonou. Il est 18 heures passé d’une vingtaine de minutes. En maître d’orchestre, Dine Alougbine et son équipe de l’Ecole internationale de théâtre du Bénin (Eitb) font le tour de la zone avec un ‘’cadavre’’. Sur un véhicule de charge, une charrette, ils traînent un corps sans vie et couverte de sang d’une jeune fille qui a connu une mort tragique. Comme un animal, elle est disséquée et ses intestins à l’extérieur de son ventre. Sur la grande voie passant devant l’institut, le Cnhu, le champ de foire, le Codiam, Cadjèhoun et la place des martyrs, la grande masse de population rencontrée s’étonne. C’était une heure de grande circulation, la mobilisation populaire est importante, pas d’indifférence mais beaucoup de réactions. «C’est un accident ? Ils ont tué la fille et les policiers les ont arrêtés ? Qu’est-ce que cette fille a fait et on l’a tuée comme ça ? Que font ces gens-là?  Comment on peut circuler avec une personne décédée comme ça ?» Chacun se pose toute sorte de questions pour comprendre cette procession de mort que fait l’Eitb. A tout ceci, une seule réponse. C’est une performance artistique dénommée «La charrette de la mort» par laquelle l’Eitb ouvre ce mardi soir à Cotonou l’étape béninoise de la quatrième édition du festival migration après le Nigéria, le Burkina-Faso, le Niger, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire. C’est une création de Dine Alougbine. Derrière cette création, un seul discours diffusé le long du parcours ce soir. «Attention ! C’est le silence qui tue» crie un jeune homme dans le mégaphone. Ce n’est que la lecture de ce que le maître orchestre a écrit à l’ancre rouge sur la toile blanche posée devant l’Institut français de Cotonou au départ de la procession. A la fin de trajet, il nous explique qu’ailleurs, il mettait «Ne tuez pas la liberté» mais qu’il a préféré au Bénin, mettre «C’est le silence qui tue». Et ce, pour éviter des polémiques dit-il. «Le silence est la grande porte ouverte à tout débordement ; les gens doivent parler» insiste Aladji à travers cette création artistique qui colle avec l’actualité non seulement au Bénin mais dans le monde. Surtout en ces derniers jours où on parle de Charlie, révision de Constitution, accès aux médias de service public, liberté d’expression, etc. En tout cas, l’Eitb a réussi ce soir, l’ouverture du festival Migration avant de conduire la population au théâtre de verdure de l’Institut français pour la première représentation théâtrale, «La secrétaire  particulière » de Jean Pliya dans une mise en scène de Dine Alougbine.

Blaise Ahouansè

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