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Josué Azor à l’Ifb: «Racines», le vodoun autrement



Le photographe haïtien Josué Azor a exposé du 12 au 31 janvier 2017, une vingtaine de photo sous l’intitulé «Racines» qui racontent les traditions religieuses, culturelles et artistiques d’ascendances africaines toujours perpétuées au centre «Lakou Souki» et suscitent un autre regard du vodoun.


L’espace Joseph Kpobly de l’Institut français du Bénin (Ifb) est depuis quelques jours, une translation du «Lakou Souki» à Cotonou. C’est l’exposition «Racines» du photographe Josué Azor. A travers 21 photographies grand-format, le jeune haïtien rend compte de son voyage sur ce centre et de ce qu’il y a découvert. L’univers conservateur des traditions religieuses, culturelles et artistiques d’ascendances africaines dans ce centre, «Lakou Souki», sis près de la ville historique des Canaïces où a été proclamée l’indépendance d’Haïti est rapporté. A travers les portraits et paysages saisis par son objectif, le photographe recrée à Cotonou des instants de la vie des noirs esclaves en Haïti. Il renseigne sur leur quotidien, les cultes, les libations, les initiations.
Josué Azor
Reconnu comme un jeune passionné de l’image qui porte toujours un regard nouveau sur l’histoire et sur le quotidien, Josué Azor vient confirmer l’affirmation par la présente exposition à Cotonou. Dans l’histoire qu’il raconte avec ses 21 photographies, il met en avant une esthétique qui interpelle ses compatriotes Haïtiens au sujet du regard qu’ils portent sur le vodoun aujourd’hui à l’épreuve des cultures et religions d’ailleurs. C’est aussi une interpellation de la conscience des Africains sur les religions traditionnelles.
Cette exposition vient à point nommé au Bénin. C’est à l’ère d’un régime gouvernemental qui ambitionne le développement des arts et de la culture à partir de la richesse culturelle vodoun. C’est aussi et surtout à une période où les invectives de la part de certains pasteurs et chrétiens lambda à l’endroit des cultes vodoun et de dignitaires vodoun sont encore d’actualité. Cette exposition apparait comme un appel à une prise de conscience des Africains dont Béninois à ne plus nier leur identité au nom de leur foi religieuse mais plutôt à le voir dans ses fonctions à l’origine. «Josué Azor nous invite à regarder le vodoun comme si on regardait la lutte des peuples noirs pour leur authenticité culturelle» écrit le critique Dangelo Néard car, rappelle-t-il, le vodoun a favorisé l’unité des noirs esclaves venus d’Afrique ; c’est à partir d’une importante cérémonie vodoun que les esclaves se sont décidés à vivre libre ou mourir.

«Rencontres d’ici et d’ailleurs»

L’exposition «Racines» se tient dans le cadre des «Rencontres d’ici et d’ailleurs» initiées par l’association Laboratorio Arts Contemporains. Josué Azor fait partie d’une forte délégation haïtienne venue au Bénin pour le compte de l’Acte 1 de ce programme de rencontres des cultures et d’échanges entre les artistes. Outre la participation à la fête du vodoun le 10 janvier dernier, le séjour au Bénin de la délégation est marqué aussi par plusieurs autres activités dont concerts et expositions. Dans l’agenda de «Rencontres d’ici et d’ailleurs», il est annoncé par Laboratorio Arts Contemporains qu’en février prochain, des dignitaires du vodoun et des acteurs culturels du Bénin seront en Haïti.

Blaise Ahouansè

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