A la recherche, il y a quelques
mois, des auteurs de sacrifices humains et autres crimes crapuleux devenus
récurrents au Bénin, les services publics habilités ont découvert la cible des
cybercriminels communément appelés gaymens dans le pays et qui font recours au
fétiche Kinninsi. Beaucoup d’entre eux sont tombés dans les mailles de la police.
Mais une étude de thèse à l’Ecole doctorale pluridisciplinaire de l’Université
d’Abomey-calavi (Uac) vient de révéler d’autres sources en plus des gaymens. Il
s’agit des politiciens. Dans ses recherches, le doctorant Hubert Djogué reçu mardi sur Soleil Fm, rapporte que des politiciens ont aussi
recours au Kinninsi. C’est l’argent, la gloire, la popularité et le pouvoir qui
les poussent vers cette pratique selon les résultats de l’étude. «L’homme
politique, lorsqu’il va au contact de son fétiche, parle au fétiche, selon nos
enquêtes, lorsqu’il va vers la population, elle écoute sans même réfléchir,
sans analyser, bêtement le suit» confie le chercheur. Les féticheurs leur offre
des facilités d’accès. «Il y a un féticheur qui nous a confié que lorsque les
clients lui viennent, il a la possibilité même de réduire – redimensionner ndlr- le
fétiche de sorte que les clients soient en mesure de le garder dans leur
porte-monnaie, dans leur voiture, sous le siège de leur moto… »
apprend-t-on de Hubert Djogué.
En contrepartie, le client quelle
que soit sa catégorie doit répondre aux exigences du fétiche. «Ce fétiche est
un buveur de sang ; c’est le sang qui l’alimente, qui le rend fort ;
le sang humain bien sûr. Donc pour avoir le sang humain, les gens sont obligés
d’aller même vers les crimes crapuleux ; ils sont obligés parfois pour ne
pas risquer leur vie » indique Hubert Djogué. Les exigences du Kinninsi
sont si lourdes et impossibles à suivre dans leur entièreté au point où les
féticheurs eux-mêmes n’en pratiquent pas. «Il y a un des féticheurs qui est
dans la vallée de l’Ouémé qui m’a dit que lui-même n’en fait pas usage parce
qu’il sait ce que cela peut avoir sur sa vie, sur la vie de sa femme, ses
enfants et ses proches. Tôt ou tard, ils – ceux qui sollicitent les services du
kinninsi ndlr- n’arriveront pas à répondre aux exigences de ce fétiche ;
du coup, ils vont perdre la vie.
Notons que l’étude a révélé d’autres
catégories de personnes en plus des cybercriminels et des politiciens. «Il y a des
tenanciers de bars, des informaticiens, des artistes, des hommes d’affaire qui
s’approvisionnent en ce fétiche», rapporte Hubert Djogué.
Blaise Ahouansè
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