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Sociétés de masque en Afrique: Féridama 2018 rectifie les préjugés sur la femme


Les experts invités à l'animation de la conférence
Le volet intellectuel de la 9ème édition du Festival des rituels et des danses masquées (FeRiDaMa 2018) annoncé pour mars 2019, après la phase des spectacles en décembre 2018, a bel et bien eu lieu. C’était le 7 mars 2019 à Cotonou autour d’une conférence sur le thème «Le rôle de la femme dans les sociétés de masques en Afrique», avec le soutien de l’Unesco à travers le Conseil international des organisations de festivals de folklore et d’arts traditionnels (CIOFF).
«La femme est exclue des sociétés secrètes, sociétés de masques, en Afrique». FAUX ! C’est un préjugé. C’est du moins la conclusion à laquelle sont parvenus tous les experts de l’Unesco et autres personnalités culturelles venus de différents pays pour animer cette partie intellectuelle de Féridama 2018 consacrée à la femme. C’était sous la modération de l’ambassadrice CIOFF, Tovornik Magdalena. De l’expérience de chacun de leur pays qu’ils ont partagée, il ressort que la femme est même en amont de plusieurs sociétés secrètes pour ne pas dire l’ensemble.
«Il n’existe pas de société secrète où la femme ne joue ou n’occupe pas un rôle majeure» affirme l’Ambassadeur Yaï Olabiyi. «Quand on va questionner nos patrimoine, on se rend compte que la femme se trouve au centre ; elle est même le pilier» renchérit l’expert Richard Sogan du Bénin. «La femme est le chef d’orchestre» insiste-t-il.
Prenant le cas du masque Guèlèdè au Bénin, il informe que le masque le plus sacré de cette société est le «Ya» –masque de la femme-. De plus, dira-t-il, «la danse guèlèdè permet de solliciter le pardon de la femme». «Le guèlèdè est un hommage à nos mères, au principe féminin», confirme l’Ambassadeur Yaï Olabiyi. «Et sans ce principe féminin la vie n’existe pas» défend l’enseignant.
En Côte d’ivoire par exemple, apprend-t-on de l’expert Koni AKA, le Zaouili est parti de deux masques dont les créations ont été inspirées de la beauté extraordinaire d’une jeune fille. «C’est un hommage à la beauté féminine» informe-t-il. C’est d’ailleurs la preuve des couleurs vives sur le  masque Zaouili. A ses dires, une place de choix est accordée à la femme dans cette société de masque. Il y a même en Côte d’ivoire, une société secrète des femmes, à l’en croire.
C’est de même qu’à l’origine du Dogon au Mali, se trouve la femme, selon l’expert Cisse Lassana. Seulement, informe-t-il, les hommes, jaloux de cette découverte, ont exclu la femme. Mais il ne s’agit pas d’une exclusion entière, précise l’expert. Les femmes sont toujours impliquées dans les préparatifs des célébrations. Elles peuvent même devenir membres de société de masque en Côte d’Ivoire. Toutefois, les rituels comptent beaucoup d’interdits à cause du caractère sacré, et les femmes et enfants ne doivent pas accéder à tout lieu, d’après Cisse Lassana. 
En sommes et selon la réalité de son pays, l’expert burkinabé Léonce Ki, résume en ces termes : «La clé même de la tradition des masques, c’est la femme. Et elle reste très importante dans les sociétés de masque».

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