Accéder au contenu principal

«Jour J-0» sur ‘’Tous au Fitheb’’: Ainsi, il ne sera jamais 14 heures un dimanche


Tous les mercredis à partir de 18 heures dans la grande salle du Fitheb à Cotonou. Le rendez-vous ‘’Tous au Fitheb’’ reprend. La troisième saison a été lancée dans la soirée du mercredi 5 juin 2019 au siège du Festival international de théâtre du Bénin (FITHEB) à Cotonou. A l’ouverture, la pièce « Jour J-0 » du Burkinabé Lazare Minoungoun dans une mise en scène de Donatien Sodegla du Bénin.
Cécile veut quitter  la misère

14h. Une heure pas comme les autres. Une heure spéciale. Une heure de décollage. Dans la pièce « Jour J-0 » de Lazare Minoungoun jouée en ouverture de saison 3 de ‘’Tous au Fitheb’’, le vieux féticheur Zako a foi que cette 14ème fraction d’heure de la journée du dimanche prochain sera la mort de sa misère.
Après lecture de la lettre de son ami d’enfance dont il n’a plus les nouvelles depuis plusieurs années, il croit à un nouveau départ. C’est pour une vie de bonheur, une vie digne avec sa femme Cécile, car il va recevoir une grande personnalité qui va changer sa vie, un président.
C’est son espérance à la compréhension des mots de son ami. Mots qu’il ne cesse de relire avec joie et impatience. «J’espère que ton hospitalité sera à la hauteur de ma dignité […] de cravate […] de palais. Vu ma situation actuelle, il me sera difficile de me déplacer seul […] dimanche à 14 heures […] hospitalité ; dignité ; honneur ; palais »

Jamais 14h

Zako et son épouse suivent le journal 

Zako décide de réserver un accueil de rang présidentiel à son ami. Lui qui mangeait à peine avec sa femme, vide son patrimoine -le reste des économies de sa femme, ses bœufs et volailles- pour se donner les moyens d’aménager son salon, payer du vin, dresser le tapis rouge, investir pour une bonne présentation personnelle et de sa femme ce dimanche à 14 heures.
14h passées de quelques minutes le dimanche, alors que le couple s’impatientait de recevoir l’homme de son bonheur, Zako apprend dans le journal à la radio, un accident de route. La victime qui dit être en chemin pour rendre visite à son ami d’enfance Zako n’est qu’un mendiant aveugle… son « dimanche 14h » ne sera qu’une désillusion. Il deviendra plus misérable, s’il n’atteignait pas l’au-delà dans son évanouissement par le journal. Ce n’était pas la bonne voie pour son départ vers le bonheur 

Pauvre mais source de richesse

«Jour J-0» aborde une question de sociologie. Voilà un homme qui ne mange pas à sa fin mais se plie à quatre pour offrir à un hôte, un plaisir dont il s’est toujours privé avec sa femme, soit disant que c’est une personnalité qu’il va recevoir, son messie. Aussi, n’est-t-il pas rare de voir des personnes vivant dans la misère avoir une facilité à s’endetter pour enrichir des individus qui leur proposent le bonheur. Mais au bout du compte, «c’est dimanche 14h». «Nous sommes dans ça tout le temps » dira le metteur en scène Donatien Sodegla. Au-delà, « Jour J-0 » aborde aussi le quotidien en couple. Il est question de sensibilisation et de faire sortir des gens de certaines illusions. 

L’éducation au théâtre

Ce choix en ouverture de « Tous au Fitheb » n’est visiblement pas anodin. «Il faut qu’il –le public, ndlr- se retrouve dans ce que nous proposons » affirme le metteur qui, en plus du sujet, a fait l’option d’une représentation qui allie comédie, humour, chant et danse. C’est conformément à la logique de ‘’Tous au Fitheb’’ qui vise entre autres, à rapprocher le théâtre du public. «Tous au Fitheb, c’est une initiative du directeur du Fitheb, Erick-Hector Hounkpè, qui a senti le besoin de faire revenir le public en salle » explique Humbert Boko, coordonnateur de cette aventure qui a commencé depuis trois ans. « Tous au Fitheb » vise aussi à offrir gratuitement de l’espace de diffusion aux acteurs de théâtre et construire ensemble avec eux, le marché local.
La nouvelle saison se tiendra jusqu’en août prochain. Ce sera tous les mercredis à partir de 18 heures dans la grande salle du Fitheb à Cotonou. L’entrée est libre et gratuite.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Compétitions départementales Classes culturelles : Le CEG 1 Bohicon remporte le trophée en musique et en danse dans le Zou

L’étape du Zou, dans le cadre des compétitions départementales des classes culturelles au Bénin, s’est déroulée le samedi 11 octobre 2025 dans l’enceinte du Collège d’Enseignement Général (CEG) 1 Bohicon. À l’occasion, l’établissement hôte s’est imposé de la plus belle manière en remportant entre autres, les premiers trophées en musique et en danse. Neuf établissements abritant des classes culturelles dans le département du Zou étaient en lice dans quatre disciplines, à savoir arts plastiques, danse, théâtre et musique avec ses sous-composantes piano, guitare, instrument à vent (trompette) et batterie. Le CEG 1 Bohicon brille dans toutes les catégories  À l’issue des épreuves, les apprenants du CEG 1 Bohicon ont réalisé un véritable exploit.  C'est à cet établissement qu'est revenu le trophée de la musique. Ses apprenants dans la musique ont arraché le trophée musique et les premières places meilleur pianiste, batteur, trompettiste et guitariste. Ils ont également remporté le ...

Bénin : Félix Didolanvi, le premier chantre d’une génération

Depuis 1972, il est resté l’un des chantres au Bénin dont le talent fait l’unanimité et les messages objets d’évangélisation et de méditation, traversent les temps comme des prophéties. Félix Didolanvi alias Pêcheur des hommes, reste une vedette, compositeur-chanteur unique, pionnier d’une nouvelle ère de griots à ‘’Adjra-whé’’. Un tour dans ses mémoires. Pêcheur comme Pierre, Félix Didolanvi alias Pêcheur des hommes, connaitra le même sort que l’apôtre de Jésus. L’histoire que nous raconte le chantre de l’Eternel dans la matinée de ce jeudi 21 décembre 2017 en son domicile à Akpakpka Dododomey Enayon, révèle des similitudes avec celle du personnage biblique. Un jour, autour de l’an 1934, apparu dans le grand cercle familial Didolanvi du quartier Sokomey à Porto-Novo, le petit Félix qui deviendra ce chantre phénix. Il est apparu dans une grande cour -‘’Adjra-whé’’-, de griots, où la muse a la particularité d’être beaucoup plus au service des invectives et règlements de compte....

Note de lecture : Yèmi ou le miracle de l’amour de Adélaïde Fassinou (Roman de jeunesse -version revue et corrigée-, Bénin, Star Editions, 2014, 147)

Romancière, nouvelliste et poète, avec une abondante production à son actif, Adélaïde Fassinou refait surface avec une version entièrement revue et corrigée de son œuvre, Yèmi ou le miracle de l’amour, un roman de jeunesse, qui a été publié pour la première fois aux Editions du Flamboyant au Bénin, en l’an 2000, et pour une deuxième fois, à Star Editions, en 2014, quelques mois avant son roman Le Journal d’Esclamonde, publié par Les Editions Plurielles en Janvier 2015, Bénin. Lecture et analyse Ce roman dont les actions se déroulent à la fois dans le village de Sêtin et dans la ville de Cotonou, parle d’une gamine villageoise de onze ans, se prénommant Yèmi, aux prises avec sa destinée. Issue de parents très pauvres et vivant dans des conditions les plus misérables, Yèmi doit désormais son salut de jeune fille éduquée, et, plus tard, de femme accomplie à la famille Koumi. Le destin a voulu   que Yèmi quitte la misère du village pour une famille adoptive à Cotonou, où el...