L’expert béninois en Patrimoine culturel immatériel (PCI) et président de l’Ong Towara, Marcel Zounon, est rentré à Cotonou vendredi 4 avril 2025 après un séjour de 10 jours en Europe. Face à la presse dans la matinée du lundi 07 avril dernier au siège de Towara à Cotonou, il a fait le point des retombées de sa participation à différentes rencontres internationales autour du PCI.
« Sur les trois éléments annoncés à notre départ, on a pu effectivement faire les trois rencontres ». Marcel Zounon, non seulement n’a rien raté de son agenda annoncé à la presse quelques jours avant son voyage du 14 mars au 4 avril 2025 en Europe, mais surtout revient avec de bonnes nouvelles relatives à la promotion du patrimoine culturel immatériel pour le développement durable. C’est du moins ce qu’on retient de son point aux médias lors de sa conférence de presse au siège de Towara lundi dernier.
Feridama, une édition internationale en décembre 2025
« La première rencontre a débouché sur un programme qui est en train d’être concocté pour Feridama 2025 », a informé Marcel Zounon. Cette rencontre qu’il a eue avec les membres de l’Association Culture et tradition en France s’est soldée par des propositions au sujet de la 16ème édition du Festival des rituels et des danses masquées (Feridama) qui aura lieu entre le 17 et le 22 décembre 2025. Cette édition aura une ouverture internationale.
Elle connaitra la participation d’une délégation du CIOFF France et une forte délégation du festival de Gannat -" les cultures du monde", ndlr- qui sera à sa 51ème édition en juillet 2025. Mieux, le festival recevra en tête d’affiche les masques Touloulous avec l'Observatoire du carnaval Guyanais que préside professeur Monique Bleard. Il y aura aussi des masques de la Côte d’Ivoire et du Burkina Fasso. Pour Feridama 2025, Towara aura aussi des programmes avec l’Institut français et l’Université d’Abomey-Calavi.
Renforcement de la représentativité de l’Afrique au CIOFF international
« La deuxième rencontre nous a permis de faire écouter à nouveau la voie de l’Afrique et obtenir auprès de nos pairs deux représentants au sein du Conseil exécutif du Conseil international des organisations de festival de folklore et d’arts traditionnel (CIOFF). », rend compte Marcel Zounon. C’était à Ljubljana en Slovénie où a eu lieu plusieurs rencontres des experts membres du Conseil exécutif du CIOFF international. Marcel Zounon y était en qualité du seul représentant du secteur Afrique.
Les experts, réunis en commission ou par secteur, ont fait le point de ce que représente la mise en œuvre du patrimoine culturel immatériel dans les différentes régions du monde, à en croire Marcel Zounon. « Nous, nous avons parlé de ce qui se passe au Bénin puisque nous avons eu la chance de vivre cette belle fête du vodun days et certains festivals qui s’appuient sur le patrimoine culturel ; nous-mêmes nous sommes organisateurs d’un festival de masques ; nous avons parlé également des festivals de nos amis qui nous envoyé leurs rapports du côté du Maroc, Cameroun, Togo, Ouganda, etc. », a-t-il rapporté à la presse.
Il y a eu également des rencontres de renforcement de capacité et des immersions sur des sites. Les slovènes ont montré comment le patrimoine culturel peut servir à faire la promotion de la destination d’un pays. « Le tourisme doit se servir du patrimoine culturel comme produit. C’est ce que fait aujourd’hui tout doucement le Bénin. Le programme de développement culturel de nos pays doit servir de vendre notre destination, de faire rayonner notre pays », affirme-t-il.
Mieux organiser le CIOFF Bénin et la section Afrique
« La troisième rencontre nous a donné des idées pour qu’ensemble on puisse revoir l’organisation du CIOFF au Bénin et dans toute l’Afrique », a indiqué l’expert béninois. Le 29 mars 2025 à Romans-sur-Isère en France, les experts ont pris exemple sur les CIOFF France et Espagne pour réfléchir au sujet de la structuration ou la redynamisation de tous les autres démembrements pays ou continentaux du CIOFF international. « Nous allons réorganiser le CIOFF Bénin pour qu’on puisse mettre ensemble tous ceux qui organisent des festivals ou même des universitaires ou des communautés qui travaillent dans le sens de la promotion et de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel pour avoir un CIOFF Bénin compétitif et puissant », annonce Marcel Zounon.
Pour lui, il est nécessaire de réorganiser le CIOF Bénin pour en faire une machine de développement et inciter les autres pays africains à faire de même. « Nous devons travailler de manière à ce que le patrimoine culturel africain puisse être pris en compte dans tous les programmes et projets de développement. Nous allons travailler de manière à ce que nos Etats puissent, effectivement dans la ligne tracée par les Nations-Unies, aller vers le développement durable par la culture et le patrimoine. La culture et le patrimoine peuvent permettre d’atteindre les Objectifs du développement durable (ODD) » défend l’expert béninois au CIOF international, Marcel Zounon.


Commentaires
Enregistrer un commentaire