Un pôle de recherche sur le langage voit le jour au Bénin. Le Centre d’Observations du Discours pour l’Éducation, Le CODE, inauguré le dimanche 28 décembre 2025 à Ouèdo, ambitionne d’explorer les discours contemporains et leurs impacts sociaux, culturels et éducatifs.
Le Centre d’Observations du Discours pour l’Éducation, Le CODE, a officiellement ouvert ses portes à Ouèdo, dans la commune d’Abomey-Calavi, à proximité de l’école primaire publique d’Adjagbo, dans le département de l’Atlantique. L’inauguration, intervenue dans l’après-midi du dimanche 28 décembre 2025, a réuni des personnalités issues des milieux universitaire, littéraire, intellectuel et artistique du Bénin, venues témoigner de leur intérêt pour cet espace à vocation culturelle, scientifique et sociale, initié par le professeur Pascal Okri TOSSOU.
A l’occasion de la cérémonie inaugurale, Dr Moïse MANGBONDÉ a présenté les fondements et les ambitions de la nouvelle structure devant un parterre d’invités attentifs. « Le CODE est une structure autonome destinée à l’étude et à l’analyse des phénomènes discursifs contemporains. C'est un pôle de recherche sur les usages sociaux, esthétiques et pragmatiques du langage. C'est un espace d’études et de réflexion sur le discours sous toutes ses formes », a-t-il annoncé.
« Le CODE se veut un espace pour lire, écouter, interpréter et édifier à partir des faits du langage, dans une approche de médiation », avec son slogan « Observer, Comprendre, Partager ». Il s’agit « de faire du langage un outil conscient d’intégration interhumaine, de transformation et de pacification sociales ».
Une ambition scientifique et pédagogique affirmée
Dr Moïse MANGBONDÉ a précisé que le CODE entend analyser les faits discursifs à travers une approche praxématique et interdisciplinaire. Le centre ambitionne également de promouvoir la recherche sur les discours littéraires, artistiques, médiatiques et politiques ; d’organiser des ateliers sur l’analyse du discours, l’écriture littéraire, la communication scientifique et les pratiques du langage ; et de favoriser l’émergence de jeunes chercheurs, tout en soutenant des travaux originaux sur le langage et le discours.
Des activités ouvertes à un large public
Pour concrétiser ses objectifs, le centre met en place un programme d’activités varié, comprenant des ateliers, des séminaires, des formations et des groupes de recherche. Ces activités sont ouvertes aux étudiants, aux chercheurs, aux professionnels et aux passionnés du langage. Le CODE envisage également des formations spécifiques à la prise de parole, à l’analyse du discours et à la rédaction de différents types de textes, ainsi que des ateliers de lecture, d’écriture et de critique discursive. A ces initiatives s’ajoutent des prestations artistiques, culturelles et socio-éducatives, traduisant la volonté du centre de rester en interaction permanente avec la société.
La discorpographie, un projet initial
L’inauguration a également été marquée par la présentation du projet inaugural du CODE, autour duquel le promoteur appelle à une dynamique collective. Intitulé « La discorpographie », ce projet constitue l’un des deux grands axes d’un outil théorique développé depuis 2015 par le professeur Pascal Okri TOSSOU sous le nom de corpologie, selon les explications de Dr Séverin AKÉRÉKORO, membre de l’équipe du centre.
Le projet porte sur l’étude de la corpographie littéraire, entendue comme l’analyse des inscriptions du corps dans la création littéraire. Toutefois, la perspective du projet « La discorpographie » dépasse le cadre strictement littéraire pour intégrer d’autres formes d’expression artistique et médiatique, notamment le cinéma, la peinture, la sculpture et le discours web 2.0.
« C'est sur cette route de la découverte de l'écriture et de la figuration du corps que nous sommes. Et il le sera par le théâtre, il le sera par la danse, il le sera par les romans, il le sera par tout apport sémiotique… », affirme l’auteur de l’outil. Professeur Pascal Okri TOSSOU souhaite que ce chantier évolue vers un ouvrage collectif, porté par une communauté de chercheurs et de créateurs.
Un centre déjà perçu comme source d’inspiration
L’ouverture du CODE a suscité de nombreuses réactions positives parmi les participants, qui ont exprimé leur engagement à accompagner cette initiative. Professeur Bienvenu Goudjo, tout premier responsable du département des Lettres modernes de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), a salué la création de ce centre mis à la disposition de la communauté universitaire et intellectuelle. Selon lui, le CODE invite à une démarche qui dépasse les dimensions physique et intellectuelle pour toucher au spirituel.
« Ce centre qui a plusieurs aspects mérite qu'on lui donne sa pluridisciplinarité ; le CODE inspire déjà plus d’un et inspirera encore davantage », affirme-t-il. Il a également souhaité que le centre devienne un espace de rayonnement multidimensionnel, capable d’éduquer, d’épanouir et de contribuer durablement à la formation de plusieurs générations.
Dans le même élan, Professeur Raphaël YEBOU a livré un témoignage empreint de symbolisme et d’émotion sur la portée du projet. « Je suis particulièrement heureux de découvrir cet espace où le CODE s'impose. Nous en avons besoin. C'est pour nous, c'est pour la postérité. Que ce CODE anime nos veines, réanime nos esprits. Ce CODE, c'est pour l'esprit. C'est un travail immense. Que ce CODE nous guide. »
Blaise Ahouansè







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