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Spectacle de danse « Iya-Alatchè » : une célébration de la femme au/du pouvoir et sa résilience

 


Dans la soirée du jeudi 26 mars 2026 à Cotonou, le siège du Conseil national des organisations d’artistes (CNOA) du Bénin, a vibré au rythme d’une création scénique hors du commun. Towara-Bénin a présenté la première de « Iya-Alatchè », coordonnée par Marcel Zounon. Une création d’une heure, qui traverse le temps et l’espace, du Nigéria au Bénin, et rend hommage à la femme et à son pouvoir résilient à travers un subtil mélange de traditions et de modernité.


19h45 ce jeudi soir au siège du CNOA à Cotonou. Le noir enveloppe la grande salle en réfection avancée de l'ex Ciné vogue ou du défunt Festival international de théâtre du Bénin (FITHEB). Le public retient son souffle. Une lueur apparaît sur une jeune chorégraphe en blanc sur noir, qui, par ses mouvements et son balai, prépare l’arrivée d’une figure mystérieuse. Une créature blanche et brillante dépose un trône sacré, au cœur d’un décor inspiré des quatre éléments fondamentaux de la nature : la terre, l’eau, le feu et l'air. Le spectacle commence. « Iya-Alachè ».


De la recherche ethnoculturelle à la scène


Towara-Bénin et ses collaborateurs nous embarquent pour une heure d'une création de recherche. Le projet, financé par le Fonds de développement des arts et de la culture (FDAC/ADAC), s’appuie sur un long travail de recherche ethnoculturelle inspirée et coordonnée par Marcel Zounon. « Iya-Alatchè, c’est la femme du pouvoir. C'est la femme au pouvoir», avait-il indiqué avant le spectacle.

Partie sur les traces de la mère Iya Alachè, la création explore le Nigéria et le sud-est du Bénin notamment au village Ofia, près de 9 kilomètres de Kétou, où est apparue pour la première fois cette femme détentrice de la pratique des masques Gèlèdè.

Les investigations ont permis de retracer et de rendre compte dans ce spectacle de l’évolution de la femme au pouvoir, de la tradition à nos sociétés modernes, en démontrant que la femme a toujours eu et exercé un pouvoir prédominant dans toutes les communautés de rites et que son influence n’a jamais été ébranlée au fil de la modernité. « Dans nos recherches et dans la création, nous avons tracé une ligne pour montrer comment Iya-Alachè, de la tradition à la modernité,  a survécu », explique Marcel Zounon.


La puissance féminine au fil des communautés


Selon le coordinateur, peu importe la communauté, le pouvoir féminin est constant. « On a tendance à montrer que dans nos sociétés patrimoniales, les femmes jouent toujours un deuxième rôle. Mais en revisitant les communautés détentrices de nos pratiques culturo-spirituelles, nous avons constaté que la femme joue souvent un rôle prépondérant. Elle intervient dans de nombreux rites et cultes et occupe un rôle central dans l’organisation sociale. »  relate le coordonnateur du projet. 


Diverses appellations, un pouvoir universel


Les appellations varient selon les régions. Iyaagan à Ifagni et Sakété, Iyailou à Pobé, Iyalodé, etc. Dans tous les cas, elle détient un pouvoir spirituel, social et culturel intact. « Toutes ces appellations indiquent que la femme a un pouvoir bivalent sur tout ce qui bouge dans nos communautés», souligne Marcel Zounon.


Une scénographie mêlant tradition et modernité


La scène qui rend compte de cette réalité, dans une mise en scène signée de Duzard Fandohan, vibre d’un mélange audacieux de danses traditionnelles et contemporaines, soutenues par une fusion de musiques modernes et ancestrales. Sous la supervision du maître chorégraphe Coffin Adolphe Alladé, chants, danses et costumes évoquent différentes cultures béninoises – Nago, Adja, Fon, Goun – et divinités dont Sakpata, Hêviosso, Ogou, Mami… La scénographie, centrée sur les quatre éléments fondamentaux magnifie la puissance symbolique de la femme. Les mouvements interrogent également les danses urbaines et acrobatiques, créant un dialogue entre héritage ancestral et modernité.



Une synthèse culturelle et un hommage


« Iya-Alatchè » dépasse le simple spectacle : c’est une célébration de la richesse culturelle et de l’identité béninoise. Chaque geste, rythme, parole et costume célèbre la femme et son pouvoir, rappelant qu’elle est au cœur du patrimoine africain.

Towara-Bénin prévoit de poursuivre le projet en fonction des retours de cette première, avant de lancer des tournées nationales, régionales et internationales. Ce spectacle mérite un soutien accru ainsi qu'une diffusion plus large.


Blaise Ahouansè

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