Accéder au contenu principal

Recherche universitaire : Le CODE, un allié des étudiants face aux obstacles (L’expérience de Abdias Tossou-Aboh à la rencontre autour de La Pièce d'or)

Abdias Tossou-Aboh, étudiant en 3e année de lettres modernes à l'Université d'Abomey-Calavi (UAC), confronté à des obstacles dans ses recherches, trouve des solutions au détour d'une rencontre littéraire au Centre d’Observations du Discours pour l’Éducation (CODE), à Houèdo. Désormais, Abdias entend y revenir régulièrement pour explorer le riche et dense fonds documentaire mis à disposition.



Le Centre d’Observations du Discours pour l’Éducation (CODE), en collaboration avec la section Atlantique Sud de l’Association des professeurs de français du Bénin, a organisé, le samedi 18 avril 2026, une rencontre littéraire autour du roman La Pièce d'or de Ken Bugul, inscrit au programme des classes de terminale.

Étudiant en 3e année de lettres modernes à l'UAC, Abdias Tossou-Aboh n'était peut-être pas la cible principale de cet événement, mais il se considère comme l’un des plus grands bénéficiaires à l’issue de la rencontre. Informé par son camarade Christian Oluwatcheoun Elegbede, il y a vu une opportunité à saisir. « Mon rapport de recherche porte sur le livre La Pièce d'or. Donc, c’est un intérêt personnel pour moi. Je me suis présenté », raconte-t-il.


Un éclairage scientifique approfondi sur l'œuvre 


La séance a été marquée par une présentation de l’œuvre par Martinien Houinton, professeur de français au Collège d’enseignement général (CEG) Agassa-Godomey. Dans sa communication, il s’est d’abord intéressé à la vie de Ken Bugul et à ses publications, avant d’aborder La Pièce d’or à travers sa structure, son résumé, ses personnages, ses thèmes, sa portée et son registre littéraires.

Dans ce roman de 21 chapitres, l’auteure sénégalaise, grande figure de la littérature africaine, replonge sa plume dans la période post-indépendances, marquée par le désenchantement, la misère et l’errance des peuples africains face à de nouveaux dirigeants égoïstes et assoiffés de pouvoir, aggravant les conditions de vie des populations.

« Si elle revient sur cette thématique aujourd’hui, alors que nous sommes à l’ère de nouvelles perspectives, c’est pour nous signifier que le bas peuple vit toujours le désespoir et la misère face à une classe politique opulente et autocratique », explique le présentateur. « Le lecteur du roman peut noter qu’à travers ses personnages, Ken Bugul s’adresse à chaque Africain. Elle lance un appel à l’Afrique pour prendre son destin en main, se réapproprier son passé, travailler le présent et mieux préparer l’avenir, dans la perspective d’un espoir permis. », conclut Martinien Houinton.

Son exposé a été suivi d’échanges entre étudiants, enseignants, inspecteurs de l’enseignement et hommes de lettres.


Des acquis concrets pour les étudiants


À terme, l’étudiant Abdias Tossou-Aboh se dit enrichi par cette expérience. « Je n’ai pas été déçu », affirme-t-il. Il reconnaît que la présentation et les échanges ont mis en lumière plusieurs aspects qu’il ne connaissait pas et l’ont éclairé sur certains points de son travail. « J’avais des prérequis sur ce livre, mais en venant ici, j’ai découvert d’autres éléments que je n’avais pas vus. J’ai eu l’occasion de poser des questions qui me bloquaient dans mon travail. J’ai obtenu des réponses. J’ai pris bonne note de beaucoup de choses que je peux exploiter dans mes recherches. Cela va beaucoup m’aider. Je remercie beaucoup le CODE pour cet événement », témoigne l’étudiant.

Son camarade, qui l’a informé de la rencontre, partage le même avis. « C’est vrai que j’ai étudié l’ouvrage plusieurs fois, mais cette séance m’a permis de mieux appréhender certains contours de l’œuvre, certaines thématiques et des aspects auxquels je n’avais pas prêté attention auparavant. J’ai beaucoup appris aujourd’hui », affirme Christian Oluwatcheoun Elegbede, lui aussi étudiant en 3e année de lettres modernes à l’UAC. « J’ai beaucoup aimé la rencontre ; j’ai appris énormément. Par exemple, j’ai retenu des éléments sur le fantastique dans cette œuvre de Ken Bugul. Je n’avais jamais prêté attention à certaines particularités, notamment le lien de l’auteure avec le Bénin. Maintenant, je sais que Ken Bugul a vécu au Bénin et qu’elle a eu un mari médecin béninois », ajoute-t-il.


Un appel à la jeunesse estudiantine


Les deux étudiants invitent leurs camarades à ne pas manquer les prochaines activités du centre. « À mes camarades, je dirais de ne pas rater les événements littéraires, surtout lorsqu’ils portent sur le discours, l’éducation et la culture. Cela aide », lance Abdias Tossou-Aboh.

La prochaine rencontre au CODE est prévue pour le vendredi 1er mai 2026 autour de l’ouvrage Pèlerins d'espérance dans le silence et la contemplation de l’abbé Raymond Bernard Goudjo. Mais Abdias Tossou-Aboh et ses camarades n’attendront pas cette date pour revenir. À la fin de la séance, ils ont visité les ressources documentaires du centre et souhaitent désormais en faire un véritable outil de recherche.

Le professeur Pascal Okri Tossou, promoteur du CODE, leur en ouvre largement les portes et les invite à en profiter pleinement. C’est d’ailleurs toute la raison d’être du centre. Le CODE se positionne comme un pôle de recherche, un espace d’études et de réflexion, avec pour ambition, entre autres, de promouvoir la recherche et de « favoriser l’émergence de jeunes chercheurs, tout en soutenant des travaux originaux ».


Blaise Ahouansè

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Compétitions départementales Classes culturelles : Le CEG 1 Bohicon remporte le trophée en musique et en danse dans le Zou

L’étape du Zou, dans le cadre des compétitions départementales des classes culturelles au Bénin, s’est déroulée le samedi 11 octobre 2025 dans l’enceinte du Collège d’Enseignement Général (CEG) 1 Bohicon. À l’occasion, l’établissement hôte s’est imposé de la plus belle manière en remportant entre autres, les premiers trophées en musique et en danse. Neuf établissements abritant des classes culturelles dans le département du Zou étaient en lice dans quatre disciplines, à savoir arts plastiques, danse, théâtre et musique avec ses sous-composantes piano, guitare, instrument à vent (trompette) et batterie. Le CEG 1 Bohicon brille dans toutes les catégories  À l’issue des épreuves, les apprenants du CEG 1 Bohicon ont réalisé un véritable exploit.  C'est à cet établissement qu'est revenu le trophée de la musique. Ses apprenants dans la musique ont arraché le trophée musique et les premières places meilleur pianiste, batteur, trompettiste et guitariste. Ils ont également remporté le ...

Bénin : Félix Didolanvi, le premier chantre d’une génération

Depuis 1972, il est resté l’un des chantres au Bénin dont le talent fait l’unanimité et les messages objets d’évangélisation et de méditation, traversent les temps comme des prophéties. Félix Didolanvi alias Pêcheur des hommes, reste une vedette, compositeur-chanteur unique, pionnier d’une nouvelle ère de griots à ‘’Adjra-whé’’. Un tour dans ses mémoires. Pêcheur comme Pierre, Félix Didolanvi alias Pêcheur des hommes, connaitra le même sort que l’apôtre de Jésus. L’histoire que nous raconte le chantre de l’Eternel dans la matinée de ce jeudi 21 décembre 2017 en son domicile à Akpakpka Dododomey Enayon, révèle des similitudes avec celle du personnage biblique. Un jour, autour de l’an 1934, apparu dans le grand cercle familial Didolanvi du quartier Sokomey à Porto-Novo, le petit Félix qui deviendra ce chantre phénix. Il est apparu dans une grande cour -‘’Adjra-whé’’-, de griots, où la muse a la particularité d’être beaucoup plus au service des invectives et règlements de compte....

Note de lecture : Yèmi ou le miracle de l’amour de Adélaïde Fassinou (Roman de jeunesse -version revue et corrigée-, Bénin, Star Editions, 2014, 147)

Romancière, nouvelliste et poète, avec une abondante production à son actif, Adélaïde Fassinou refait surface avec une version entièrement revue et corrigée de son œuvre, Yèmi ou le miracle de l’amour, un roman de jeunesse, qui a été publié pour la première fois aux Editions du Flamboyant au Bénin, en l’an 2000, et pour une deuxième fois, à Star Editions, en 2014, quelques mois avant son roman Le Journal d’Esclamonde, publié par Les Editions Plurielles en Janvier 2015, Bénin. Lecture et analyse Ce roman dont les actions se déroulent à la fois dans le village de Sêtin et dans la ville de Cotonou, parle d’une gamine villageoise de onze ans, se prénommant Yèmi, aux prises avec sa destinée. Issue de parents très pauvres et vivant dans des conditions les plus misérables, Yèmi doit désormais son salut de jeune fille éduquée, et, plus tard, de femme accomplie à la famille Koumi. Le destin a voulu   que Yèmi quitte la misère du village pour une famille adoptive à Cotonou, où el...