Après une quinzaine de poèmes portant ses griffes dans le
recueil «Anxiolytique, Anthologie de la poésie féminine béninoise» de
l’écrivain Daté Atavito Barnabé-Akayi en 2013, Carmen Toudonou vient de publier
son premier ouvrage. «Presqu’une vie». Un roman paru aux Editions Plumes Soleil.
Le récit d’une vie forcée au vodoun ; réflexion sur la religion ‘’traditionnelle’’
que ‘’moderne’’ et sur la condition de la Femme en Afrique. L’œuvre a été lancée
mardi 22 juillet dernier dans la salle
de conférence du Cncb à Cotonou.
Le 22 juillet 2014 ce fut une
double célébration pour la journaliste, reporter-présentatrice à l’Office de
Radiodiffusion et Télévision du Bénin (Ortb), Carmen Fifamè Toudonou. C’est ce
jour où, elle soufflait une bougie de plus, qu’elle a choisi pour présenter au
public béninois ce qui lui permet d’entrer dans le cercle des romanciers et
dans celui restreint des auteures d’origine béninoise ; «ce qui lui accorde le visa d'entrer dans le landerneau des écrivains
béninois», écrit le
professeur et écrivain Apollinaire
Agbazahou dans la postface du livre. Et ce, de la plus belle manière.
Car, il s’agit d’un roman, le genre littéraire par excellence. «Presqu’une vie»
est l’intitulé de ce livre. Il est paru cette année aux Editions Plumes Soleil.
La fête s’est déroulée au Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb) en
présence notamment d’amoureux des lettres et d’autres personnalités politiques
et de l’armée béninoise.
«Presqu’une vie» et la
société africaine
«Presqu’une vie», c’est une partie de la vie dans la
société africaine que l’auteure reproduit entre les lignes des 205 pages de
l’ouvrage. «Lissez les 10 premières pages du livre, vous allez voir se créer
autour de vous des êtres, des familles, une société.» témoigne l’ex- ministre
de la Culture, Gaston Zossou. Par ce livre, reconnaît le présentateur, Carmen
Toudonou a le mérite de susciter des réflexions sur des problèmes de notre
société. «Presqu’une vie» apprend-t-il, c’est l’histoire d’une fille au village
dans une famille modeste. A l’école, après le Cep et le Bepc, elle allait
monter à l’assaut du Baccalauréat quand elle a été victime d’enlèvement par
l’épiscopat païen. Le père, la mère et les frères qui devraient la défendre et la
sauver, sont restés silencieux. Le complot est total. Ce livre, d’après l’écrivain
Gaston Zosou, suscite la nécessité de faire l’inventaire du patrimoine béninois
pour découvrir ce qui est positif pour être préservé, et ce qui ne l’est pas,
qu’il faut bannir. «Il suscite un regard sans complaisance des choses de chez
nous». Carmen Toudonou porte également ce regard sur la religion dite ‘’moderne’’
et conduit le lecteur à la réflexion sur l’Eglise. Ici, elle ouvre une brèche
de critique sur la l’Eglise. Puis, pose la problématique de liens entre religion
et scolarisation des enfants, leur formation professionnelle et la vie de la
Femme.
Une plume plaideuse…
Partant de l’histoire de cette fille, «Presqu’une vie»
est aussi dédiée à la femme. L’auteure défend la gente féminine. Elle plaide
pour une société de droit, de justice et d’équité qui offre à la Femme les
conditions pour son plein épanouissement. Car, elle écrit aussi pour se
réinventer, recréer son monde, pour être porte-voix des sans- voix. En effet,
d’après Florent Eustache Hessou dans sa présentation de l’auteure, Carmen
Toudonou est cette femme qui a connu des difficultés de ce monde, des
injustices du monde, des atrocités de la vie. Mais qui a su s’en sortir parce
que toujours armée de courage. Toudonou, comme l’indique son nom, elle est
cette femme courageuse qui sait faire face aux difficultés et les vaincre.
… et belle comme
Carmen
Pour le style, les présentateurs Gaston Zossou et Florent
E. Hessou tout comme tous ceux qui ont déjà lu le livre témoignent de ce qu’il
s’agit d’une écriture d’une douée. «De l’écriture tissée. On sent l’écriture
d’une connaisseuse qui fait semblant de ne pas connaître.» dira Florent Hessou.
Il ajoute, «Elle est belle, la plume de Carmen. Elle a le secret de l’écriture».
Cette écriture n’est rien d’autre que la personne de l’auteure qui prend
toujours soin de son corps. Dauphine du Concours miss, Carmen Fifamè Toudonou est
une beauté physique et intellectuelle. Beauté qu’elle a imprimée à son roman. Ceci
est le fruit d’un travail minutieux conduit depuis 2002 avec beaucoup de
sérieux et de rigueur comme elle le fait partout où elle intervient. «Carmen
s’impose par son travail. C’est pourquoi je l’ai proposée pour diriger
l’antenne Ortb à Porto-Novo» témoigne la Directrice de la Radio nationale Pascaline
Ahoulihoua, fière de sa ‘’fille’’ tout comme Adélaïde Fassinou, Présidente de
l’Association Plumes Amazones dont Carmen est la vice-présidente. Ce sont là, des
qualités qui dénotent la femme scientifique qu’est l’auteure. Elle a entamé ses
études supérieures avec un Bac C et est aujourd’hui titulaire d’un Master en
journalisme et d’une licence en gestion.
«Presqu’une vie», c’est une grande œuvre, de dextérité.
Si elle persévère, elle va nous donner un nom, elle va décrocher un grand prix.
Le potentiel est immense.» conclut Gaston Zossou.
Bon vent à «Presqu’une vie» à qui Adélaïde Fassinou
souhaite toute une vie entière merveilleuse. L’œuvre est disponible dans les
librairies de la place au prix de 5000F Cfa. Les lecteurs peuvent déjà s’en
procurer et le lire en attendant les deux prochaines publications de Carmen
Toudonou. Ce sont, «La grande bleue» (recueil de nouvelles) et «Carmenades
(recueil de poèmes) déjà prêts et n’attendant que du financement pour être
édités.
Blaise Ahouansè
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