Entre
la volonté affichée des autorités du ministère de la culture et des acteurs
culturels du Bénin à travailler au repositionnement du Fitheb sur l’échiquier
international et la mise en œuvre des réformes décidées à cet effet, il s’est
révélé depuis peu, un grand fossé qui, avec les derniers développements, se
creuse davantage et n’inspire pas espoir.
Le Festival
international de théâtre du Bénin (Fitheb) est-il un événement né pour ne
jamais grandir mais plutôt pour toujours échouer surtout quand il s’agit de
faire des réformes pour son repositionnement ? Deux décennies passées mais
que de surplace pour ne pas dire de recul. Fouillant un peu l’histoire de ce
Festival, rien n’a pratiquement bougé vers l’avant. Elle est marquée en grande
partie, de malheureuses traces. Et chaque fois, qu’une équipe directrice, avec
l’aval de l’Etat à travers le ministère de la culture, annonce une
réorganisation, c’est toujours le fiasco à la fin. Dans la vie de ce festival
depuis 22 ans, ‘’Maturité’’ et ‘’Renaissance’’ n’ont été que de vains mots. Pis,
chaque fois qu’on parle de renaissance pour le festival, on se rend compte qu’à
la fin, tout a été réuni pour le plonger davantage dans la boue.
Mais
nous voici encore dans un contexte de réformes du festival depuis plus d’un an,
où, et autorités administratives, et hommes de théâtre ont reconnu qu’il faut
maintenant s’asseoir, réfléchir à fond, pour sortir une fois pour de bon, ce
festival de cette boue. Certes l’histoire ne se répète pas dit-on mais les
événements qui se succèdent depuis la manifestation de cette volonté
inquiètent. Ils sont d’ailleurs les raisons qui sous-tendent notre
interrogation de savoir si le Fitheb est voué à l’échec pour l’éternité.
Les réformes et la ‘’très belle pagaille’’…
Le
financement pour la prochaine édition annoncée comme celle de grandes
réorientations et de repositionnement du festival suscite déjà beaucoup d’interrogations
n’ont encore levées jusqu'à moins de trois mois de la seconde date retenue. Mais
en réalité, au-delà de l’édition déjà là, c’est le futur du festival qui est en
jeu. Lequel futur est conditionné à la conduite et à la réussite ou non des
réformes engagées depuis peu. On se rappelle encore qu’avant et après les fameuses
journées de réflexion des 6 et 7 juin 2013 à Grand-Popo, il y a eu des
contestations sur certains points des réformes. Déjà, le rapport final n’a pas
fait l’unanimité. Aujourd’hui, à peine il fallait mettre en œuvre les
conclusions, et ça y est. Bonjour la ‘’pagaille’’. C’est le mot qu’eux-mêmes,
les hommes de théâtre, ont trouvé juste pour désigner ce qui se passe
actuellement dont une mise en scène s’est produite vendredi 12 septembre dernier au ministère de
la culture alors que l’élection des représentants professionnels du théâtre au
sein du Conseil d’administration (Ca) du Fitheb devrait se tenir. ‘’Une très
belle pagaille’’, a même ironisé un des célèbres comédiens de la place.
Cette
pagaille, c’est depuis les premières heures desdites réformes, à divers niveaux.
Il se fait que curieusement, même des acteurs qui étaient à Grand-Popo et qui
ont poursuivi les travaux à Cotonou, ne parlent plus le même langage. Puisque
c’est maintenant que chacun use de ses compétences linguistiques pour
interpréter à sa manière les textes. C’est maintenant que beaucoup donnent de
la voix pour dénoncer tel ou tel processus de mise en œuvre des réformes. Ils
sont nombreux aujourd’hui a estimé que les textes sont biaisés et qu’ils ont été
pris avec des acteurs qui ne sont pas de vrais professionnels du théâtre. Sans
pour autant défendre le ministère de la culture qu’ils accusent, -qui
d’ailleurs est composé plus de politiques-, ceux là qui protestent aujourd’hui,
sont en majorité, victimes de leur politique de chaise vide. Puisque chaque
fois qu’ils constatent que le ministère n’est pas sur le même diapason qu’eux,
bon nombre parmi eux préfèrent jeter l’éponge au lieu de contraindre les
administratifs à prendre en compte leurs positions. Du coup, leurs places dans
les débats de décision sont occupées par des gens qui en réalité ne devraient
pas. Le ministère lui, s’en préoccupe peu, pourvu que ses visions passent. Mais
le revers, c’est que ce sont ces professionnels qui subissent les conséquences
de ce qui a été décidé dans les bureaux en leur nom. C’est justement, l’un des
problèmes soulevé ce 12 septembre 2014 avec ce décret N°2013-547 du 30 décembre 2013 portant création, attribution, organisation
et fonctionnement du Fitheb, querellé.
…Pour quel Conseil d’administration ?
Ce qui
inquiète surtout, c’est que le mauvais départ s’observe aujourd’hui autour de
la mise en place du Ca/Fitheb qui est quand même le poumon de la vie du Fitheb.
Pour que les réformes portent vraiment leurs fruits, il faut un Ca engagé dans
la vision. Mais déjà que les acteurs culturels sont minoritaires au sein de ce
Conseil d’administration, si cette minorité doit être constituée en majorité de
gens qui n’ont pas une parfaite maîtrise du secteur, ou qui ne maîtrisent pas
les enjeux des présentes réformes, ce sera encore du fiasco. Et même au-delà,
que ça soit dans le rang de ceux qui se réclament professionnels tout comme de
ceux accusés de novices des enjeux, il y a une forte guerre des intérêts qui
est d’ailleurs la chose qui pèse plus en défaveur de la renaissance du Fitheb. Du
coup, ce Conseil d’administration va tout défendre sauf les intérêts réels du
théâtre béninois. Alors, le festival risque de sombrer encore pendant les
quatre ans que vont siéger les nouveaux administrateurs, voir plus. Vivement
que dans la suite de l’actualité, les uns et les autres arrivent à s’entendre
et que le sort du Fitheb à travers le Ca soit décidé par de vrais
professionnels du milieu. Maintenant, si à leur tour, ils en font aussi un
gâteau à partager et jeter le plat, l’on saura que c’est le destin de ce
festival.
Blaise Ahouansè
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