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Fitheb 2014: Hommage au roi Béhanzin (108 ans déjà)



Le roi assis contemplant les pas de danse de son peuple
Les éléments du Conservatoire de danse royale et cérémoniale d’Abomey se sont illustrés mardi dernier au Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) par un spectacle intitulé «Les danses de rêve du roi Béhanzin». Visite des danses royales et hommage au Roi Béhanzin décédé il y a 108 ans, hier 10 décembre 2014.

Au siège du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) qui se déroule depuis samedi, l’après-midi du mardi 9 décembre 2014 a été consacré à la danse. Les chorégraphes, chanteurs, percussionnistes et autres acteurs du Conservatoire de danse royale et cérémoniale d’Abomey créé en 1996 par le professeur Bienvenu Akoha se sont occupés de la scène durant 80 minutes environ à la grande salle bleue du Fitheb. C’est le spectacle «Les danses de rêve du roi Béhanzin». Ce fut un instant pour le public de vivre ces danses identitaires du Bénin. La philosophie de ce conservatoire, c’est d’abord la sauvegarde, la valorisation et la promotion  du patrimoine culturel du Bénin sur le plan musical. Mais ce fut également un spectacle hommage à ce roi qui a lutté contre les Français. Surtout que ce spectacle se tenait à la veille du 10 décembre, date qui rappelle la mort du héros national ce 10 décembre 1906 à Alger. 108 années sont donc passées déjà. Mais son parcours dans l’histoire du Dahomey, aujourd’hui Bénin, est tel qu’il demeure éternel.
Dans une scénographie qui porte les griffes du professeur Bienvenu Koudjo, le spectacle rappelle un peu la fête annuelle dite ‘’Houétanou’’ que le roi célébrait de son vivant. Fête royale et populaire à laquelle, le roi danse pour son peuple. C’est d’ailleurs l’une des particularités qui caractérisent les rois dans la sous- région ouest-africaine. «Le roi qui danse pour son peuple». Dans ce spectacle on a vu l’instituteur de danse Lopez Agoli-Agbo dans le personnage du roi Béhanzin, qui introduit chaque morceau avec des chansons –faut-il le rappeler, le roi Béhanzin a été un célèbre compositeur- avant d’aller s’asseoir dans son fauteuil et contempler ces jeunes filles et hommes rouler leur corps. C’est encore lui, le roi, qui achève le morceau par ses pas de danses majestueux. C’est dans ce schéma que le public a savouré les danses Atcha, Houngan, Zinli, Zinliblibli et Sogoé. Mais également les danses Agbadja et Kaka respectivement d’Adja et de Hogbonou. Symbolisme dans ce spectacle de ce qu’en réalité, les enfants de tous ces royaumes ont une origine commune qui est Adja Tado. Il fallait l’évoquer dans ce spectacle surtout en cette période où pour des raisons politiques et d’intérêts personnels, les fils et filles du Bénin sont divisés.

Blaise Ahouansè
 
Le regard critique du journaliste et fils d’Abomey Constant Agbidinoukoun

«Les danses de rêve du roi Béhanzin. On veut rappeler un peu les danses qui appellent les faits saillants du règne du roi Béhanzin. Et un roi comme celui-là, un héros national, qui a tant fait pour notre pays, qui a lutté contre la colonisation, qui ne voulait surtout pas que les Français prennent la terre de ses ancêtres, on imagine les hauts faits qui ont permis de savoir ce que l’homme a été. Dans l’ensemble, ce sont des danses importantes, avec de la bonne chorégraphie ; des danseurs qui maîtrisent les pas, les rythmes et la chanson. C’est un bon spectacle mais j’aurais aimé que la première partie soit d’abord surtout consacrée aux chansons du roi Béhanzin. Parce  quele roi a beaucoup composé, c’est un compositeur hors pair. Le roi Béhanzin ressemble à son père, le roi Glèlè, c’est un grand chanteur, un grand artiste. Rien de tout ce qui touche à la culture n’épargne le roi Glèlè, n’épargne  le roi Béhanzin. Quand vous parlez du roi Béhanzin, il faut penser aussi à son père parce qu’il est toujours dans la droite ligne de son père. Et quand on nous a parlé de kaka, de sogoé, ça rappelle un peu que tous font partie d’un même ensemble. N’oubliez pas que ils sont tous descendants d’Adja Tado et qu’ils sont venus à Allada, et c’est à partir d’Allada qu’ils se sont éparpillés, où quelqu’un reste à Adanhounsa, l’autre va vers Abomey et l’autre vers Porto-Novo pour créer le royaume de Hogbonou. C’est pour montrer un peu que c’est la même synergie, le même ensemble, la même tradition. C’est un bon spectacle dans l’ensemble.»  

Propos recueillis par Blaise Ahouansè

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