Projet de coproduction entre les Cie Apsara et Les diseurs de vérité : « Du côté béninois, il y a les infrastructures et l’énergie propices à la création» (Confie Silvia Barreiros en fin de séjour au Bénin)
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Assistée
de Nicolas de Dravo, Silvia Barreiros (gche) très
heureuse de constater qu’au
Bénin, les conditions sont
favorables à la concrétisation de son projet
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Silvia
Barreiros,
la Directrice artistique de la compagnie Apsara de Genève en Suisse est au
Bénin depuis une semaine dans le cadre d’un projet de coproduction théâtrale
entre sa compagnie et Les Diseurs de vérité du Bénin que dirige Nicolas Houénou
de Dravo. Rencontrée lundi dernier, elle nous a fait connaître l’idée du
projet, les raisons de son séjour au Bénin, ses impressions du constat de
terrain et la suite du projet. Interview.
La Nouvelle Tribune : Vous êtes au
Bénin depuis 5 jours. Quel est l’objet de votre séjour ?
Silvia Barreiros: Je suis venue voir sur place si cette coproduction
est viable. On en parle depuis deux ans avec Nicolas. On s’est rencontré au Festival
international de théâtre Béjaïa en Algérie. Le projet a germé quelques mois
après. Je cherche un pays africain pour le concrétiser, et j’ai eu en souvenir
notre rencontre. Tout a commencé comme ça mais par internet. Alors, à un
moment donné il faut se rencontrer et voir comment concrétiser, savoir dans
quoi on s’embarque parce que je vais venir avec mes artistes suisses et c’est
important pour moi de connaître le pays, de sentir un peu au feeling l’énergie
de Cotonou, du Bénin, des gens pour voir si c’est possible cette coproduction.
Vous parlez d’un projet de coproduction. De
quoi s’agit-il exactement ?
L’idée
de base, je me suis inspirée très librement d’un film mais comme les voies de
la création sont insondables, tout a vraiment beaucoup changé. C’est qu’au
départ, j’ai proposé une thématique à Nicolas, une adaptation d’un film de deux
personnes qui sont marginalisées dans leur société, qui se rencontrent un jour,
une rencontre improbable ; elles se rencontrent un jour et après elles ne
se reverront plus de leur vie. Dans un premier temps, j’avais proposé à un
auteur béninois d’écrire le texte pour que la coproduction soit plus complète,
malheureusement, les distances, c’est très difficile pour le texte. Si on
prévoit de travailler ici –Cotonou- en janvier 2016, c’est important pour moi déjà
d’avoir le texte en juillet 2015. Donc je ne pouvais pas attendre de venir
rencontrer l’auteur, qu’on se précise, lui aussi très occupé... Je regrette en
tout cas que la coproduction n’ait pas non plus eu lieu au niveau du texte. J’ai
donc rencontré un auteur congolais qui habite à Lyon. Comme il est Congolais et
habite en France, il a les deux visions, c’est important pour l’écriture
puisqu’il y aura un homme noir et une femme blanche sur scène, au minimum.
C’est les personnages principaux. C’est important pour moi d’avoir quelqu’un
qui ait la connaissance des deux cultures.
Après ces jours de sondage du terrain, quelle
est votre appréciation en termes d’infrastructures ?
Au
niveau des infrastructures, je me rends compte que tout est là. L’Institut
français, c’est merveilleux, c’est un cadre magique. Artisttik Africa, c’est
fabuleux, c’est le résultat du travail d’un homme qui a l’amour pour l’art, qui
se défend, qui se bat tous les jours pour avoir son centre de travail pour y
développer aussi des formations. C’est louable qu’il soit Béninois, qu’il ne
soit pas venu d’ailleurs pour le faire.
Du côté de la chaleur humaine, avez-vous
trouvé un climat convenable à cette création à Cotonou ?
Je
suis comme chez moi, je me sens très bien. A Cotonou, il y a beaucoup de
l’énergie très propice à la création. Cela me pousse à aller loin dans cette
coproduction. Je suis entourée que de gens bienveillants qui ont envie que
cette coproduction se fasse et qui y mettent leur temps, leur cœur. On a vu deux
directeurs du ministère de la culture. On a été très bien accueilli même si on
n’était pas attendu. Là, ça me donne confiance. Je sens que du côté béninois,
il y a aussi un réel désir que cette coproduction se fasse, ce n’est pas
seulement la compagnie Les Diseurs de vérité dirigée par Nicolas. Donc du côté
du Bénin, je laisse le projet en de bonnes mains et moi je me retourne chez moi
chargée de bonne énergie. Je peux mieux défendre le projet pour obtenir les
subventions du côté suisse mais aussi la caution de la coopération suisse au
Bénin que j’ai contactée et à qui je vais soumettre le projet.
Vous rentrez en Suisse. Quelle sera la
suite du processus ?
En juillet
on aura le texte. Le processus c’est de venir en janvier à Cotonou pour un séjour
de six à huit semaines. La création se fera ici. On va intégrer au moins deux
comédiens béninois et des musiciens. De la Suisse viendront le metteur en scène
très ouvert et qui connait beaucoup de cultures, le scénographe et la
directrice musicale de la compagnie Apsara. A Cotonou, il y aura plus de
Béninois sur le plateau que de Suisses. L’idée c’est de faire une première
phase ici, de créer, de jouer à l’Institut français de Cotonou et d’aller après
à Calavi ou à Parakou avant d’aller en Europe. Les Béninois viendront en Suisse,
on va jouer à Genève du 31 mars au 10 avril au Théâtre du Galpon, ce sera la
première du côté européen. Après on est invité en juin pour un biennal
important à Dakar et dans d’autres festivals. L’idée c’est vraiment d’initier
ce projet à Cotonou mais après de le tourner avec des artistes béninois. Ce sera
vraiment une coproduction, un travail évolutif fait en sorte qu’il y ait en parallèle, des
stages pour des acteurs professionnels ou étudiants de théâtre.
Propos recueillis par Blaise Ahouansè

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