Le
centre chorégraphique Multicorps de Cotonou au Bénin abrite a abrité du 4 au 30
juillet 2016, le projet de formation «Atelier Labo» initié par Marcel
Gbeffa, Directeur artistique dudit centre dans le but de donner à des danseurs
venus d’Afrique et d’Europe des outils pouvant les amener chacun à explorer ses
capacités intrinsèques et développer sa propre gestuelle.
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| Des instants de « Atelier Labo » vendredi 22 juillet... |
Un
tour au centre Multicorps en face de la Place des martyrs à Cotonou dans la
matinée du vendredi 22 juillet 2016. Et une découverte. Bienvenue Bazie
responsable de la compagnie Auguste-Bienvenue. Dans le studio de danse, ce
danseur-chorégraphe-chercheur d’origine burkinabè est entouré de neuf autres professionnels
de danse contemporaine de diverses origines (africaines et européennes). Ils ne
dansent pas mais plutôt s’exercent dans une spécialité de Bienvenue, le travail
sur sol. En binôme ce matin, chacun étudie entre autres, les appuis au sol et le
centre de gravité selon les consignes d’exercice d’équilibre que chaque
stagiaire essaie d’interpréter sur la base de ses capacités et expériences. Ceci,
sous la direction de Bienvenue qui coordonne et corrige les failles de chacun. «J’essaie
d’être à l’écoute de leur corps, de leur capacité, de leur expérience pour déceler
les faiblesses qu’ils ont, les faire travailler sur ces faiblesses pour qu’ils
puissent renforcer leurs capacités à interpréter, à comprendre l’endurance du
corps. Puis les aider aussi à éduquer leur corps à prendre d’autres chemins»
nous explique le formateur très physique.
Un laboratoire d’écriture corporelle…
A
comprendre, c’est le quotidien dans ce studio depuis une semaine que Bienvenue
est là. Plus, c’est l’«Atelier Labo». Un projet du danseur-chorégraphe Marcel
Gbeffa, Directeur artistique du centre Multicorps, en réponse à la monotonie gestuelle
des spectacles de danse. « Quand on fait l’analyse, c’est que les jeunes
danseurs, quand ils suivent les formations et quand on voit les spectacles
qu’ils proposent, on retrouve les mêmes choses. A un moment ça devient ennuyeux
et on voit que la gestuelle n’évolue pas. Moi ça me questionne beaucoup.»
souligne l’auteur du projet. Alors, son objectif à travers cet atelier soutenu
par l’Institut français Paris, «c’est de détecter des danseurs qui ne sont pas
formatés sur un seul style et leur donner des outils pour pouvoir créer à
partir de ce qu’ils ont comme base, une autre forme de gestuelle.» Il s’agit à
l’en croire, de les amener à aller au-delà « des bases toutes apprises »
des aînés, qu’ils mémorisent et reproduisent. «Cet atelier, c’est un lieu
de recherche qui nous permet d’avoir un autre regard sur ce que nous proposons
au public et savoir comment trouver un autre moyen de créer ; trouver son
identité, sa propre signature en toute chose.» apprécie Didier Djèlèhoundé, un
des stagiaires béninois.
…Aux griffes de Bienvenue Bazie, Andréya
Ouamba et Marcel Gbeffa
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| ... aux heures
de Bienvenue Bazie |
Revenant
à la présence de Bienvenue Bazie, le responsable de Multicorps justifie : «Pour
ce projet, je voulais quelqu’un qui sait non seulement apprendre des pas mais
surtout amener des gens à créer, à trouver quelques choses à l’intérieur d’eux.
Lui, il travaille surtout au sol : les appuis au sol, la pesanteur, le
centre de gravité, la vitesse au sol, l’énergie cinétique que je pense
important pour un danseur.» rappelle le Directeur. A ses dires, c’était la
troisième semaine et la deuxième partie de l’atelier. La première partie qui a
duré deux semaines a été conduite par Andréya Ouamba venu du Sénégal mais
d’origine congolaise. «Un monsieur très physique qui pousse un danseur à aller
à la découverte de ses capacités» témoigne Didier Djèlèhoundé. Il informe
qu’avec ce formateur, ils –les stagiaires- ont travaillé sur comment surpasser
les situations où comment exploiter toute situation pour créer. «Parce qu’on ne
doit pas se créer des barrières pour le corps. Quand je suis fatigué,
psychologiquement dépassé, … qu’est-ce que je peux faire avec cet état de
mon corps ?» ajoute le stagiaire. En effet, informe Marcel Gbeffa, Andréya
Ouamba travaille plus sur la création instantanée. « Autrement dit, explique-t-il,
Andréya part d’une activité simple pour arriver à une danse. Des fois nous
dansons sans le savoir. Juste le fait de parler et de bouger les mains. Ces
mains dessinent des choses dans l’espace et c’est déjà une chorégraphie.» A
noter que cette première partie a pris également en compte le montage de
projet. La troisième partie quand à elle, au cours de la 4ème et
dernière semaine de la formation, porte sur le corps et l’accessoire. «Comment
un accessoire peut influencer et modifier le corps, ça fait beaucoup de
géométrie.» confie Marcel Gbeffa qui se chargera de cette partie avec les
stagiaires. «On en a besoin, car la danse évolue, un peu comme la technologie»
avoue la camerounaise Mireille Akaba, très heureuse d’y prend part.
Blaise Ahouansè
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