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Développement culturel du Bénin : L’Inmaac présente ses activités et ses besoins d’aménagement de site


A travers un workshop expérimental vendredi dernier sur son site situé derrière l’Enam à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), l’Institut national des métiers d’art, d’archéologie et de la culture (Inmaac) a exposé ses activités et potentialités à travers des performances de ses étudiants. C’était une sortie non seulement d’action de visibilité mais aussi de plaidoyer pour l’aménagement et l’équipement du site.


Des étudiants de l’Inmaac,  en pleine performance
Le Département des arts créé en 2010 à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) et devenu en 2015 Institut national des métiers d’art, d’archéologie et de la culture (Inmaac) a désormais un site sur lequel s’est déroulé semaine dernière un ‘’workshop’’ –atelier de travail- expérimental. C’était dans la journée du vendredi 15 juillet 2016 marquée de théâtre, de musique, des performances plastiques et d’exposition de tableaux d’art assurés par des étudiants pour donner une idée de ce qui se fait par section dans cet institut de formation profession. Là, à en croire le professeur Pierre Medéhouègnon, le Directeur, il y a quatre filières à savoir «Art dramatique», «Musique» et «Art plastique» pour la licence puis «Aménagement du tourisme et de la culture» pour le Master. Au-delà de ces formations, informe le directeur, l’Institut à l’intention de former des administrateurs culturels, des métiers culturels dont le Bénin en a beaucoup besoin. «Vous allez au ministère de la culture, vous constatez qu’il n’y a pas les cadres qu’il faut ; il n’y a pas les compétences qu’il faut. » souligne le directeur adjoint professeur Romuald Tchibozo.
De ce qu’il sait de cet institut et des démonstrations de ce vendredi, le Vice-recteur chargé des affaires académiques de l’Uac, professeur Maxime da Cruz reconnaît l’Inmaac comme l’exemple du type de formation qu’il faut. «Ou nous professionnalisons pour vivre, ou nous mourrons. Finir le temps où on se glorifie d’un tel ou tel diplôme. C’est le temps de ‘’qu’est-ce que nous savons faire’’ » défend-il. En ce sens, il a félicité l’Institut pour le travail qu’il fait déjà. Pour lui, c’est un institut des filières d’avenir et qui feront l’identité du Bénin. «Sans ça, il n’y a pas de développement» affirme le professeur qui très heureux, réaffirme l’engagement du rectorat et des acteurs de l’Uac pour un accompagnement de taille à l’Inmaac. De même, Abdel Afiz Gomina, le représentant du Directeur du Fonds d’aide à la culture (Fac) confie que le ministère du tourisme et de la culture reste ouvert aux doléances de cet institut dont les étudiants pour lui, «seront les vitrines du Bénin ».
Un instant de théâtre avec les étudiants de l'Inmaac
L’une des doléances de l’Inmaac pour l’instant, c’est l’aménagement de son site pour «améliorer le cadre de formation». Sur cet espace d’un hectare a lui offert par l’Uac, il veut construire un bloc à niveaux constitué de bureaux, d’un hall de théâtre et de spectacle, de salles de cours, de dortoirs, de hall d’exposition, de bibliothèque et de salle multimédia. «Tout ceci va nous coûter dans un premier temps 900 millions. Il y a un gros projet après qui va nous coûter plus.» informe le directeur de l’institut. «Nos besoins sont énormes. Comme nous avons le site déjà, nous sollicitons les partenaires pour nous accompagner.» ajoute son adjoint. 

Blaise Ahouansè


Quelques témoignages

Romuald Tchibozo, Directeur adjoint de l’Inmaac : ‘’C’est l’outil de développement culturel du Bénin’’

«L’enseignement se déroule très bien à l’Inmaac. Nous avons pour l’instant très peu d’enseignants permanents. Nous avons beaucoup d’intervenants extérieurs, donc des vacataires. Notre doléance, c’est de pouvoir avoir plus de collègues permanents. Le principal partenaire, c’est le Fonds d’Aide à la Culture. Nous souhaitons élargir notre vision et nos partenariats dans le pays, parce que c’est pour la première fois qu’un Institut est mis en place au Bénin pour les métiers de la culture. Notre vision est très ambitieuse, parce que c’est l’outil de développement culturel du Bénin. Vous allez au ministère de la culture, il n’y a pas les cadres qu’il faut, il n’y a pas les compétences qu’il faut. Résultat, notre culture est un peu gérée au quotidien, or la culture d’un pays est gérée en perspective de ce que le pays souhaite devenir. C’est cet outil que nous allons utiliser pour transformer cette vision, cette capacité de notre pays à gérer sur le long terme sa culture. Nos besoins sont énormes. Nous avons un site mais nous n’avons pas encore les infrastructures. Nous sollicitons les partenaires pour nous accompagner.»

Fernand Nouwligbeto, enseignant à l’Uac : ‘’C’est une première…c’est unique’’

«Je représente ici le Département des Lettres Modernes. C’est un évènement majeur. C’est unique dans l’histoire de l’Université nationale du Bénin actuel Université d’Abomey-Calavi. C’est unique parce que l’université a été créée depuis plusieurs décennies et c’est ce jour qu’on assiste véritablement à l’implantation d’un site pour ce département des arts ou cet institut. C’est une première aussi parce que nous avons ici en face de nous les produits de la formation des étudiants de cet institut qui nous ont présenté leurs réalisations, tant dans le domaine du théâtre, de la musique, de la sculpture que de la peinture. Nous pouvons dire que nous avons véritablement maintenant une Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (Flash). L’Uac est même allée plus loin en détachant ce département des arts de la Flash, et en créant un institut à part. C’est une excellente chose qu’on ne peut qu’encourager.»

Pierre Médéhouègnon, Directeur de l’Inmaac : ‘’Ceci va nous coûter dans un premier temps 900 millions’’

«Nous avons un site d’un hectare sur lequel nous sommes. C’était de la brousse ; nous avons demandé au Fonds d’Aide à la Culture (Fac) de nous aider pour attirer les journalistes, les autorités et le public vers ici pour montrer que l’université a mis à notre disposition un espace sur lequel nous pouvons construire notre institut. C’est important pour nous parce que cela permet de chercher des financements pour réaliser les divers bâtiments, les diverses infrastructures que nous voulons mettre ici. On a prévu ici, du théâtre, des amphis, des salles de cours, des studios de musique, de cinéma, etc. Tout ceci va nous coûter dans un premier temps 900 millions environ. Il y a un gros projet après qui va nous coûter plus.»

Coffi Gahou, expert en arts plastique : ‘’Même si le Fac met un milliard pour construire cet institut, il ne va pas regretter’’

«Ce que je disais en 1990, c’est en 2016 que cela se réalise. Je suis content. On ne peut jamais évoluer sans la culture. La culture, c’est une mine d’or à ciel ouvert à exploiter avec les arts inventifs et spéculatifs. Il faut inventer et protéger pour que demain cela devienne de l’argent à monnayer. Le travail manuel, c’est un travail concret. Si vous pouvez l’accompagner maintenait d’intellectualisme, de littérature, d’administration, ça devient un produit pur, exploitable et vendable. Cet institut a de forte chance de dépasser tous les autres que nous avons au Bénin, parce qu’il y a du concret. Je ne suis pas venu perdre mon temps, mais c’est confiant que ceci va devenir des produits productifs et exploitables demain que j’ai passé mon temps ici. Même si le Fonds d’aide met un milliard pour construire cet institut, il ne va pas regretter. Nous sommes sur la bonne piste.»   

Propos recueillis pour La Nouvelle Tribune par Blaise Ahouansè

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