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Obstacles à la scolarisation des filles : Eugénie Dossa-Quenum publie «Les Comètes de Sô Ava

«Les Comètes de Sô Ava», c’est le 4è livre sorti de la plume d’Eugénie Dossa-Quenum. Nouvelle éditée par Intégrale diffusion du livre, l’œuvre a été lancée dans l’après-midi du mercredi 26 avril 2017 à la Maison de la Francophonie à Cotonou. Elle s’inscrit dans la droite ligne des combats de l’auteur pour la scolarisation obligatoire des filles.
Sur 60 pages de cet ouvrage sous format de poche, la militante engagée de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, relate dans un style léger, la triste histoire de trois filles. Trois élèves qui dans un milieu où les filles sont promises aux mariages précoces et forcés, déjà à 10 ou 12 ans, ont su braver les pesanteurs liées à la tradition, jusqu’à obtenir le Baccalauréat. Malheureusement, du retour du centre d’examen où elles sont allées constater de visu leur succès cet examen, elles ont été toutes englouties par les flots du fleuve Sô. «Ce qui a motivé l’écriture de ce livre, c’est que j’ai été indignée en apprenant l’histoire. Et les journalistes que j’ai contactés m’ont tous dit que c’est passé dans la rubrique « faits divers », raison pour laquelle grand monde n’a pas eu connaissance de cette histoire », confie l’ingénieur-biologiste et psychologue. Elle se révolte en ces termes : « Pourquoi les faits divers ? Aurait-ce été pareil s’il s’agissait de filles de ministre ?, ou encore si ce drame c’était produit dans l’une des grandes villes du pays, est-ce que le sort de ces filles aurait été similaire ? Je ne pense pas. Or, la République doit traiter ses enfants de la même manière, qu’ils soient citadins ou villageois de localités éloignées.».
Pour le présentateur du livre, Dr Jean Adebissi Odjo, Eugénie Dossa-Quenum «relate ici, les difficultés de la scolarisation des filles, en particulier dans les localités où elles n’accèdent pas à l’enseignement supérieur, et où très peu parmi elles arrivent à bout du premier cycle du secondaire.». « Généralement, juste avant ou à la fin des études primaires, elles abandonnent pour cause de grossesse ou de vie conjugale arrangée par les parents, et ceci à la douzaine d’années d’âge environs.» poursuit-t-il.  

Invite à un combat d’ensemble pour la nation

Au milieu, l’auteure lors de la présentation du livre
« Les Comètes de Sô Ava », est un appel à une synergie d’action pour promouvoir la scolarisation des filles, et porter un coup d’arrêt à leur retard sur les garçons de leur âge, selon le présentateur. Ceci pour le bonheur de la nation, car soutient-t-il, aucun pays ne peut avancer ou prospérer tant que sa moitié reste immobile ou pire, régresse. « Tant que la scolarisation des filles et l’épanouissement social et intellectuel de la femme continueront de marquer le pas, le progrès du pays restera un leurre», tente de projeter le livre seon le Dr Jean Adebissi Odjo. «On ne peut pas se développer si la moitié de notre population n’arrive pas à accéder à la formation et à l’information, pour participer aux décisions qui concernent notre pays ; on ne peut pas avancer si on continue de laisser les filles se marier à 10 ou 12 ans ; on ne peut pas se développer si on ne met pas les filles à l’école », dira l’auteure pour qui la scolarisation des filles est aussi une lutte contre la pauvreté. Elle en appelle donc à la participation de tous les citoyens. «Il est tant que chacun apporte sa contribution pour que nous sortions de cette spirale», exhorte la chercheure indépendante en science politique et sociale. Plus précis, le présentateur du livre décrit : «Les filles sont invitées à prendre davantage conscience de leur situation; les garçons ont intérêt à les y aider s’ils veulent véritablement être heureux; les femmes doivent refuser de baisser les bras face à leur conditions d’existence et celles de leurs filles; les hommes feront œuvre utile en les aidant à vaincre les pesanteurs; les pouvoirs publiques doivent se mettre à la hauteur de cette situation qui n’a que trop duré».

Blaise Ahouansè

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