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Tournée du lauréat/Prix découvertes Rfi 2016 : Soul Bang’s abattu, passe hors du spectacle à Cotonou



Le jeune chanteur guinéen, Soul Bang’s, lauréat du Prix découvertes Rfi 2016, a entamé sa tournée africaine dans les Instituts français samedi 27 mai 2017, par Cotonou au Bénin. Ici, il a donné un concert, témoignage de son potentiel vocal mais pauvre en spectacle.
Soul Bang's à l'Institut français de Cotonou

Le public de Cotonou et environs a découvert sur scène le lauréat du Prix découvertes Rfi 2016, samedi 27 mai 2017. Soul Bang’s était à l’Institut français du Bénin (Ifb) dans le cadre de sa tournée africaine ainsi entamée par Cotonou. Une ville qu’il connaissait déjà pour y avoir passé quelques moments de sa vie. Il y a aussi réalisé le clip de son premier single «amazin».
Avec un staff léger -4 instrumentistes- sur scène sous la paillotte de l’Institut, le jeune artiste d’origine guinéenne a offert au public un voyage d’environ 120 minutes à travers sa musique. Il est resté dans son option de musique dite «cosmopolite», du même nom que son dernier album, sorti en février passé en Guinnée. Cette musique à la base Rnb avec beaucoup de couleurs guinéennes (yolé, malin, makro, etc.), est mélangée a des sonorités africaines et du monde. De «cosmopolite», il parle désormais de «cosmo beat», dans le but de permettre à tous les fans de musique de se retrouver à travers son œuvre. «C’est un buffet musical, un mélange de tout ce que j’ai entendu comme musique», a-t-il confié à la fin du concert. Sur ce plan, on sent l’évolution et un travail de recherche de l’artiste compositeur Rnb afro, qu’il a nommé « Rnb afro love social ». Social parce que ses thématiques portent beaucoup plus sur des questions d’ordre social, qui touchent l’Afrique.
   
Les choix à risque de Soul Bang’s…

A Cotonou, la nouvelle star du Rnb mandingue a confirmé le bien qui est dit de lui à propos de son potentiel de puissance vocale. Belle voix, il donne du plaisir à l’écouter quand bien même on ne comprend ni le malinké, ni le soussou, ni le peuhl, et encore moins le pular qu’il utilise le plus, avec le français et l’anglais. Mais il a fait l’option d’une prestation sans chœur, détachée de sa voix. Il l’explique par un besoin de conformité à ce qu’il a fait en studio. « Généralement, la façon dont je fais ma musique en studio, c’est comme ça que je le fais sur scène. Les chœurs, c’est moi qui les fais en studio. Donc si je suis en semi-live, on peut comprendre que les cœurs sont là. Mais si je suis en live, s’il est vraiment nécessaire de les faire, je les ferai.», confie-t-il. Visiblement, c’est aussi un choix de maintenir le public concentré rien que sur sa puissance vocale. «Je pense que le plus important, c’est que le monde puisse sentir, comprendre l’émotion que je veux dégager», affirme l’artiste. Malheureusement, il a raté de transmettre l’émotion à Cotonou. Dans un public où c’est une fine partie qui comprend ces langues guinéennes, le jeune lauréat de prix découvertes Rfi a raté de vivre lui-même le spectacle pour songer transmettre une émotion au public et attirer davantage ce public à pénétrer et aimer son monde « cosmo beat ». Soul s’est donné une autonomie restreinte sur scène comme s’il avait peur de l’espace. Ce qui ne lui a pas permis une bonne occupation scénique. Plus encore, il a manqué de danser en bon artiste africain, compositeur d’une musique aux couleurs africaines.

…Aidé par deux spectateurs

Il a fallu que sur l’avant dernier morceau, une artiste béninoise et un guinéen vivant au Bénin montent sur scène pour danser et amener la star à sortir de sa ‘’timidité’’. Et là, c’est un autre Soul que l’on découvre. On voit un jeune artiste qui combine désormais chaleur vocale et corporelle, avec des pas de danses qui le conduisent dans tous les espaces de sa scène. Du coup, les applaudissements maigres du public deviennent intenses accompagnés de cris de joie et d’encouragement.
On dirait que le public n’attendait que cela pour vivre le spectacle. La soirée prenait là une autre dimension, belle. Hélas ! C’était l’avant dernier morceau. Aussi, l’artiste a-t-il fini ledit morceau, très essoufflé, c’est peut-être ce qu’il évitait. Mais il le fallait. Interrogé à la fin du spectacle, il se défend en ces termes : «Des fois c’est une option, mais aujourd’hui c’est une exception parce que j’ai passé toute la journée à jeun, donc je suis un peu abattu.». On comprend ici que c’est le début de jeûne en ce samedi, qui a fragilisé l’artiste. Il vient d’entamer sa tournée, et est attendu les 2, 7, 10, 15, 17, 21, 23 et 28 juin, respectivement à Malabo, N’djamena, Kigali, Libreville, Sao Tomé Principe, Accra, Kusami et Abidjan. Il va continuer en juillet à Bamako, Dakar et Nouakchott.

Blaise Ahouansè

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