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« OKUTONU, La Lagune agressée » : Alerte sur un empoisonnement général à Cotonou


Enseignant à l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel (Isma) au Bénin, le réalisateur Michel Appolinaire Aïvodji a présenté mardi dernier à bluezone zongo, l’avant-première de son film documentaire « OKUTONU, La Lagune agressée ». L’œuvre est révélatrice d’un drame sanitaire et environnemental qui prend de l’ampleur à Cotonou. Elle incite à réagir pour un environnement sain.
L’équipe de réalisation de « OKUTONU, La Lagune agressée »   

« OKUTONU, La Lagune agressée ». C’est la nouvelle production cinématographique du réalisateur Michel Appolinaire Aïvodji. C’est un documentaire de 55 minutes. L'avant-première a eu lieu dans l’après-midi du mardi 12 juin 2018 dans la salle polyvalente de bluezone à Cotonou dans le cadre de la quinzaine de sensibilisation pour l’environnement sain qu’organise l’Association Actions culturelles et éducatives pour le développement (AcedBénin). Au fond de l’œuvre, il est question d’un danger public qui ronge depuis plusieurs décennie non seulement les habitants de Cotonou, mais ayant aussi d’importants impacts néfastes sur toute la population béninoise. La berge de la lagune de Cotonou, qui sous d’autres cieux aurait été une opportunité, est au Bénin, une menace pour l’environnement et la santé. Ce film qui part de l’histoire et des caractéristiques de la ville de Cotonou et de cette lagune s’est accentué sur la triste réalité tout au long de ce cours d’eau. L’œuvre révèle l’ampleur de la forte pression humaine que subit cette lagune de la part de ceux qui se sont installés à bord, mais aussi du grand marché de Dantokpa et de tous les ménages de Cotonou via les collecteurs construits dans la ville et débouchant dans la lagune. Des tonnes de déchets et de substances chimiques toxiques de toutes sortes y sont déversées par jours. La superficie de l’eau est même vendue. Pour retrouver le sol, les acquéreurs utilisent des déchets ménagers pour réduire le périmètre de l’eau. Le crime contre ce cours d’eau que rapporte le nouveau documentaire de Michel Appolinaire Aïvodji est multiforme. Le lac meurt à petit coup sous l’incivisme des populations et la démission des pouvoirs publics.

Susciter enfin la réaction

« OKUTONU, La Lagune agressée »  a le mérite de mettre sur les écrans ce drame et d’inciter à une réaction enfin réaliste de la part des populations et des gouvernants à divers niveaux. «Ça fait plus de 30 ans que la lagune vie cette situation. Il faudrait qu’on sache qu’on s’empoisonne» confie le réalisateur. L’œuvre de l’enseignant, directeur des études puis directeur de la scolarité à l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel (Isma), prouve que la lagune est malade et ses produits sont malades. «Nous avons voulu faire de la sensibilisation», indique-t-il.
Ce film vient à point nommé pour démontrer combien de fois qu’en amont de toutes actions de développement et de lutte contre les maladies, il faut mettre fin à ce danger. C’est une racine des problèmes sanitaires et environnementaux à Cotonou. Les populations et les autorités doivent regarder ce film et prendre les décisions idoines qui s’imposent.

Blaise Ahouansè

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