20 ans d’existence pour un groupe de musique au Bénin, c’est la chose la plus rare. C’est une leçon qui doit être enseignée dans le monde des arts et de la culture au Bénin où c’est l’individualisme qui prime toujours. Le secret, informe le chef orchestre, Athanase Dèhoumon, est que les membres fondateurs du groupe ont démarré l’aventure avec une vision basée sur la synergie d’action au profit d’une cause nationale : «travailler la musique béninoise, la peaufiner et la mettre en avant ; écrire l’histoire du Bénin dans la musique».
De
plus, le groupe s’est basé sur le principe de la parole donnée et des règles
solides et claires comme code de conduite. «La vie en communauté pour nous,
demande qu’il y ait des règles. C’est le secret » confie le Chef du
groupe. C’est aussi un groupe au sein duquel il est cultivé l’esprit
d’entrepreneuriat, ajoute-t-il.
Toutefois,
il est à noter que le groupe a connu aussi des départs dans son parcours. Mais
toujours est-il que c’est de bonnes relations qui sont entretenues avec ceux-là
qui sont partis et qui sont d’ailleurs associés pour les manifestations
marquant ses 20 ans. Notons également que le groupe pendant deux décennies 20
ans ne s’est pas échappé aux disputes de personne. Mais le médiateur du groupe a
été les instruments. Ce sont des musiciens qui quelques instants après s’être
engueulés retrouvent facilement l’harmonie, la concorde et l’entente dès que
chacun commence par faire parler sa trompète, trombone, saxophone, tambour, …
L’autre
paramètre du secret des Gangbé, c’est le
sens du sacrifice pour atteindre un but dans l’intérêt commun. Pour
preuve, dans ce groupe, on préfère rouler à moto que de se payer une voiture
même si les moyens sont disponibles. Lesquels moyens, face au manque de
soutiens financiers notamment étatiques, sont plutôt investis dans la recherche
musicale et les tournées.
Ce
sont là des qualités que les anciens membres du groupe ont commencé déjà par
inculquer à de jeunes musiciens. Il ne s’agit pas seulement en accueillant de
nouveaux instrumentistes en son sein mais aussi en organisant des ateliers et des
échanges avec d’autres groupes de brass, nous apprend James Vodounnon. C’est
pour partager avec la jeunesse les expériences du groupe d’une part, et pour que
le groupe ne meurt pas après la génération des membres fondateurs. «Gangbé, on
l’installe comme un label pour le Bénin» confie James Vodounnon.
Blaise Ahouansè

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