Elle
est en deuxième année de communication et de marketing dans une université
privée au Bénin. Mais en attendant la fin de sa formation pour exercer en
entreprise, elle fait déjà autrement sa communication dans le théâtre. Cet art
auquel la jeune fille d’origine béninoise se consacre depuis trois ans, lui
donne ces derniers temps l’occasion de grandes scènes aux côtés de grands
hommes du métier. Le Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) est
l’une de ses expériences en la matière. Après «La
belle de minuit wax» (Bmw)
en mars dernier dans la grande salle du Festival à Cotonou, elle était en juin dernier
à Bohicon dans «Histoires de femme» sur scène du Fitheb migratoire avec Ignace
Yétchénou. Puis elle est allée en Août à Dassa avec «Bmw» dans un duo avec
Humbert Boko. Dans l’une ou l’autre pièce, la jeune étudiante avec sa taille
courte, prête son corps naturellement clair et sexy aux récits du quotidien de
la femme africaine. Fille de nuit dans une ville capitale pour se prendre en
charge, puisque désormais orpheline de mère après avoir été abandonnée avec sa
pauvre génitrice par son père qu’elle rencontra dans son commerce de sexe, elle
s’insurge contre le comportement de ces hommes qui abandonnent leur foyer pour
une aventure contraignant la petite famille à la misère. Dans la seconde pièce,
la jeune comédienne qui vit au quartier Zogbo à Cotonou, dénonce les violences
faites aux femmes et réclame le respect de tous leurs droits en
tant qu’êtres humains à part entière. Dans la joie de la satisfaction exprimée
par le public de Dassa à sa prestation la nuit du 26 août, la passionnée des planches
nous parle de son être dans le 4ème art auquel elle veut se
consacrer même au prix d’une vie en couple s’il le faut. «Sur scène, je suis
Bmw mais dans ma vie active je suis Judith Houndjo» clarifie-t-elle. Interview.
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La
Bmw sur scène avec Humbert Boko à Dassa…
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Vous étiez il y a
un instant sur scène dans Bmw, avec une cigarette en main, un habillement sexy,
les sous-vêtements et les perles exposés à un moment donné,... On a vu une
fille qui vend son corps pour vivre. Qu’est ce que cela fait d’incarner un tel
personnage?
C’est
vrai que pour ce rôle au début, cela n’a pas été facile pour moi. C’est aussi vrai
que j’aime être sexy ; quand je marche quelque part, qu’on me remarque. M’habiller comme ça, avec la cigarette à la bouche, ce n’est pas moi… Au début je
me suis dit, est-ce qu’ils –les spectateurs- vont comprendre ce que je fais,
est-ce qu’ils ne vont pas plus tard me coller l’image là, mais après, je me
suis dit «ainsi va la vie de l’artiste».
Et qu’est-ce qu’ils
en disent puisque vous avez déjà joué ce spectacle à Cotonou ?
C’est vrai. Quand j’ai
eu à faire la première représentation de cette pièce à Fidjrossè, c’était pendant
les congés. A la reprise, mes camarades ne me désignaient plus par mon
prénom Judith mais ils m’appelaient plutôt Bmw. Et quand j’essayais de parler
avec un mec on me dit « tu es déjà experte».
Oui, puisqu’on vous
sent très à l’aise dans ce rôle comme un poisson dans l’eau ?
Quand vous êtes
comédien, peu importe le personnage qu’on vous demande d’incarner, il faudrait
que vous soyez à l’aise à jouer. Sinon comment pouviez-vous arriver à
transmettre les sentiments de ce personnage au public.
Avec des risques
d’agir sur votre personne aussi, n’est-ce pas ?
Ce personnage ne pourra
pas prendre l’être de Judith. C’est carrément autre chose. Sur scène je suis
Bmw mais dans ma vie active je suis Judith Houndjo.
Mais lorsque les
amis persistent à vous appeler Bmw, quels sentiments vous animent et comment réagissez-vous
?
Au début, cela
m’énervait mais après je me suis dit « c’est ce que je voudrais faire et
c’est grâce à cela que je voudrais gagner ma vie ». Donc si les gens
devraient me le dire tout le temps et que je dois me fâcher tout le temps
aussi, je vais vite mourir, donc il fallait que je m’en passe.
Dans une autre
pièce notamment «Histoires de femme» de Ignace Yétchénou, on vous a vu incarner
la douleur de la femme. Pourquoi toujours cela ?
Je dirai parce que je
suis une femme et parce que j’aime défendre la femme, dénoncer les maux qu’on
lui faits et montrer réellement ce que la femme est. Je peux dire que c’est
pourquoi ils –les metteurs en scène- m’ont toujours attribué ce rôle.
Est-ce à dire que
vous optez vous-même pour ce genre de personnage pour votre carrière de
comédienne ?
Non, du tout pas. Ce
n’est pas mon option mais au théâtre comme au cinéma, quand on dit de faire, on
exécute.
Depuis quand avez-vous
commencé cette vie de comédienne ?
Il y a de cela trois
ans.
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…au
repos ici après une répétition de «Histoires de femme» à Bohicon…
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Et comment avez-vous
connu le théâtre ?
Le théâtre comme le
cinéma étaient ma carrière envisagée depuis toute petite. J’aime faire
connaitre ce que je suis, j’aime dire tout haut ce que les gens pensent tout
bas. Donc c’est ça qui m’a vraiment conduite vers le théâtre.
Avez-vous fait un
groupe scolaire de théâtre ?
Pas tellement. Je
n’aimais pas trop les clubs scolaires parce qu’il y avait trop d’embêtement, mais
je me rappelle que je prestais dans les écoles ?
Vous avez fait une
école de théâtre ?
Non plus.
Mais vous y
pensez ?
Oui pourquoi pas ?
Puisque c’est ma carrière envisagée, c’est ma vie, c’est ma passion, c’est tout
moi qui suis dedans.
Trois ans et déjà
vous vous retrouvez sur la scène professionnelle. Quelle est votre
secret ?
Cela dépend de la
passion dont dispose chacun. Si le théâtre n’était pas réellement ma
passion, je n’y arriverais pas. Je voudrais coûte que coûte me faire découvrir
à travers cela, donc il faut que je me donne assez. C’est ce que j’ai fait.
Vous comptez
réussir à concilier l’exercice de votre profession de communication
d’entreprise et votre passion pour le théâtre ?
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…où
la voici en position 2 à droite sur planche avec Ignace Yétchénou
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Bien sûr ! Vous ne
voyez pas des journalistes qui font le théâtre ? Je prends le cas d’une
dame, Jémima Katraye. Je la vois souvent dans les journaux mais elle vient aussi sur
scène. Donc il n’y a pas de problème. Il faut savoir juste ce que l’on veut.
S’il me plaît de continuer dans le théâtre j’abandonnerai l’autre et je
continue.
Mais quand votre homme
se sera opposé, quelle sera la réaction ?
Mais je lui dirai
d’aller se faire voir ailleurs, parce que c’est ce que moi je voudrais faire de
ma vie ; et c’est avec ça que je voudrais gagner ma vie. Donc, s’il n’est
pas prêt à l’accepter, c’est sûr que je trouverai un autre homme. Et je préfère
même un homme du milieu qui aime déjà ce que je fais, qui lui aussi connait déjà
les difficultés du milieu et tout. Je prends le cas de tout à l’heure. Si c’était
mon mec qui n’était pas dans le domaine qui me voyait comme ça, il aura des
intentions et commencera par se poser des questions. Donc je préfère être en
compagnie d’un homme du milieu et non un homme extérieur parce que là il sera
jaloux.
Réalisation: Blaise Ahouansè



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