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Discographique : «Dibi Dibi» de Jolidon Lafia, un album très instructif

L’artiste Jolidon Lafia vient de signer un troisième disque qu’il a baptisé «Dibi Dibi». Au-delà de la créativité musicale entre modernité et tradition africaine qu’on y découvre, il s’agit d’un livre sonore d’éducation pour le respect du droit à la vie des enfants, de la cohésion sociale, de la promotion de l’identité africaine, etc.


Jolidon présentant son nouveau «Dibi Dibi».
«Dibi Dibi». C’est la nouvelle œuvre phonographique inscrite dans la biographie de l’artiste d’origine béninoise Jolidon Lafia. Il l’a présentée à la presse le vendredi 23 juin 2017 à la Maison des médias Thomas Mégnassan à Cotonou. Sur cet album de 16 titres enregistrés en live, le compositeur-chanteur est resté dans des messages de sensibilisation sur les maux dont souffre non seulement l’Afrique, mais aussi l’humanité entière en général. Ceci en Français, Anglais, Baatonu, Dendi, Yoruba, Fon et Mina.
«Dibi Dibi», la chanson éponyme de ce disque, est surtout une invite à la tolérance et à la prudence. Jolidon chante pour un monde débarrassé de la calomnie, où chacun retrouve sa joie de vivre. L’artiste se montre ici très attaché au respect du droit à la vie et à la liberté d’expression. En la matière, il se fait notamment défenseur des enfants à qui il a consacré certains morceaux. Dans «Droits des enfants», il insiste pour qu’on brise cette pratique qui consiste à ôter la vie aux enfants dits ‘’sorciers’’, des enfants nés avec des malformations physiologiques. «Ce phénomène est encore d'actualité dans le Nord-Bénin», pleure le chanteur. Toujours au profit des enfants, il a chanté «Destin», pour exhorter les parents au respect de la liberté d’expression et de choix de leurs fils et filles. Cette liberté, défend l’artiste, doit être également observée sur le plan amoureux et religieux. S’il parle d’amour et de religion à la fois, c’est pour décourager l’opposition dite « religieuse », faite à certaines. Il a même composé un morceau pour les mariés, et en hommage à l’illustre artiste béninois disparu, Gg Vickey. «La religion ne doit pas diviser l'Union» affirme Jolidon dans sa chanson «Arrête». Aussi, appelle-t-il ses consœurs et toutes les femmes notamment africaines, dans le titre «Femme noire d'Afrique», à en finir avec la dépigmentation. Ici, le chanteur leur fait comprendre que le l’essence de leur succès comme celui de tout artiste, ne doit pas être la couleur ou la beauté de la peau, mais plutôt celle des fruits de la créativité artistique. Ce qui exige non pas une recherche de soins corporels, mais de préférence une fouille approfondie du patrimoine rythmique du pays d’origine de l’artiste en premier lieu, puis d’autres cultures.
C’est en s’inscrivant dans cette recherche que Jolidon, comme à son habitude d’ailleurs, a arrangé toutes ces chansons dans des rythmes qui allient modernité et tradition. Tout professeur de musique qu’il est, on le sent toujours évoluer dans sa folie, du moins sa logique qui consiste à exporter les rythmes et styles de percussion africains en général, et béninois en particulier, via ses albums. Sur «Dibi Dibi» réalisé entre Cotonou et Paris, il n’a pas divorcé d’avec le rythme Têkê de sa terre natale du nord-Bénin, qu’il promeut avec la danse du bâton, et il en est fier. «Je suis heureux d'être musicien. Cette foi me dévore» déclare l’artiste ‘’fou’’ de la musique, dans sa quête permanente de qualité exceptionnelle du son et de l’image. Les clips de ce nouvel opus profondément inspiré, en témoignent d’ailleurs.

Blaise Ahouansè

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