L’artiste Jolidon Lafia vient de signer un
troisième disque qu’il a baptisé «Dibi Dibi». Au-delà de la créativité musicale
entre modernité et tradition africaine qu’on y découvre, il s’agit d’un livre
sonore d’éducation pour le respect du droit à la vie des enfants, de la
cohésion sociale, de la promotion de l’identité africaine, etc.
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Jolidon présentant son nouveau «Dibi Dibi».
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«Dibi Dibi», la chanson éponyme de ce disque,
est surtout une invite à la tolérance et à la prudence. Jolidon chante pour un
monde débarrassé de la calomnie, où chacun retrouve sa joie de vivre. L’artiste
se montre ici très attaché au respect du droit à la vie et à la liberté
d’expression. En la matière, il se fait notamment défenseur des enfants à qui
il a consacré certains morceaux. Dans «Droits des enfants», il insiste pour qu’on
brise cette pratique qui consiste à ôter la vie aux enfants dits ‘’sorciers’’,
des enfants nés avec des malformations physiologiques. «Ce phénomène est encore
d'actualité dans le Nord-Bénin», pleure le chanteur. Toujours au profit des
enfants, il a chanté «Destin», pour exhorter les parents au respect de la
liberté d’expression et de choix de leurs fils et filles. Cette liberté, défend
l’artiste, doit être également observée sur le plan amoureux et religieux. S’il
parle d’amour et de religion à la fois, c’est pour décourager l’opposition dite
« religieuse », faite à certaines. Il a même composé un morceau pour les
mariés, et en hommage à l’illustre artiste béninois disparu, Gg Vickey. «La
religion ne doit pas diviser l'Union» affirme Jolidon dans sa chanson «Arrête».
Aussi, appelle-t-il ses consœurs et toutes les femmes notamment africaines, dans
le titre «Femme noire d'Afrique», à en finir avec la dépigmentation. Ici, le
chanteur leur fait comprendre que le l’essence de leur succès comme celui de
tout artiste, ne doit pas être la couleur ou la beauté de la peau, mais plutôt celle
des fruits de la créativité artistique. Ce qui exige non pas une recherche de
soins corporels, mais de préférence une fouille approfondie du patrimoine
rythmique du pays d’origine de l’artiste en premier lieu, puis d’autres cultures.
C’est en s’inscrivant dans cette recherche
que Jolidon, comme à son habitude d’ailleurs, a arrangé toutes ces chansons
dans des rythmes qui allient modernité et tradition. Tout professeur de musique
qu’il est, on le sent toujours évoluer dans sa folie, du moins sa logique qui
consiste à exporter les rythmes et styles de percussion africains en général,
et béninois en particulier, via ses albums. Sur «Dibi Dibi» réalisé entre
Cotonou et Paris, il n’a pas divorcé d’avec le rythme Têkê de sa terre natale
du nord-Bénin, qu’il promeut avec la danse du bâton, et il en est fier. «Je
suis heureux d'être musicien. Cette foi me dévore» déclare l’artiste ‘’fou’’ de
la musique, dans sa quête permanente de qualité exceptionnelle du son et de
l’image. Les clips de ce nouvel opus profondément inspiré, en témoignent
d’ailleurs.

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