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Rémy Samuz, médaillée d’or aux jeux de la francophonie: «Hommage aux oiseaux qui m’ont donné l’idée»




Rémy Samuz tout heureux
 de décrocher la médaille d’or…
Jeune plasticien d’origine béninoise qui écrit l’histoire de son époque en fil de fer, Rémy Samuz est depuis le 28 juillet 2017 médaillé d’or des jeux de la francophonie dans la catégorie «sculpture». Il a décroché l’or avec son installation «L’avenir», à la 8ème édition de l’événement qui s’est déroulée du 21 au 30 juillet 2017 en Côte d’Ivoire. Rencontré mercredi 2 août dernier chez lui à Fidjossè à Cotonou, où il vit et travaille, l’artiste de retour d’Abidjan nous ramène dans les coulisses de son sacre. Interview.

Dans un échange avec vous à quelques jours de votre départ pour la 8ème édition des jeux de la francophonie à Abidjan, nous vous avons vu très confiant. Vous avez-même déclaré : «Je vais pour gagner le prix». Effectivement, vous avez décroché la médaille d’or. Quel est votre secret ?

Cette confiance ce n’était pas d’abord l’œuvre, mais le message qui me tenait à cœur et que j’étais heureux d’aller partager à ce rendez-vous mondial. Je ne devais pas garder ce message pour moi, mais le partager pour le bien de tous. Après la découverte des nids d’oiseaux, ma mère me disait : «Le temps est le secret de tout ; c’est la seule chose dont personne ne semble vouloir tenir compte réellement ; la croyance et la confiance t’amènent à découvrir la vérité pour que cette vérité te rende libre et gagnant ». Cette idée m’est restée.

Rapportez-nous votre sentiment au moment de la délibération dans votre catégorie.

D’abord, je ne m’y attendais pas. Je ne savais pas que c’était moi, et je voulais même ressortir de la salle quand mon compatriote Nathanaël vodouhè, qui a participé aux jeux dans la catégorie «peinture», s’est mis à crier et dire «Non ! Rémy, c’est toi ! ». C’est en ce moment que je me suis retourné pour aller monter sur le cube n°1.

Une réaction qui trahit cette confiance. Vous doutiez alors de votre travail ?

Non. Je me demandais si cela m’était vraiment destiné ou si c’était pour rendre hommage aux oiseaux qui m’ont donné l’idée de tisser le fil de fer. Moi je ne suis en réalité qu’un ouvrier. J’ai découvert les nids d’oiseaux, j’ai décidé de faire comme eux parce que j’ai compris que chacun de nous à une mission divine sur terre, et c’est le temps pour moi d’accomplir la mienne. Et je le fait grâce à cette découverte, donc grâce à ces oiseaux.

Quel sens donnez-vous à cette médaille ?

Au moment où je l’ai reçue, je me suis dit, voilà plus de pouvoir, plus de responsabilité ; il va falloir que je travaille plus dure.
Quel est ce pouvoir ?

Etre médaillé veut dire que vous avez travaillé jusqu’à une étape et que cette étape mérite une médaille pour vous amener à continuer.

Et la responsabilité ?

                 … grâce à l’installation ‘’L’avenir’’
La responsabilité, c’est de continuer le travail pour redonner cette confiance à la jeunesse puisque c’est ça ma mission et le message dont je parlais.

En quoi faisant ?

Les oiseaux arrivent à tisser leur nid avec leur bec alors que l’homme a dix doigts pour faire plus. Comment le faire ? C’est cette question que je renvoie, pour une jeunesse travailleuse, une jeunesse de joie. Avec l’amour du travail, l’avenir est certain.

Parlant d’avenir, c’est le nom de l’œuvre qui vous a valu l’or. Est-ce alors un résumé de votre travail que vous présentiez ainsi à Abidjan ?

Ce mot est très important pour moi. L’avenir, c’est le monde de demain qui est encore tout un mystère. Alors, pour le préparer et vivre le meilleur, c’est déjà aujourd’hui. Cela veut dire que le temps est le secret de tout. Si on arrive à en tenir compte, c’est possible de vivre un avenir meilleur.
Dans votre installation, vous avez représenté cet avenir par un père, une mère et un enfant. Pourquoi ?

C’est une famille. C’est la famille qui compose le monde. Le petit symbolise cet avenir ; c’est nous aujourd’hui ; c’est à nous de prendre la relève pour que le monde de demain soit meilleur. Mais avant de nous voir, il faut une mère. Pour avoir des milliers de graines il faut toujours faire recours à une seule graine. Et si cette graine ne germe pas, on ne pourra jamais en avoir des millions. C’est pourquoi j’ai nommé la maman la reine mère qui porte en elle l’humanité. Le père, c’est le penseur. Le père représente les grandes organisations, les conférences, les grandes décisions puisqu’il faut forcément passer par des réflexions pour préparer le bien être des enfants, leur éducation, leur épanouissement, leur santé pour construire cet avenir.

Tu l’as mis assis sur un tabouret, alors que les deux autres membres de la famille sont debout.

Il est un siège de conscience et de pensée. Le sage assis voit plus loin qu’un jeune homme debout.

Au-delà de la médaille d’or, que vous apporte de plus les jeux de la francophonie ?

C’est une renaissance. Je me vois né de nouveau pour tisser le fil de fer. Il y a eu aussi cet atelier d’échanges entre artistes. C’était un partage. Cela a confirmé certaines idées que j’avais et m’en a donné de nouvelles.

Réalisée par Blaise Ahouansè

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