Djossè Léobard Houenou au sujet du Design 7 : «Puisons dans nos architectures traditionnelles, des réponses aux problèmes du monde moderne »
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| Djossè Houenou, auteur de Design 7 |
Architecte
Dplg (Diplômé par le gouvernement français) et au service des Nations-Unies
depuis une douzaine d’année, en tant qu’ingénieur civile pour le développement
durable, Djossè Léobard Houenou est auteur d’un concept dénommé Design 7, sur
la modernisation des architectures. Rencontré à Cotonou après la publication de
son livre « Design 7 : Architecture africaine, De la tradition à la
modernité », il nous parle du fond et des avantages de ce concept.
Interview.
Vous êtes auteur d’une approche architecturale
appelée Design 7. De quoi s’agit-il fait ?
Design 7,
c’est un concept que j’ai développé dans un atelier de recherche et d’étude architecturale
pour la promotion des matériaux locaux. C’est un concept que j’ai mis au point
après mes études à Paris, où j’avais développé une thèse de fin d’étude sur la
modernisation des architectures de terre. Le jury m’avait conseillé de publier
d’abord et d’aller sur place pour voir l’actualité de la thèse. Le Design, c’est
harmonisation de l’environnement, et le 7, c’est le chiffre qui exprime la
totalité de l’harmonisation.
En quoi consiste ce concept ?
Nos
travaux de recherche ont consisté à construire toute sorte d’équipement, toutes
sortes de maison, de villa urbaine, avec des matériaux locaux dans les
villages, dans les villes et dans tous les pays Africains, c'est-à-dire la
terre, la pierre, le bois, avec des techniques qui permettent de mieux les
utiliser et de répondre aux normes de durabilité, de sécurité, d’hygiène, de la
société moderne… Surtout nous puisons dans les richesses de nos architectures
traditionnelles, des réponses aux problèmes qui se posent au monde moderne
aujourd’hui, et c’est le sujet même de ce livre. L’architecture n’a de réalité
concrète que par la mise en œuvre des matériaux adaptés à l’environnement. Le
tout béton qu’on voit aujourd’hui dans nos grandes villes, utilisé surtout à
Cotonou et Porto-Novo, n’est pas adapté au climat chaud de cette Afrique. Les matériaux
les mieux adaptés c’est des matériaux en terre qui permettent de réguler
automatiquement la température ; ces bâtiments sont naturellement
climatisés.
Et si vous devriez proposer quelque chose dans ce
sens pour votre pays ?
Le Bénin est
un pays doté en matériaux de construction du nord au sud. Le pays a de la très bonne
qualité d’argile, de terre, de pierre, et des matériaux qui sont très utiles à
la construction de bâtiments durables. Je proposerais de diffuser dans nos 77 communes
des machines Hydra-formes par exemple, permettant à la population de
reconstruire elle-même son environnement. Ce pays sera transformé complètement ;
nous pourrons construire ou reconstruire nous-mêmes nos écoles, nos centres de
santé, centre culturel, et rebâtir vraiment un Bénin tourné vers l’avenir.
Le pays pourra-t-il supporter le coût de ces
machines ?
Ces
machines ne coutent pas aussi cher qu’un véhicule, qu’une moto. Nos dirigeants
mettent de l’argent dans des futilités, des choses inutiles pour la population,
et qui reviennent beaucoup plus cher. Acheter des machines à briques en terre
stabilisée, acheter des machines pour tailler la pierre pour reconstruire nos routes,
pour reconstruire toute sorte d’équipement, c’est des investissements qui
changent tout. Et encore, c’est des constructions à haute intensité de main
d’œuvre, qui peuvent pratiquement absorber tous les jeunes qui sont aujourd’hui
sans emploi, les mettre au travail et redynamiser vraiment l’économie du pays.
Mais ces jeunes ne sont pas formés pour ce
concept !
Nous
allons les former parce que Design 7, ce n’est pas sorcier. C’est des
techniques très simples. En quelques semaines, on peut former ces jeunes. Les briques
hydra-formes sont des briques autocollantes, des briques qui permettent de
monter des murs sans ciment. C’est une révolution dans le bâtiment, le top de
la technologie aujourd’hui en matière de construction en terre. C’est ce que
nous pouvons conseiller aux décideurs politiques pour enfin ouvrir le chemin de
l’emploi et de la création de la richesse. Dans notre concept, rien de se perd,
tout se transforme. Même les déchets, liquides ou solides, biodégradables ou
non. Nous voulons inviter les décideurs politiques à regarder cette réalité de
près, qu’ils aient la vision sur les choses les plus simples, les plus basiques
et faciles à réaliser.
Propos recueillis par Blaise Ahouansè

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