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Théâtre à l’Ifb : «Du jour au lendemain», et si on en parlait tôt




        Le couple Armand & Verra dans « Du jour au lendemain »  l’Ifb

Dans une mise en scène de Tola Koukoui, Eliane Chagas et Roger Gbégnonvi ont représenté samedi dernier à l’Institut français du Bénin à Cotonou, « Du jour au lendemain » de Mireille Gandebagnie. 25 ans sans creuser le nœud de leur discorde, jusqu’à ce jour où le couple devait recevoir la dépouille mortelle de son ‘’fils’’ unique.
Ce soir du samedi 02 décembre 2017 sous la paillote de l’Institut français du Bénin à Cotonou, c’est une vie de couple qui s’exprime. Dans une mise en scène de Tola Koukoui, Roger Gbégnonvi et Eliane Chagas plongent le public dans le vécu commun du couple Armand et Verra, sous la plume de la jeune comédienne et dramaturge béninoise Mireille Gandebagnie : « Du jour au lendemain ».
Du jour au lendemain, la belle histoire d’amour qui avait commencé entre Armand et Verra alors jeunes amoureux, devient désastreuse, un calvaire. L’amour qu’ils se sont promis est devenu « du jour au lendemain » haine et rancunes, qui les ont rongées durant des années. Ce n’est qu’après 25 ans que ce samedi, alors qu’ils attendaient à la gare la dépouille mortelle de leur ‘’fils unique’’, que le mari décide d’arrêter de jouer dans la mise en scène de sa femme, où en public ils forment un couple ‘’normal’’ et heureux, alors qu’au foyer c’est un couple déchiré avec des sujets aussi graves les uns que les autres ; un mari méprisé, torturé moralement, trompé, etc. Leur conversation ce soir à la gare met à nu ce qu’a été pendant plus de deux décennies, leur quotidien de couple : contradictions, égoïsme, mépris, rancune...
Ce soir, Verra et Armand s’accusent. Alors que l’homme incrimine sa femme d’infidélité entre autres, celle-ci justifie son acte par l’incapacité de son mari à procréer. Ajoutant qu’elle a reçu l’autorisation d’Armand pour découcher afin que leur couple puisse avoir un enfant. Mais pour Armand, Verra pouvait le faire avec tout le monde sauf le beau frère. Le jour où il l’a su, il a cessé de vivre dit-il, pourtant il est resté à subir en silence jusqu’à ce soir… à la gare. Mais c’était trop tard. Au bout de 70 minutes de dialogue acharné, où chacun a dit ce qu’il reprochait à l’autre, ils ne sont pas parvenus à se trouver une porte de sortie, même pas le divorce.   
Ceci n’est qu’une illustration des nombreux couples apparemment normaux, mais qui se déchirent pendant des années sans pouvoir mettre ce qui les ‘’dévore’’ sur table, et en débattre franchement. Cette pièce est entre autres une invite au dialogue franc et à temps au sein des couples, pour préserver l’amour. « Je ne veux plus que les couples laissent pourrir des situations avant de les régler » confie l’auteur. Il y va de la paix dans la société en général.

Roger Gbégnonvi, au-delà de la passion du théâtre

Pour Roger Gbégnonvi, c’est une belle expérience de se retrouver sur scène avec Eliane Chagas autour du texte d’une jeune dramaturge béninoise. Des adultes de plus de 60 ans qui mettent leur talent à profit pour donner vie à l’inspiration d’une jeune femme, c’est la plus belle chose qu’il dit avoir aimée dans cette aventure. Une expérience qui doit être dupliquée dans d’autres secteurs, à l’en croire. « Si des adultes peuvent donner quelque chose aux jeunes pendant qu’ils sont encore là, il faut le faire » conseille l’ancien ministre de l’alphabétisation.

Blaise Ahouansè

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