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Musique béninoise : Africa Sound City pour le retour aux racines et le criblage



Jah Baba, un ambassadeur de la musique béninoise
Le centre culturel Africa Sound City Cotonou, vu ses nouveaux projets, se révèle un établissement détecteur et formateur d’artistes porteurs et défenseurs de la culture béninoise, notamment dans le secteur de la musique et les disciplines afférentes

Dans la vision de mettre son expertise au profit de l’émergence d’une génération de professionnels de la musique, véritables ambassadeurs des couleurs béninoises, le centre culturel Africa Sound City entend investir les milieux scolaires. C’est l’un des axes majeurs des actions que le centre envisage entamer cette année 2018, d’après l’artiste Jah Baba, le promoteur. Il parle d’un travail de retour aux valeurs culturelles et traditionnelles béninoises dans le milieu scolaire. « Nous allons beaucoup accentuer nos efforts sur ce volet, parce que l’endroit le plus génial où tout se cultive, où tout se trame, c’est le milieu scolaire. L’objectif, c’est de ramener cette cible aux valeurs traditionnelles dans une dynamique de restauration de celles-ci. », Informe-t-il. Mais pour l’instant et par manque de moyens, il compte commencer par les universités, à travers un concours de musique qui prend en compte tous les acteurs intervenant dans la production et la promotion d’un morceau. « Africa Sound City organisera une grande compétition interuniversitaire, destinée aux chanteurs, écrivains, stylistes, managers (gestionnaires de ressource humaine), cadreurs, photographes, imprésarios, présentateurs et autres. ». Le travail avec les groupes en compétition et qui se poursuivra avec le lauréat, sera axé sur comment puiser dans la musique traditionnelle pour créer des produits exportables. A en croire Jah Baba, c’est une initiative qui prend en compte d’autres aspects accompagnant la musique, et qui peuvent vendre la culture béninoise. « Pendant cette grande compétition, nous allons aussi mettre l’accent sur les modes vestimentaires de chez nous ; les chansons seront écrites à la fois en français et dans les langues locales. », informe-t-il.
Au-delà d’un concours, il s’agit de toute une approche de création musicale au profit de la valorisation et de la promotion de la culture béninoise, dans laquelle Africa Sound City veut embarquer les élèves et les étudiants. En les poussant à travailler ensemble pour que leur université sorte gagnante de la compétition, Jah Baba ambitionne leur inculquer le sens du travail d’équipe pour parvenir à des industries musicales ou de création en général. « A ce sujet, je dois relever que l’un des problèmes dans notre société aujourd’hui, c’est que nous voulons tous être leader. On ne veut pas rester ensemble et poursuivre un objectif commun jusqu’à la fin, c’est ce qui nous tue justement dans tous les secteurs, les arts y compris. Nous voulons donc les amener à développer le travail d’équipe, avec un objectif commun.».


Un criblage pour l’honneur de la musique béninoise

Dans cette même logique, Africa Sound City ouvre sa programmation de concert cette année, à des artistes qui n’ont pas encore une grande renommée. « C’est-à-dire que nous allons identifier leur talent, les accompagner dans la réalisation de leurs œuvres. Nous avons un studio de production et les compétences requises pour les accompagner dans l’arrangement, l’orientation artistique, la création et la gestion d’instruments de promotion sur les réseaux sociaux, Youtube… Nous offrons aussi du coaching pour qu’un produit génial soit présenté au public. Ses avis seront ensuite pris en compte, afin de refixer les détails au niveau de cette production et de l’enregistrement au studio », explique le promoteur. Avec le produit fini, ces artistes auront la chance d’intégrer un circuit de production composé de structures nationales et internationales, avec qui Africa Sound City a noué des partenariats. « Ceci offre de la mobilité, la possibilité de se produire sur d’autres scènes à l’international », défend Jah Baba.

Blaise Ahouansè

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