Numérisation du son des instruments traditionnels : Africa Sound City résout un problème crucial de la musique béninoise
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| Jah Baba met son centre au profit de la correction des tares de la musique béninoise |
Au nombre
des activités de sa nouvelle saison artistique ouverte le 1er février
2018, le Centre culturel Africa Sound City à Cotonou propose l’intensification
des formations, notamment sur le son. C’est dans le but de répondre aux
difficultés de reproduction exacte des effets ou de l’énergie des instruments
traditionnels du Bénin sur les bandes, qui constituent un des handicaps de la
musique béninoise sur l’échiquier international.
La musique
béninoise peine toujours à se faire une présence constante et imposante à
l’international. Ainsi, les artistes locaux qui s’adonnent à une musique de
recherche pour révéler les couleurs musicales béninoises, peinent à rendre
compte de la richesse et de l’originalité de cette musique. Les sonorités
proposées en n’ont pour beaucoup, parce que l’identité d’une musique réside
notamment dans le son. Pour le musicien-chanteur Jah Baba, c’est même le fond
du problème de la musique béninoise. Du haut de ses années d’expériences qui
lui ont permis de toucher du doigt les réalités d’une musique de recherche sur
les rythmes béninois, il confie : « La musique béninoise souffre du fait
que les vraies sonorités des instruments traditionnels de chez nous ne sont pas
reproduites sur bande comme cela se doit. Ça tue l’originalité et n’incite
pas à aller vers cela sur le plan international.». Il s’explique :
« Ces
instruments traditionnels qui transmettent des émotions spécifiques, sont dans
un état délicat par rapport à leur reproductivité sur les bandes. Quand par
exemple on joue du kpézin –un tambour béninois ndlr- à côté de vous, vous
ressentez quelque chose parce que cet instrument véhicule un message qui peut
être une incantation ou une prière. Si les fréquences ne sont pas enregistrées
comme il se doit, on n’aura pas le même effet quand on l’écoute d’une bande. Du
coup, c’est des musiques qui ont une courte vie ; elles chutent et
meurent. Mais si l’individu ressent les effets comme s’il était en contact
naturel avec l’instrument, il a envie d’écouter, de réécouter pour toujours se
mettre dans le bain. ».
Pour y
remédier, il faut une école pour former des professionnels de prise de son à
l’enregistrement spécifique qu’exigent ces instruments de musique béninois. Ce dont
notre pays ne dispose pas encore. Comme alternative, Jah Baba à travers son
centre culturel Africa Sound City sis à mènontin à Cotonou, met son expérience
de musicien, ingénieur de son à profit pour cette
formation. « Africa Sound City a trouvé urgent de dispenser des formations
sur les différentes caractéristiques de prise de son. Il faut faire en
sorte que les gens aient la connaissance nécessaire pour ne plus avoir peur
d’enregistrer en live les instruments traditionnels » affirme l’artiste.
C’est l’un des projets phares du centre de sa nouvelle saison artistique, qu’il
a lancée 1er février 2018.
D’autres opportunités de formation
Dans ses
projets pour cette saison, on note que le centre est carrément dans une logique
de renforcement du rôle formateur qu’il joue dans le domaine de la musique, en
plus d’être un espace de création artistique et de diffusion. Outre la
formation en prise de son, le centre propose également des sections pour la lumière.
« Il
faut créer l’environnement idéal pour que les spectacles puissent être vivants et
instructifs.», indique l’artiste promoteur du centre. Egalement, il y a
la formation continue en apprentissage des instruments de musique qui se
poursuit à Africa Sound City. Ceci, dans le but de permettre à tout le monde,
du moins tous ceux qui le désirent, d’avoir de la matière pour apprécier à leur
juste valeur les musiques. « Les gens ont tellement consommé n’importe
quoi, et c’est par rapport à ça qu’ils apprécient les œuvres produites. On va
donc faire en sorte d’introduire dans les habitudes une petite connaissance de
la musique, pour permettre à l’individu de bien choisir ce qu’il écoute,
apprécier ce qu’il entend comme musique, rechercher ce que ça lui apporte,
l’impact sur lui et sa famille.», informe Jah Baba. Il rassure de ce que
c’est à des coûts très abordables afin de permettre à beaucoup de personnes de
s’inscrire.
Blaise Ahouansè

Ça c'est bien.c'est une bonne option.bravo!!!!
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