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Les échos de Lobozounkpa #3: Les frères Guèdèhounguè pêchent des adeptes

La troisième édition des Echos de Lobozounkpa a offert aux frères Guèdèhounguè une scène dans la soirée du samedi 21 décembre 2019 à Le Centre. Le groupe connu pour son attachement à la culture vodoun est resté dans une campagne pour le retour aux « racines ».

Les frères Guèdèhounguè sur la scène des Echos de Lobozounkpa #3
Adja, zangbéto, blékété, kokouhoun, ganbada, etc. Le complexe culturel Le Centre à Lobozounkpa était devenu un prolongement des couvents vodoun de par la musique ce soir du samedi 21 décembre 2019. Pour un concert d’un peu plus de deux heures, les Frères Guèdèhounguè ont fait l’option de rester en mode traditionnel pur pendant près de 90 minutes. Prince Agba, le porte-parole du groupe justifie le choix: « En voulant rester dans la globalisation où on s’interdit de vivre en autarcie, il ne faut pas qu’on abandonne aussi trop la source. C’est pourquoi nous avons dans un premier temps fait un métissage –tradi-moderne- et puis dans un deuxième temps nous avons voulu replonger le public dans ses réalités endogènes, dans le réel ».

Lobozounkpa en transe

Le public visiblement y a marqué son adhésion. L’énergie que dégageaient les tambours associés à la résonnance forte des voix des héritiers Guèdèhounguè a tôt fait d’emporter la grande partie du public. On dirait que les spectateurs sont devenus en majorité des adeptes de cultes vodouns. Les pas de danse et les refrains inspirés des couvents qu’exécutaient les frères Guèdèhounguè étaient repris systématiquement dans le public. Chacun y allait avec toute sa force pour vivre le concert. « Nous avons eu droit à un public surexcité. Nous sommes fiers de l’accueil du public du début jusqu’à la fin », reconnait Prince Agba au terme du concert, heureux d’avoir réussi une mission. « C’est une façon de faire revenir tout le monde à la source », apprend-t-il. « Après le passage de deux génocides culturels, l’esclave et la colonisation, nous avons un développement extraverti ; et tous les jeunes ont un regard tourné vers l’extérieur alors que nous avons nos valeurs », relève l’artiste. 

Il fallait initier les Echos de Lobozounkpa

A ses dires, Le Centre et ses partenaires dont l’Agence Dekart ont eu le mérite de leur donner l’opportunité non seulement de communier avec le public mais surtout de susciter en son sein ce retour à la source. « Merci aux initiateurs du festival », déclare-t-il. Pour lui, ce sont de telles initiatives qu’il faut dans le secteur culturel mais qui malheureusement manquent, surtout qu’il est aussi question de détecter des talents. Et Les Frères Guèdèhounguè se disent disposés à accompagner tout jeune qui s’intéresserait à leur musique. « Si des jeunes s’intéressent à notre musique, c’est avec plaisir que nous allons les accueillir et les aider, nous devons le faire ». Au public, ils réservent des surprises. « Avant la fête du 10 janvier, vous aurez le temps de le constater », annonce Prince Agba.

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