Représentation de « Les plis de l’héritage » à Le Centre: La Cie Aspara déplie les injustices faites aux femmes dans l'accès à l'héritage
La compagnie Apsara a présenté la pièce « Les plis de l’héritage » le vendredi 24 octobre 2025 à l’espace culturel Le Centre de Lobozounkpa. Cette deuxième création s’inscrit dans le cadre de son projet de formation théâtrale de jeunes comédien·ne·s béninois·es, entamé en 2024, et participe d’une campagne contre l’exclusion des femmes de l’héritage au Bénin.
« Même si les lois statuent que la femme a le même droit d’hériter que l’homme, dans les villages, les normes sont autres. La femme est bannie de l’héritage », déplore Silvia Barreiros qui met ce sujet au cœur de la pièce « Les plis de l’héritage », cosignée avec Laurence Gnaro. À l’issue du processus de création, la première représentation s’est tenue le vendredi 24 octobre 2025 à Le Centre de Lobozounkpa, dans la commune d’Abomey-Calavi.
Sur scène, de jeunes comédien·ne·s béninois·es restituent l’histoire d’une famille en conflit dans un village, autour de l’héritage du père après sa mort. Le souhait de la sœur aînée, Donan (partie étudier en ville), de récupérer la canne de leur père, souvenir de leurs promenades passées, déclenche un grand affrontement pour le partage des biens. Ses frères s’y opposent, prétextant que son sexe lui retire tout droit d’aînesse en matière de succession. Entre traditions et lois, cette lutte, révélatrice de nombreux secrets, sera finalement arbitrée par l’oracle…
C’est un sujet sensible que la compagnie aborde avec un traitement teinté d’humour. L’exploitation des langues locales, les chants, les danses et les répliques comiques entre menaces et émotions rendent la pièce accessible et digeste pour un public de tout âge. « C’est une façon de faire passer le message », justifie la metteure en scène, Silvia Barreiros. Fidèle à sa démarche de théâtre engagé notamment genre, elle milite ici, pour un changement de mentalité. « Les temps changent, le monde change ; il faut que les mentalités changent aussi », clame-t-elle. Ce spectacle s’inscrit d’ailleurs dans une campagne contre l’exclusion des femmes de l’héritage au Bénin.
La touche particulière de Nicolas Houénou de Dravo
Pour Nicolas Houénou de Dravo, le changement de mentalité passe d’abord par l’éducation avant la législation. « Le plus grand héritage, c’est l’éducation », soutient-il. C’est Nicolas Houénou de Dravo qui ouvre la soirée avec une performance poétique et spirituelle. Devant le petit musée de la récarde, celui qui incarne plus tard le prêtre de Fa dans « Les plis de l’héritage » fait taire tout bruit, toute émotion, pour plonger le public dans un monologue dans un village où le roi, jusque-là réputé pour son intelligence, est troublé par une simple question d’un enfant : « Qu’est-ce qui sépare le bien du mal ? ».
En quête de réponse, le roi s’aventure dans la forêt après l’échec de toutes ses tentatives au palais. Il y rencontre une vieille femme qui lui révèle sept signes : l’orgueil, l’avarice, la luxure, l’envie, la gourmandise, la colère et la paresse. « Lorsque ces sept signes sont quelque part, le bien disparaît. Mais quand ils sont domptés, la lumière apparaît et règne », lui enseigne la vieille dame. Sur cette leçon, Nicolas conduit le public dans une petite procession jusqu’au village de Donan.
Les plis de l’héritage porte des messages clairs de sensibilisation, d’abord pour l’amour du travail, ensuite pour les droits de la femme. La compagnie Apsara prévoit une tournée nationale afin de diffuser cette pièce et son message jusque dans les coins les plus reculés du pays.
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