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A la découverte d’un plasticien à l’atelier «Cénacle expérimental» : Ferréol Yamadjako, de l’audace et de l’énergie dans le style


Sélectionnés chacun surtout du fait de l’originalité dans son travail, neuf jeunes plasticiens béninois se sont retrouvés en atelier de formation et de création au Café Cauris Coquillage à Cotonou, du 1er au 9 avril 2015. Portrait d’un parmi eux, qui nous a épaté lors de notre visite sur le site vendredi 3 avril dernier. Lionel Ferréol Yamadjako alias Yamferlinos, artiste peintre et designer.

Lionel Ferréol Yamadjako alias Yamferlinos dans…
Un enfant qui ne sait ni lire ni écrire mais qui fait des lignes avec une craie blanche sur un tableau noir. C’est exactement ce que fait Lionel Ferréol Yamadjako alias Yamferlinos ce vendredi matin au Café Cauris Coquillage à Cotonou. En résidence de formation et de création avec huit autres collègues plasticiens d’origine béninoise, on dirait qu’il s’amuse pour l’instant en quête d’inspiration. Mais non ! C’est déjà le travail proprement dit. C’est son style, c’est sa méthode. Approché pour comprendre, il confie, «Je démarre toujours comme un enfant qui griffonne des lignes sur un tableau ». Son collègue Mahoussi Pierre Ahodoto  le confirme, « Si on vous cache l’artiste, et que vous voyez l’œuvre, vous direz que c’est un enfant ; un enfant qui joue. Il n’est pas fermé dans une règle ou des règles ».
Loin d’être un jeu d’enfant, c’est en réalité, le début d’une méthodologie soigneusement conçue par le jeune plasticien qui a fait ses premières armes dès 1998 chez Pascal Avokpo à Ouidah et s’est plus formé par la suite, dans les ateliers de création surtout au Nigéria. « C’est plus les ateliers et résidences de création qui m’ont formé. J’ai fait plus le Nigéria. Là-bas, ils ont plus des académiciens » raconte-t-il.

Liberté et audace

Ce style qui le caractérise, fait sa particularité et sa force, Yamferlinos l’a bâti sur la liberté et l’audace partant de ce jeu à l’image de cet enfant qui griffonne sur un mur. « Je n’ai pas peur de jeter la peinture, des couleurs sur la toile. Quand tu as la peur, on n’est pas libre. C’est la peur qui bloque l’artiste. Je suis libre dans ma création, pas borné » affirme l’artiste. « Il n’est pas fermé dans une règle ou des règles, il est libre dans son style » témoigne Mahoussi. Mais ce jeune qui vit et travaille à Calavi est plutôt guidé par les chemins que prennent la peinture et l’eau qu’il laisse couler sur la toile sans calcul, presque. Là-dans, il recherche une seule chose, une tête de profil. Cette notion, il la doit à sa formation au Lycée Technique Coulibaly de Cotonou d’où il est sorti en 2006 doté d’un Cap revêtement bâtiment. Il fut à cet examen en cette année, 1er sur le plan national. Seulement, toujours au nom de cette liberté d’expression, il s’adonne moins au bâtiment au profit de l’art. « L’art me consomme plus. Dans l’art, je suis libre. Par contre, dans le bâtiment, tu es esclaves, dès que le client te donne l’argent, il te dicte sa loi, c’est la pression, et autres.» raconte Ferrol Yamadjako dont le genre aujourd’hui est reconnu dans le milieu des arts plastiques comme de l’audace. Mahoussi l’appelle carrément « l’audacieux dans son style ». « Il est dans un monde différent. Ce n’est pas donné à n’importe qui. C’est un travail qui a de point» reconnait ce dernier. Charly d’Almeida, plasticiens de renommée internationale, en exprime une fierté de l’avoir découvert et intégrer dans cet atelier « Cénacle expérimental » qu’il a initié. « Il est audacieux. Tout le monde sait que c’est un audacieux» se réjouit Charly qui explique, « Il faut avoir le courage de mettre la peinture. Il ne faut pas avoir peur de mettre la peinture de peur que ce ne soit pas beau. Si ce n’est pas beau, on reprend. Certes cela décourage parfois, mais c’est là qu’on retrouve l’esprit de recherche que doit avoir l’artiste.» 
Ces témoignages de collègues et surtout d’un ainé Charly ne font que rajouter au cran de ce jeune artiste plus inspiré quand il sent autour de lui, la femme, du moins la beauté féminine dont il capte l’énergie et la lumière pour en transmettre à ses tableaux.

Trop d’énergie qu’il faut canaliser

… ses créations lors de l’atelier «Cénacle expérimental»
«Ferréol a assez d’expérience. Il a une base. Une recherche permanente » témoignage Charly. En témoigne aussi toute cette base d’énergie avec laquelle il communie avec ses œuvres dont la valeur trahit sa moyenne taille. Mais cette énergie ne ferait pas toujours de bien pour ses œuvres, du moins pour l’appréciation du public. Car, à en croire Charly, trop d’énergie peut rendre difficile la lecture de la toile. Alors Charly lui conseille, « Il faut alléger la lecture. Il faut que le regard soit posé sur l’œuvre avec plaisir. S’il n’y a pas ce plaisir, il y a alors quelque chose qui choque. C’est pourquoi dans l’atelier de l’artiste, l’œuvre n’est jamais finie, on a toujours envie d’ajouter quelque chose, mais à des moments donnés, on pose la signature et on abandonne».
Visiblement Yamferlinos en est conscient. Il y a d’ailleurs trouvé une solution qu’est la recherche de l’équilibre entre l’éclairage et l’obscurité d’une part, et entre les couleurs d’autre part, sur la toile. Tout ceci réuni, l’œuvre produite satisfait les passionnés des arts plastiques. Alors Charly ne peut que se combler d’avoir déniché ce talent exceptionnel. «Je compte sur lui» déclare-t-il.  

Blaise Ahouansè

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