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Fitmhand s’ouvre ce vendredi : « C’est une tribune d’expression pour les artistes handicapés » (Gaston Eguedji)


Gaston Eguedji pour la défense des droits 
des personnes handicapées à travers le Fitmhand
La cinquième édition du Festival international de théâtre et de musique pour personne handicapées (Fitmhand) s’ouvre ce vendredi, 4 décembre 2015, à Lokossa. Gaston Eguedji, le promoteur de l’événement, évoque ici les grandes lignes et particularités de cette fête qu’il organise au profit d’une cible de personnes dont il se fait défenseur de leurs droits notamment celui d’expression de leurs talents au même titre que tout être humain. Interview.

Le Festival international de théâtre et de musique pour personnes handicapées (Fitmhand) souffle cette année sa cinquième bougie. Qu’en sera-t-il de la manifestation ?

Les  04 et 05 décembre 2015 nous célébreront la cinquième édition du Festival international de théâtre et de musique pour personne handicapées (Fitmhand) à Lokossa. Cette année, nous avions invité des artistes du Bénin, du Togo, du Niger et du Burkina Faso. Le festival connaîtra deux grandes étapes. Il y aura une première journée, celle du 04 décembre qui sera consacrée à des représentations théâtrales. Le public aura l’occasion d’apprécier le spectacle «La nuit de la mendicité» de l’association Grosssodo de Lokossa, mise en scène par Armand Sonissou. Il y aura ensuite le spectacle, «Gbetac-Tic à la rue des pingouins», une pièce de Gustave Akakpo mise en scène par Anicet Adanzounou et présenté par Sofiath Bello, une chorégraphe et comédienne béninoise qui se retrouve amputée d’une jambe après un accident. Je vous assure, ce sera un moment assez pathétique et plein d’émotion.
Le lendemain, le public aura droit à un géant spectacle de musique live sur l’esplanade de la maison du peuple de Lokossa. Il y aura des chanteurs handicapés du Bénin, tels que Aubin Mintchi alias Obino Mouyako de Azové, Roger Tchaou, Orou Barré alias Ras I Barré. Du Niger, il y aura l’artiste Moussa Toukou. Amah Maananemesse viendra du Togo, Haly Traoré alias Haly Ponré sera notre invité du Burkina Faso. Plusieurs autres artistes du Bénin, m’appellent et insistent pour nous accompagner. Je suis vraiment fier de l’engouement que suscite l’événement au sein du collectif d’artistes handicapés.

Quels sont les objectifs que vise l’organisation de ce Festival ?

Notre ambition est de créer en un premier temps, un cadre assez conviviale de rencontre, d’échange, et de partage entre les artistes handicapés afin de les aider à mieux se connaître, se côtoyer et à susciter chez eux, l’envie de se retrouver dans un creuset susceptible de les aider à mieux s’exprimer et à davantage porter leur voix pour la défense de leurs intérêts communs. D’autre part, ce festival se propose de décomplexer les artistes handicapés, de les aider à davantage se faire confiance et à croire en leur talent, puis, de mettre à leur disposition, une tribune d’expression conçue rien que pour eux afin de leur permettre de vendre leur talent et de le proposer au grands public.

Qu’es-ce qui vous a inspiré cet événement ?

J’ai découvert qu’il existe au Bénin et en Afrique des personnes frappées d’un handicap physique, mais dotées de talents d’artiste inouïs. La plus part de ces personnes, sont complexées et par conséquent peinent à se faire connaitre ou à révéler leur talent. C’est alors que j’ai pensé à leur offrir une tribune d’expression à elles seules. L’idée du festival est née afin de mettre en exergue le talent des artistes vivant avec un handicap physique. Ils sont nombreux et exercent dans différents domaines artistiques et culturels. Mais pour des raisons de commodité, nous avons décidé de travailler progressivement avec les artistes dramaturges et chanteurs. Ainsi, depuis 2011 nous organisons ce festival avec l’appui de quelques partenaires dont, entre autres, le ministère de la culture. La première édition s’est déroulée à Cotonou en 2011, la seconde en 2012 à Lokossa, la troisième en 2013 à Parakou, la quatrième à 2014 à Lokossa. Pour cette cinquième édition qui aura lieu elle aussi à Lokossa, nous donneront l’occasion aux artistes handicapés de livrer un message à l’occasion de la célébration de la journée des personnes handicapées.

Nous constatons que ce festival à caractère itinérant passe plus de temps à Lokossa que dans les autres villes du Bénin, comment l’expliquez-vous ?

Le Festival international de théâtre et de musique pour personne handicapées est un festival itinérant. Mais notre ambition est de l’installer dans une ville précise afin de permettre son enracinement. Plusieurs villes l’ont certes déjà accueilli, mais la ville de Lokossa semble l’avoir adopté et nous offre un cadre d’expression et d’épanouissement plus approprié. Les autorités de cette ville nous facilitent beaucoup la collaboration et son public est l’un des plus chaleureux de notre festival. Ne soyez pas surpris à la longue que le festival soit domicilié à Lokossa. Nous restons tout de même ouverts aux négociations.

Un appel ?

J’exhorte toutes les personnes désireuses d’exprimer leurs solidarités aux personnes handicapées de se joindre à nous afin de nous aider à réussir ce chalenge annuel. Nous sommes tous des handicapés qui nous ignorons, et je crois que nul n’est à l’abri d’un handicape physique. Pour ce fait, j’exhorte les autorités politico-administratives d’arrêter avec les actes d’exclusion ou de discrimination à l’égard des personnes handicapées. Elles ont droit à une chance de vivre, de travailler et de s’épanouir. Nous n’avons pas le droit de les priver de ce droit.

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