La
13ème édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb)
devra se tenir pas selon un calendrier défini par la nouvelle équipe de la Direction
du festival mais en urgence avant le 28 février 2016 au gré du ministre de la
culture Paul Hounkpè.
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| Paul Hounkpè pour une édition 2016 sacrifiée du Fitheb |
Décidemment !
Le Fitheb est-il né pour sombrer à jamais au profit des politiciens ?
Après la crise que le Festival international de théâtre du Bénin a connue en
2013 et l’édition de transition en décembre 2014, on espérait l’organisation
d’une 13ème édition du Fitheb
bien réfléchie et préparée dans le temps. Mais hélas ! A peine le nouveau
Directeur installé qu’il devra organiser cette édition pour février prochain.
Son ministre de tutelle, le ministre de la Culture Paul Hounkpè, ne lui donne
que deux mois pour préparer une édition qu’il souhaite « à la à la fois
rénovée, grande et innovatrice ». Il le pense réel sous prétexte que Eric-Hector
Hounkpè, le Directeur, est un homme de défis. C’est une édition du Fitheb hâtive
qui cache des intérêts autres qu’une réelle renaissance du Fitheb après les
fameuses réformes. Pourtant le Ministre dans son discours à l’installation du
nouveau directeur vendredi 27 novembre dernier a martelé que la politique ne va
plus se mêler à certaines institutions. Malheureusement, l’on note clairement que
le Fitheb n’est pas encore inscrit sur la liste de ces institutions. Il devra encore
une fois être sacrifié pour le plaisir d’un Ministre de la culture, avant tout,
dans une mission plus politique que culturelle, surtout en cette période
précise.
Vouloir
de la prochaine édition de ce festival dans deux mois, cache sans nul doute un
désir personnel et égoïste du politique et non un intérêt général pour le
théâtre. Il est même précisé que ce Fitheb soit organisé avant le 28 février
2016. Rien ne presse pour l’organisation avant cette date du festival si ce
n’est juste l’égo d’un ministre de mettre cette première édition d’après les
réformes à son actif. Mais aussi pour en tirer d’autres profits inavoués et
organiser l’événement après février ne l’arrangerait pas du tout. Ceci, parce
que convaincu de ce qu’il ne sera plus là, dans la nouvelle équipe
gouvernementale dont le président sera connu à l’issue du scrutin qui aura lieu
en cette date.
Plus loin,
comme le régime actuel ne rate aucune occasion pour faire ses schows politiques,
le Fitheb, événement international, en sera un très beau surtout en cette
veille d’élection présidentielle, une élection de grands enjeux pour le
Président Boni Yayi. Lui qui réussit désormais, surtout avec l’affaire théâtre
national du Bénin, milliard culturel, à bien jouer avec les artistes qui
constituent un électorat important. Il en profite bien. Et ce n’est pas le
Fitheb qu’il va rater. Son ministre de la culture lui assure bien la mission de
ce côté.
C’est
malheureux pour l’avenir du Fitheb qui, après deux décennies d’instabilité,
doit continuer par être organisé au vent de l’intérêt des politiques. Et il se
trouve curieusement des acteurs culturels qui donnent leur approbation à ce
jeu. Pendant combien d’années encore le Fitheb va être la proie de politiques qu’on
parachute ministre de la culture à la surprise générale et qui sur de gros
dossiers comme ce festival, doivent toujours en premier lieu chercher à satisfaire
leurs ambitions notamment financières et politiques. Et ce, même en sacrifiant
le développement réel du secteur culturel dont ils ont la charge ? « Trist’art »
dirait l’autre.
Blaise Ahouansè

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