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Arts plastiques : Le «succès» de Franck Hantan dans les tentures d’Abomey



Du nouveau au bout des ciseaux et du pinceau de Franck Hantan. C’est la collection «Succès», après «révélation» et «courage», respectivement en mars et décembre 2016. «Succès» est une vingtaine de tableaux d’art exposés samedi dernier par le plasticien au restaurant la Cabale d’As, au Centre de promotion de l’artisanat (Cpa), de Cotonou.
Franck Hantan indiquant l’œuvre « Djogbé »
Ce sont des œuvres qui renvoient aux tentures d’Abomey. Tout est d’ailleurs de la tenture. « Je suis en train de montrer que les tentures d’Abomey sont toujours là », confie l’artiste. Seulement, Franck a beaucoup évolué dans son style par rapport à ces tentures d’Abomey dont les premières remontent à 1708, avec les frères Hantan et Zinflou venus d’Avrankou dans le département de l’Ouémé, sous le règne du roi Agadja. En lieu et place des tissus de raphia de cette époque, Franck Hantan utilise désormais d’autres tissus qu’il peint à sa manière. Aussi, ses coupes ne sont-elles pas collées sur des fonds uniques comme le faisaient ses ancêtres, mais plutôt sur des fonds aux couleurs variantes -rouge, bleu, jaune, vert…-, selon le goût et l’inspiration de l’artiste. C’est une manière pour lui de transcrire sur ses œuvres son impression du continent africain. « L’Afrique brille ; l’Afrique a des couleurs ». Plus loin, il affirme que la voie est dorénavant ouverte pour que l’Afrique arrive à son développement. C’est cette conviction qui, entre autres, l’amène à créer dans cette collection «Succès», le tableau «Djogbé», du nom du premier signe du Fa.
On note également une forte présence de masques dans le style de Franck. La majorité de ses coupes laissent apercevoir des masques, quel que soit l’objet qu’il veut représenter. C’est en référence au vodoun, car la tenture était au départ la manière dont ces habitants d’Avrankou habillaient leur fétiche, et qui a plu au roi Agadja.  Franck Hantan dans sa démarche d’apporter du nouveau à cet art, met tout en œuvre pour garder des indices forts pour la transmission de l’histoire. Pour lui, la tenture d’Abomey constitue un patrimoine culturel qu’il faut sauvegarder. Il invite le gouvernement à y penser dans ses programmes, au profit du secteur de la culture et du tourisme.

Blaise Ahouansè

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