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Claude Balogoun : «Je suis … dans la position de raconteur d’histoire et non d’écrivain»


Claude Balogoun sur l'Ortb

L’auteur du roman «Le pacte», paru en cette année 2017 aux Editions Plurielles au Bénin et officiellement lancé samedi 30 septembre dernier au centre culturel Artisttik Africa à Cotonou, était lundi dernier, sur l’émission 5/7 de la télévision nationale. Claude KoKou Balogoun y est revenu sur la trame de l’œuvre et la suite du projet. Lire ici un extrait de son entretien à l’occasion.

Le pacte, c’est quoi ?

Le pacte c’est un contrat. C’est une entente visible ou invisible entre deux êtres, entre une entité physique ou une personnelle ou surnaturelle. Lorsque cela se scelle, c’est sur la base d’un certain nombre de clauses. Si on les respecte c’est bon. Entre hommes, quand on ne respecte pas on peut au moins s’entendre. Mais avec une entité invisible, je pense que la négociation est plus compliquée.

Vous avez sorti ce roman après avoir sorti « Houèdo ou l’arc-en-ciel », qui est du conte théâtralisé. Du conte au roman, comment vous avez réussit à franchir le pas ?

Le conte c’est un récit, le roman aussi… C’est des histoires qui se racontent. C’est la façon de les raconter qui diffère. Comme l’avait dit le présentateur de mon roman, avant-hier -samedi ndlr-, le roman ne s’embellit pas forcément des mots de démarrage, de fin, de conclusion, des leçons à tirer, etc. Mais c’est une histoire qui se raconte, qui a une suite. « Le pacte », Florent Couao-Zotti le préfacier, comme d’autres personnes, l’a qualifié de conte. Je me suis retrouvé réconforté dans la position de raconteur d’histoire et non d’écrivain. J’emprunte les mots pour dire ce que j’ai à dire dans des termes très simples. Et si vous prenez ce roman, il est écrit d’une façon très simple. … Tout le monde peut lire. C’est ça Claude Balogoun. Claude Balogoun, c’est apporter l’histoire qu’elle soit en conte, en roman ou en théâtre, à la population ; c’est apporter la culture vers toute la population. C’est ce que j’ai essayé de faire. Mais je ne sais pas encore si j’ai bien fait. Je suis heureux de recevoir quelques retours déjà …

L’histoire racontée dans «Le pacte» est-elle vécue ou cousue de toutes pièces ?

Je ne l’ai pas vécue mais j’observe beaucoup, j’écoute beaucoup, je fréquente beaucoup de milieux. Des histoires pareilles, il en existe partout. J’ai écrit ici que pour devenir riche, tous les hommes ont toujours sacrifié quelque chose. Sacrifier quelque chose ne veut pas dire sceller forcément un pacte. Vous devez sacrifier votre présence à la maison pour pouvoir travailler dehors. Il faut avoir été en retard de quelque chose pour en gagner une autre. Sacrifier quelque chose, c’est sacrifier peut-être sa jeunesse pour mieux étudier, c’est sacrifier son temps pour mieux faire son commerce, etc. C’est également donner quelque chose pour obtenir une autre, spirituelle ou pas. Vous faites des neuvaines, vous observer le jeûne, vous donnez des noix de cola… c’est donc donner quelque chose pour avoir quelque chose.  
Ce pacte dans ce roman est un peu sensible. Le couple a trois filles. Les divinités ont demandé à Coovi Alain de faire boire quelque chose à la femme à son insu. Ceci prendrait à la femme toute capacité de procréation et c’est cela qui constitue le socle de la richesse de l’homme. Mais en clause du contrat, il n’a pas le droit de prendre une autre femme, de maltraiter celle avec qui il est ou de la laisser en difficultés. Il n’a surtout pas le droit de faire un garçon. Je vous invite à lire pour savoir s’il a respecté cela ou pas, surtout avec l’intervention dans l’histoire d’une jeune fille nommée Eugénie, une bombe de beauté, qui use aussi de pratiques occultes en complicité avec sa maman, pour gagner l’homme le plus riche. Aujourd’hui, c’est fréquent de trouver des femmes comme elles, des hommes comme Alain, des belles mères comme ça. 

Pour vous qui êtes réalisateur et metteur en scène, n’y a-t-il pas en coulisses une idée de réalisation cinématographique de «Le pacte» ?

La distribution est faite pour le film. De toutes les façons on aura le pacte 2, le pacte 3 ; l’univers sera autre. Le casting du premier est déjà fait. Le tournage devrait pourvoir se faire et les deux produits devraient être lancés ensemble. Mais dans mes recherches, j’ai découvert qu’il fallait finir le livre qui est un produit culturel vendable, bien faire sa promotion et faire plutôt le film après. C’est un autre produit culturel qui a son circuit parallèle.

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