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Aimé Isaac au micro sur scène (ph archive)
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Aimé
Isaac. Aimé Codjo Goulolé à l’état civil. C’est l’un des noms qui résonnent
fort parlant de musique au sein de l’Eglise du Christianisme Céleste (ECC). Même
s’il a failli à un moment virer dans la ‘’musique du monde’’, l’auteur de
l’hymne de la radio Alléluia Fm de l’ECC a finalement pris l’option d’être
chantre de Dieu afin que s’accomplisse la prophétie faite à sa génitrice pendant
qu’elle priait pour avoir un garçon. Rencontré dans l’après-midi du mercredi 20
septembre 2017 à la paroisse Mont Sinaï de Calavi, centre où il a commencé
l’école musicale céleste, l’artiste originaire de Lalo dans le département du
Couffo au Bénin, nous promène dans le mystère qui entoure sa carrière. Interview.
Vous êtes à l’Etat civil Aimé Codjo Goulolé. D’où
vient alors le prénom Isaac ?
C’est
vrai ce prénom ne figure pas sur mes documents de naissance. Je suis né dans
l’Eglise du Christianisme Céleste (ECC) et c’est le prénom que l’esprit m’a donné.
Quand j’ai commencé à m’affirmer en tant qu’artiste, j’ai décidé de l’ajouter à
mon prénom Aimé, pour qu’il ne disparaisse pas définitivement.
Comment avez-vous pris contact avec cette musique
par laquelle vous-vous affirmez aujourd’hui ?
Pour ma
petite histoire, ma maman n’avait pas eu d’enfant garçon. Elle appartient à une
famille polygame avec des coépouses qui avaient eu la chance d’en avoir. Elle
priait et disait partout ‘’Jésu na mi sunnun (Jésus, donnes-moi un garçon) en
langue goun’’. Elle priait à l’Eglise un jour quand un visionnaire lui a dit :
‘’Maman, vous avez tout le temps demandé un garçon. L’esprit révèle qu’on vous l’a
donné mais celui-ci vient pour œuvrer pour Dieu ; c’est un ouvrier dans la
maison de Dieu.’’. Quand je grandissais, maman m’a raconté l’histoire. Effectivement,
tout petit déjà je passais le clair de mon temps à chanter. Je disais tout le
temps, ‘’moi je serai un grand chanteur’’. Ceux qui étaient dans notre entourage
savaient qu’il y avait un garçon dans notre maison qui ne faisait que chanter. En
toute vérité, je ne peux pas dire exactement à quel âge j’ai commencé la
musique. Mais déjà vers mes 7 ans, j’ai commencé la chorale où je faisais
partie des meilleurs chanteurs à cet âge.
C’était sur quelle paroisse ?
C’était
beaucoup plus ici à Mont Sinaï d’Abomey-Calavi centre. A part ici, je me suis
retrouvé sur la paroisse St Michel de Pobè, où j’ai été adjoint maître de chœur
pour la première fois, mais c’est parce que j’étais petit -je devais avoir au
plus 12 ans-, sinon on m’aurait confié la chorale.
Sans aucune formation ?
Je n’ai fait
aucune formation musicale jusqu'à ce jour, à part les autoformations où je lis
des livres. L’école que j’ai faite, c’est la chorale de l’ECC. J’ai eu la
chance de rencontrer des professeurs de musique. Aux lieux où les Blancs viennent
nous donner des formations, je me suis rendu compte que nous connaissions déjà ce
qu’ils nous ont enseigné. L’esprit nous avait déjà donné toute la formation
qu’il faut ici au sein de l’Eglise. Quand je discute avec eux, ils s’étonnent
et demandent comment je comprends tout ça. Je peux vous assurer que j’arrive à
expliquer ce que je n’ai pas appris. Moi même je ne peux pas dire comment cela
se passe.
Racontez-nous néanmoins comment vous êtes devenu auteur
de l’hymne de la radio Alléluia Fm de l’ECC.
Je me
rappelle qu’en 2003, nous avions un groupe sur la paroisse Mont Sinaï de Calavi,
sous la direction du frère Moïse Dovonou. Un jour, nous étions à la répète quand
le devancier Gabriel Somaho est venu nous informer de la création de la radio
de l’Eglise, et qu’il voudrait que nous venions en studio poser des cantiques. Il
n’y avait pas de cantiques enregistrés à jouer sur cette chaine de l’Eglise. Nous
étions au studio du frère Djoka pour le faire, quand je lui ai demandé le nom
de la radio. Il a dit Fm Alléluia. En même temps, l’inspiration m’est venue
pour le chant. Je n’avais pas de téléphone ou de quoi enregistrer. J’ai dû
l’écrire sur un bout de papier que j’ai trouvé par terre. C’est après que je
lui ai dit que j’ai composé une chanson pour la radio. Quand j’ai commencé il a
dit non, ce n’est pas Fm alléluia mais plutôt alléluia Fm. Ce que j’ai rectifié.
Et puis ça a marché. C’est ainsi que je suis devenu auteur de l’hymne de la
radio sans faire d’effort. Je ne m’y étais même pas préparé. C’est ça qui m’a
révélé.
Alors est-ce à ce moment que votre carrière de
chantre à démarré ?
Ah non. J’ai
toujours refusé. Le chantre de Dieu, c’est celui qui ne chante que Dieu.
Jusqu’en 2016, je disais toujours que je ne suis pas chantre, mais chanteur. C’est
pourquoi je chantais tout ce que je veux en plus du gospel. Mais étant d’une Eglise
d’esprit, je me faisais du mal sans le savoir parce que l’esprit veut que je
sois chantre de Dieu. C’était une sorte de lutte à l’intérieur de moi que je
faisais disant que je ne veux pas être chantre. L’esprit m’a révélé ceci :
‘’C’est parce que tu t’entêtes à chanter autre chose que Dieu que les choses
sont difficiles pour toi au niveau de la production et autres, et que tu n’a
pas le retour que tu escomptes’’. Désormais, je suis chantre de Dieu.
Est-ce à dire qu’Aimé Isaac ne fera plus des détours
vers la musique urbaine ?
J’ai tourné
selon la volonté de Dieu cette page de «je chante tout ce que je veux». Je suis
désormais chantre de Dieu. La preuve, mon dernier single je l’ai tourné en
soutane, à visage découvert.
Sinon, avec vos ‘’crochets’’ réguliers dans la
musique urbaine on craignait qu’un jour vous quittiez complètement la musique
gospel à l’instar d’autres artistes célestes qui se sont inscrits dans le
profane aujourd’hui, sous prétexte que le gospel ne paye pas bien.
Oui j’ai
failli m’en aller aussi. L’objectif en faisant les singles, c’était de quitter le
gospel car je me demandais combien de Festival de gospel il y a ici. C’est vrai
que tout le monde disait « tu chantes bien mais tu ne gagnes rien », et
c’était aussi mon raisonnement. Aujourd’hui, j’ai une autre version de la chose
selon ce que l’Esprit m’a révélé. Pendant tout le temps où je me suis entêté,
je me suis éloigné de mes bénédictions.
Regrettez-vous de ne pas avoir obéit tôt ?
Non je ne
le regrette pas, parce que dans la vie tout a un sens et chaque expérience a
une raison. Je peux aujourd’hui grâce à mon expérience aider beaucoup de
chantres qui ont cette crainte ou des difficultés de cet ordre-là. Je profite également
de l’occasion pour conseiller nos frères chanteurs. Lorsque vous commencez par
vous faire payer par les femmes qui courent autour de vous, n’attendez pas de
bénédiction de Dieu. C'est-à-dire que la vie du chantre doit être une vie
exemplaire, sa vie doit servir de modèle pour le peuple, pour que le peuple ne
chute pas. Si le chantre commet l’adultère ou est tout le temps dans les
buvettes et boîtes de nuit… quel exemple donne-t-il au peuple. Je n’avais pas
compris ces choses et c’est l’esprit même qui me les a enseignées. Mais je
pense qu’il vaut mieux tard que jamais, arrêter et se retourner vers Dieu. C’est
compliqué pour les chantres célestes d’évoluer parce que nous n’avons pas une
vie exemplaire comme voulue par Dieu.
Combien d’album déjà à votre actif ?
J’ai deux
albums et deux singles mais je n’aime pas dire deux albums.
Pourquoi ?
Quand le premier,
«Décollez», est sorti en 2007, je l’ai encore retiré du marché à un moment
donné compte tenu de la qualité. Il ne s’agissait pas de la qualité du message
ou des arrangements. Je trouve même que cet album était très spirituel et très
bien joué avec de grands musiciens. Le souci pour moi, c’était le mixage qui y
a été fait ; je l’avais enregistré dans des conditions précaires. Je pense
que d’ici là je vais le rependre. En 2011 j’ai sorti le second album, «Grandeur
de Dieu». C’est là-dessus que vous avez ‘’vrais hommes’’, ‘’énanawé’’, ‘’confession’’
et autres.
On vous sait très inspiré en matière de
composition, mais vous mettez plusieurs années à sortir un disque. Quelle en est
la cause ?
Oui. Présentement
j’ai beaucoup de chansons de sorte à sortir dix albums de dix titres au moins
chacun. C’est pour dire qu’en tant qu’artiste je suis près tous les jours. Mais
le problème demeure la production. Lorsqu’il faut que toi-même tu fasses tout
le boulot et que tu cherches l’argent pour la production, ça devient un peu
compliqué. Aimé Isaac n’a jamais eu de producteur. J’ai seulement des mécènes,
pas de gens qui prennent en charge la production mais qui vous donnent juste
quelque chose qui permet de réduire les difficultés.
A quoi peut-on s’attendre d’ici peu chez Aimé
Isaac ?
Par la
grâce de Dieu, le prochain album. J’y travaille pour la fin de l’année ou au
plus tard début 2018. Ce sera un album plein d’émotions,
basé sur la parole de Dieu, qui parle de la communauté et qui touche la
sensibilité.
Un mot sur les 70 ans de l’ECC
Nous avons
70 ans mais nous sommes demeurés comme une Eglise de 10 ans. Nous manquons
d’organisation à tous les niveaux. C’est vrai qu’il y a assez d’efforts qui
sont en train d’être faits. Il y a un temps pour la division et un temps pour
l’unité. 32 ans après le départ du prophète Oschoffa, fondateur de l’Eglise, les
choses n’ont pas tellement changé. Les gens ont priorisé les sièges, la chefferie,
pour leur nom et pour la petite gloire sur cette terre. Nos responsables qui
sont là aujourd’hui doivent œuvrer pour laisser une empreinte positive dans la
construction de cette Eglise, sinon ils auront vécu inutilement dans cette
Eglise et ils iront rendre compte auprès de Dieu. Que Dieu bénisse son peuple.
Réalisée par Blaise Ahouansè

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