Dans
leur tournée africaine de concert dans 10 pays, Sanzy Vianny du Cameroun et sa
consœur burkinabè Nabalum, lauréates de ‘’Visa pour la création 2016’’, ont
posé leurs valises dans la soirée du jeudi 19 octobre 2017, à l’Institut
français du Bénin à Cotonou. Dedans, des créations sur fond africain révélant
leurs origines.
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| Nabalum qui s'emporte... |
Un voyage
spécial sur le Burkina-Faso et le Cameroun, ce soir du jeudi 21 octobre 2017 via
la musique. Sur la scène du théâtre de verdure de l’Institut français du Bénin,
site de Cotonou, Nabalum et Sanzy Vianny se tiennent
la main pour conduire le public de Cotonou à la découverte de leurs nouvelles
créations musicales, après trois mois de résidence de création à la Cité
internationale des arts à Paris, en tant que lauréates de ‘’Visa pour la création 2016’’.
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| ... et va vers le public... |
C’est
d’abord Nabalum, Aminata Nabaloum à l’état
civil, qui prend le gouvernail menant chez elle, au pays des hommes intègres. Le
rejeton de la princesse Yennenga se montre très fière d’être noire, d’être
africaine et attachée à ses
racines culturelles, auxquelles elle donne une nouvelle dimension pour mieux les
vendre partout dans le monde. Ceci, dans un style afrosoul porté par une voix douce et profonde, que la
jeune fille manipule avec aisance sur différentes octaves. Une voix qui, quand
elle monte, déchire les voiles sur des sujets dits parfois tabous, sujets notamment
liés à la vie de la jeunesse et de la femme africaine. Elle devient profonde
pour toucher le fond de ces problèmes et donner espoir à ses cibles. C’est l’un
des points communs entre elle et sa grande sœur de carrière Sandrine Dzinguene
alias Sanzy Vianny, qui prend le relais après 52 minutes passées au
Burkina-Faso, surtout en langues Moré et Malinké.
Sanzy Vianny, le soleil qui illumine la tribu Eton
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| ... comme son ''aînée'' Sanzy Vianny... |
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| ...sur son manja |
Sur un vol qu’elle
baptise «Sanzy Vianny airline», elle chante aussi la femme africaine, d’une
voix très fluide et avec surtout des notes aigues et
beaucoup influencées par le gospel. C’est avec un timbre vocal plaisant que la
fille du pasteur conduit directement son
public de Cotonou à la découverte de sa tribu, dont elle est follement fière,
la tribu Eton. Contrairement à Nabalum, sa musique était pleine de chaleur
jusqu’à destination. Comme l’indique son nom, sa musique est un soleil -sanzy en
langue eton-, qui éclaire tout sur son passage. Avec Sanzy Vianny, on chante Eton et on danse le Bikutsi,
le rythme de cette tribu. Elle s’en fait ambassadeur et le mélange avec des
sonorités telles le soul, le blues ou le jazz, pour avoir une « afrofusion
». «Un ambassadeur, c’est quelqu’un qui au-delà des frontières de son pays
fait découvrir ce qu’il y a dans son pays. C’est pourquoi je mets un point
d’honneur au Bikutsi qui est le rythme traditionnel de chez moi.
Partout où j’ouvre la bouche pour chanter, que ce rythme m’accompagne pour
qu’ici à Cotonou, à Lomé … ou Accra, on sache qu’au Cameroun il y a un rythme
qu’on appelle le Bikutsi. », nous déclare la chanteuse à la fin du
spectacle pour justifier son attachement à sa culture. Au-delà, le public la
découvre aussi avec le Manja, son balafon pour lequel elle a pris le flambeau
des mains de ses oncles, tout comme elle a reçu le chant de sa maman.
Artistes et spectateurs enchantés
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| l'instant avec d'autres consoeurs sur scène |
Le voyage
de ce jeudi soir est plein de découvertes, témoignant de la qualité de la
résidence faite à Paris par ces deux ambassadrices de la culture africaine. Les
spectateurs s’en réjouissent. « Je suis très satisfaite du concert. On sent de
la bonne echnique vocale en place et de la bonne gestion de scène. Ça sent du
boulot, ça sent qu’elles ont travaillé et puis le résultat ne peut être qu’excellent.
», apprécie la chanteuse béninoise Koudy. Pour sa part, le promoteur culturel Aristide
Agondanou confie : « En les écoutant, on sent le travail, on
sent vraiment qu’elles ont fait une résidence de création. En plus, quand on
voit le répertoire, c’est comme un tableau bien monté. De l’entrée sur scène
jusqu’à la fin, on sent une mise en scène impeccable, on sent du
professionnalisme. Et lorsqu’elles ont invité nos chanteuses d’ici sur scène,
elles ont mis le feu. Ça fait plaisir. Je suis très content. Je vais bien
dormir ce soir ».
«C’est un
plaisir partagé, je me sens chez moi. Le public est chaleureux. C’est un public
qui est ouvert, sensible, présent ; un public qui anime, encourage », témoigne
Sanzy Vianny. Sa jeune complice Nabalum qui s’est aussi sentie à-l’aise, parle
d’un super mixage entre elles et ce public qu’elle a trouvé également « chaud
et sympathique », pendant les 130 minutes d’excursion.





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