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Arts plastiques : Adjaratou Ouédraogo à Cotonou avec un pinceau briseur d’obstacles




Adjaratou Ouédraogo dans la création de ses œuvres
A la maison rouge à Cotonou, non loin de l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin de Cadjèhoun, les inspirations de Adjaratou Ouédraogo captent tôt les attentions. La plasticienne burkinabè se fait découvrir par le peuple béninois dans sa nouvelle collection, à travers une exposition depuis le 11 janvier 2018.
celles de sa nouvelle collection exposées à la Maison rouge de Cotonou
Une vingtaine de tableaux laissent percevoir quel type d’artiste elle est, dans le cercle restreint de professionnelles des arts plastiques au pays des Hommes intègres. Sans doute, une femme de liberté ; une femme qui défend la liberté ; une femme qui veut la liberté pour soit et pour les autres ; l’épouse d’un art qui pense les maux de la société. Les mots qu’elle a laissés sur papier A4 contre le mur, l’introduisent bien et annoncent l’univers dans lequel elle invite le visiteur à méditer et agir. « […] Je suis pour un art corrosif qui dissout tous les obstacles à la liberté […] ». Un petit regard vers la droite, et le visiteur se voit plongé dans un dialogue avec des tableaux de diverses dimensions qui occupent tout le hall. Au cœur de la conversation, la liberté et l’épanouissement des enfants. Adjaratou Ouédraogo, a qui le sujet visiblement tient beaucoup à cœur, se montre très avertie là-dessus pour avoir vécu ce que c’est qu’être privé de sa mère pendant des décennies, et être témoin de la vie des enfants talibés, des enfants exploités dans les carrières de pierre, des enfants maltraités dans les maisons, des filles victimes d’excision, des enfants mendiants dans les rues, etc. Elle évoque ces vies dans leur aspect extérieur, mais aussi des faces cachées. Mais pas que des vies enchainées. A côté, il y a aussi celles heureuses.
Tout ceci, par le biais de traces de son pinceau dans la peinture sur des toiles, du papier journal et d’autres matériels qui se parlent. Le style de Adjaratou Ouédraogo est aussi expressif de son désir, de son plaidoyer ou de son combat, au profit notamment de ces âmes innocentes dont elle évoque également des interrogations et des rêves. L’artiste se refuse à enfermer l’expression de ses inspirations dans un style classique. Elle se plait plutôt dans une pluralité dite « poésie plastique ». Chez Adjaratou Ouédraogo, l’art est unificateur des acteurs de tous les secteurs autour des réflexions, quêtes de solutions et réactions sur des questions de la société. La peintre et réalisatrice de film d’animation, prône cet « art qui aide à faire tomber les murs qui nous enferment, et dénoncer les mystifications qui nous rongent ». L’exposition s’est achevée le 19 janvier.

Blaise Ahouansè

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