Le
Festival international de Porto-Novo (Fip), au-delà de l’événementiel, veut
laisser des empreintes dans capitale politique du Bénin, notamment en termes
d’infrastructures. Excellent ! Si ces nombreux festivals qui poussent
comme des champions dans le pays pouvaient avoir chacun des traces tangibles,
la culture béninoise aurait beaucoup gagné en termes de promotion. Sur l’idée,
le Fip donne un bel exemple à suive. Seulement, le contenu annoncé par le
président du comité d’organisation, le maire Emmanuel Zossou, lors de la deuxième
édition du festival qui s’est déroulée du 6 au 13 janvier 2018, fait preuve
d’une improvisation ou d’un suivisme de la propagande gouvernementale à
promouvoir le tourisme, sans pourtant autant investir dans la culture qui en est
le principal support. Aux dires du maire, il s’agira de construire bientôt à
Porto-Novo, le premier musée africain des arts et civilisations vodoun. Certes,
il s’agit d’une infrastructure culturelle importante pour le Bénin, le berceau du
vodoun. Mais la mettre en tête des retombées d’envergure pour le compte du festival,
c’est mal ordonner les priorités culturelles et touristiques de la ville de
Porto-Novo, qui au-delà de ses aires de jeux et de réunion datant de l’époque
coloniale pour la plupart, ne dispose pas d’espaces dignes de ce nom, pour la création
et de la diffusion de spectacles. Spectacles qui sont entre autres les supports
de ces arts et civilisations vodoun. Au-delà de Porto-Novo, toutes les communes
du Bénin en ont besoin. Si tant est que l’idée derrière ce projet de musée est vraiment
de promouvoir et de valoriser la culture béninoise, le comité d’organisation de
ce festival ferait acte plus utile à Porto-Novo, pour l’instant, en aidant à combler
ce vide, ou mieux, accompagner les musées dont dispose déjà la ville -musée Honmè,
musée ethnographique Alexandre Sènou Adandé, et musée da Silva des arts et de
la culture afro-brésilienne-, pour un meilleur entretien et leur promotion. Le
musée africain des arts et civilisations vodoun, peut attendre d’autres
éditions d’un Fip qui doit vivement être pérennisé.
Blaise Ahouansè
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